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Convié par la Commission Environnement, Tourisme, Ressources Naturelles et Développement Durable de l’Assemblée Nationale pour répondre à des préoccupations liées à la dérogation d’importation du ciment gris de Brazzaville, le Ministre Congolais du Commerce Extérieur, Jean-Lucien Bussa Tongba, a éclairé la lanterne des Parlementaires sur cette problématique prenant l’allure d’affecter et de minimiser la production locale.

Dans sa note de présentation, Jean-Lucien Bussa a répondu aux quatre questions lui posées notamment, de justifier cette décision de déroger l’importation de ce produit du pays voisin qui a connu une opposition du Président de la Fédération des Entreprises du Congo, Albert Yuma. Ensuite, de présenter sa politique de protection de l’industrie locale appliquée face au dumping dû aux exportations de diverses denrées vers la RDC, d’expliciter son plan d’action pour rendre compétitif l’industrie locale à l’ère du Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) et d’exposer l’alternative prévue face à la réduction des droits de douane, une des principales sources des recettes de l’Etat. Face à ces représentants du peuple congolais, cet Homme d’Etat a démontré qu’au regard de cette dérogation limitant les ciments à importer de la République du Congo à un quota de 100.000 tonnes par an et du besoin d’approvisionner uniquement le marché intérieur dans la Grande Province Orientale, le Grand Equateur et le Grand Kasaï, il était tout à fait raisonnable que le Gouvernement Rd-Congolais prenne en compte le besoin en approvisionnement régulier, du consommateur, des produits garantissant un rapport qualité-prix satisfaisant pour toutes les provinces du pays et de se référer aux règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, dans son volet de contingentement, stipulant l’allégement des mesures y relatives jusqu’à leur levée au bout de quatre ans. Lisez, in extenso, l’intégralité de son intervention de jeudi 26 novembre 2020 devant les députés nationaux.

NOTE DE PRESENTATION
AUDITION A LA COMMISSION ENVIRONNEMENT, TOURISME, RESSOURCES NATURELLES ET DÉVELOPPEMENT DURABLE
Honorable Président de la Commission ;
Honorables Membres du Bureau de la Commission ;
Honorables Députés ;
Par lettre référencée 19/BUR/ETRNDD/MWB/11/2020 du 18 novembre 2020, j’ai été invité par votre Commission, ce jeudi 26 novembre 2020, pour une audition au sujet de la dérogation d’importation du ciment gris de Brazzaville.
Ceci part du fait que, ai-je noté, au cours de la journée consacrée à la rentrée des affaires, le jeudi 25 septembre 2020, « le Président de la Fédération des Entreprises du Congo, FEC en sigle, s’était insurgé » contre la dérogation susvisée.
Le contexte étant ainsi retracé, ma présentation portera sur quatre questions qui m’ont été adressées à ce sujet par votre Commission, à savoir :
- Comment justifier cette décision ?
- Quelle est ma politique de protection de l’industrie locale appliquée face au dumping dû aux exportations de diverses denrées vers la RDC ?
- Comment rendre compétitive l’industrie locale à l’ère du Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) ?
- Quelle est l’alternative prévue face à la réduction des droits de douane, une des principales sources des recettes de l’Etat ?
I. Comment justifier cette décision ?
1. En rapport avec cette question posée en aval, vous relevez en amont, dans votre susdite lettre, que le Président de la (FEC) s’est insurgé contre la « dérogation autorisant les Sociétés Congolaises de Brazzaville d’exporter les ciments gris en RDC, mettant en mal les Entreprises productrices de ces produits à l’Ouest du pays, précisément au Kongo Central ».
2. A ce sujet, permettez-moi de préciser que :
(i) Cette dérogation limite les ciments à importer de la République du Congo à un quota de 100.000 tonnes par an.
(ii) Les importations des ciments à effectuer dans le cadre de cette dérogation ne visent pas toute l’étendue du territoire national de la RDC ; elles visent plutôt à répondre au besoin d’approvisionnement du marché intérieur dans la Grande Province orientale, le Grand Equateur et le Grand Kasaï.
Les estimations chiffrées du Ministère de l’Economie Nationale, mises à ma disposition en date du 28 août 2020, indiquaient un besoin d’approvisionnement annuel du ciment gris de 376.980 Tonnes pour la grande Province Orientale, le Grand Equateur et le Grand Kasaï.
Pour votre information, l’offre des industries locales pour cette partie du territoire nationale n’atteint pas ce niveau.
TABLEAU N° 1 : BESOIN D’APPROVISIONNEMENT ET PRIX DE SAC 50 KG PAR PROVINCE N° Désignation des espaces
géographiques Besoin d’approvisionnement
en tonne
1. Grande Province Orientale 108 036
2. Grand Equateur 103 152
3. Grand Kasaï 165 792
Total 376 980
3. Partant des précisions apportées, nous pouvons aisément nous apercevoir que tout en protégeant l’industrie locale, le Gouvernement devra par ailleurs prendre en compte le fait que :
(i) Le consommateur a besoin d’un approvisionnement régulier pour toutes les provinces de la RDC des produits garantissant un rapport qualité-prix satisfaisant à son égard ;
(ii) Les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), en matière de contingentement, prescrivent que les mesures y relatives doivent s’alléger chaque année jusqu’à leur levée au bout de quatre ans et, si le besoin de sauvegarde de l’industrie l’impose encore, le Gouvernement concerné a la latitude de les proroger progressivement pour une autre période de quatre ans.
4. Ces deux impératifs, associés aux précisions apportées précédemment, clarifient et justifient en même temps la dérogation prise. Ainsi, elle ne peut avoir pour effet de mettre en mal les Entreprises nationales productrices du ciment.
5. La Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) est d’ailleurs prête à prendre toutes les dispositions nécessaires pour veiller à l’application stricte des mesures gouvernementales qui seront prises quant à ce et à faire le suivi des apurements des quantités.
II. Quelle est ma politique de protection de l’industrie locale appliquée face au dumping dû aux exportations de diverses denrées vers la RDC ?
6. Ma politique de protection de l’industrie est celle du Gouvernement de la République étant donné qu’aux termes de l’article 93 de la Constitution, le Ministre applique le Programme Gouvernemental dans son Ministère.
Cette politique est, en l’espèce, conformément au 6ème pilier du Programme du Gouvernement, l’amélioration du climat des affaires et la promotion de l’entreprenariat et de la classe moyenne.
7. A ce titre, vous noterez que, depuis 2018, j’ai pris des mesures de régulation en restreignant l’importation de certains produits, notamment les ciments gris et les clinkers, les barres de fer, les sucres bruns, l’huile de palme pour la partie Ouest du pays et les bières ainsi que les boissons gazeuses pour l’ensemble du territoire national.
Ces mesures avaient pour motivation de lutter contre la contrebande à l’importation qui affecte l’industrie locale, pas encore à même d’affronter la concurrence des produits massivement importés dont les prix sont généralement plus bas par rapport aux produits locaux.
8. Il était donc indispensable de prendre des mesures de sauvegarde de l’industrie locale pour la protéger contre la concurrence déloyale et lui donner le temps d’être compétitive face à la concurrence extérieure, d’une part, et d’autre part, réduire progressivement la dépendance du pays de l’extérieur.
9. A l’issue des évaluations périodiques dont la dernière faite en dates de 21 et 23 septembre 2020, par une Commission ad hoc des Experts issus des Ministères et Services de l’Etat concernés, il a été entendu que lesdites mesures ont été incitatives et promotrices de l’Industrie nationale.
Elles ont également permis à celle-ci de poursuivre ses activités, de mettre sur le marché local des produits de qualité à des prix relativement abordables et de sauvegarder les emplois. Toutefois, les défis de la pénétration du marché intérieur et celui des prix encore élevés dans certains contrés de la République Démocratique du Congo, qui ont justifié la dérogation ci-dessus, restent à relever.
10. Il me paraît par ailleurs opportun de porter à l’attention de votre Commission que les questions ayant trait à l’importation de ciments de la République du Congo avait fait l’objet des échanges que j’ai eu avec les membres de la FEC, lors d’une matinée d’information et de sensibilisation, tenue au siège de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), à laquelle mon Collègue de l’Industrie a également pris part, en date du jeudi 08 octobre 2020.
Il a été entendu que la volonté du Gouvernement de continuer à prendre des mesures de sauvegarde de l’Industrie locale devrait s’accompagner avec l’engagement des filières industrielles concernées qui se doivent :
(i) d’approvisionner régulièrement le marché intérieur ;
(ii) d’observer la tendance baissière de prix pour atteindre la moyenne des prix appliqués par les industries concurrentes de la Région ;
(iii) de considérer la possibilité d’agir des pouvoirs publics en cas d’insuffisance de l’offre et dans le cadre des Accords commerciaux bilatéraux ou régionaux ;
(iv) d’améliorer leur compétitivité vis-à-vis de la concurrence.
Il s’agit d’une double protection : la protection de l’industrie par les mesures de sauvegarde mais aussi la protection des consommateurs par l’accès aux produits de qualité à des prix abordables.
11. Demeurant dans cette dynamique de protéger l’industrie locale, j’entends soumettre à l’attention de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le renouvellement des :
(i) Mesures portant limitation temporaire d’importation des Ciments gris et des Clinkers dans la partie Ouest de la République Démocratique du Congo, arrivées à terme le 25 septembre 2020.
(ii) Mesures portant suspension temporaire d’importation des Bières et Boissons gazeuses en République Démocratique du Congo, également arrivées à terme le 25 septembre 2020.
(iii) Mesures portant limitation d’importation des Barres de fer dans la partie Ouest de la République Démocratique du Congo, qui arriveront à terme le 05 décembre 2020.
III. Comment rendre compétitive l’industrie locale à l’ère du Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) ?
12. Il convient de relever avant tout que le commerce intra-africain, dans sa configuration actuelle est un anachronisme doublé d’un paradoxe. D’un côté, avec 30 millions de km2, le continent détient l’une des superficies les plus étendues de la planète.
Sur le plan démographique, il représente 16 % de la population mondiale. De l’autre côté, l’Afrique pèse moins de 5% du commerce mondial avec un commerce intérieur fortement fragmenté. Il reste un grand pourvoyeur des matières premières pour les pays industrialisés et autres pays émergents. Il subit régulièrement les variations des prix de matières premières. Les exportations du continent sont également à faible valeur ajoutée.
13. Selon le récent rapport de la Banque Mondiale de juillet 2020, la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) représente une véritable occasion de stimuler la croissance, de réduire la pauvreté et d’élargir l’inclusion économique dans cette région.
En effet, s’il est pleinement mis en œuvre, cet accord commercial pourrait accroitre le revenu régional de 7% (soit 450 milliards de dollars), accélérer l’augmentation de la rémunération des femmes et sortir 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté d’ici 2035.
14. Les mesures de réduction des freins bureaucratiques et de simplification des procédures douanières au sein de la ZLECAf devraient être à l’origine de la plus grande part de la hausse des revenus. La libéralisation des tarifs douaniers, de même que la réduction des barrières non tarifaires comme les quotas et les règles d’origines, permettrait d’augmenter les revenus de 2,4%, soit environ 153 milliards de dollars.
Les 292 milliards de dollars restants proviendraient de mesures de facilitation du commerce qui limitent les formalités administratives, abaissent les coûts de mise en conformité pour les sociétés commerciales et facilitent l’intégration des entreprises africaines dans les chaines logistiques mondiales.
15. De ce décor planté, il s’avère qu’en éliminant progressivement les barrières tarifaires et non-tarifaires au commerce des marchandises ainsi qu’en libéralisant progressivement le commerce des services sur le commerce intra-africain, la ZLECAf offre, avec un marché de 1,2 milliards de consommateurs aujourd’hui et 2,5 milliards en 2050, des possibilités commerciales immenses, pour la RDC et lui permet de tirer parti des avantages sus-indiqués.
16. Ainsi, partant entre autres des observations pertinentes faites par les Honorables Députés au cours de la présentation en plénière, le 10 décembre 2019, du Projet de loi autorisant la ratification de l’Accord portant création de la ZLECAf, je puis vous rassurer que plusieurs actions ont été entreprises pour permettre au pays, en ce compris l’industrie locale, de bénéficier des possibilités commerciales qu’offrent la ZLECAf et d’en tirer davantage profit.
17. A titre indicatif, je relèverais essentiellement :
(i) La création de l’Agence Nationale de Promotion des Exportations, « ANAPEX » en sigle, par Décret n° 20/003 du 05 mars 2020. Cette Agence a notamment pour objectifs : l’amélioration du pilotage de la politique des exportations ; la participation active à l’intégration régionale ; le renforcement de l’offre et de la compétitivité des produits congolais d’exportation ; l’acquisition d’une meilleure maitrise de la demande extérieure ainsi que ; le bénéfice maximal de la globalisation dans ses trois dimensions : échanges commerciaux, mouvements de capitaux et investissements directs étrangers.
(ii) L’adoption par le Conseil des Ministres de la mise en place du Comité National de mise en œuvre de la ZLECAf en RDC. Le Projet d’ordonnance portant mise en place de ce Comité a été adopté au cours de la 48ème Réunion du Conseil des Ministres du vendredi 11 septembre 2020 et déjà soumis à la signature du Président de la République, Chef de l’Etat.
Le Comité National de mise en œuvre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine en République Démocratique du Congo (CN-ZLECAf) aura pour mission d’assurer la coordination stratégique et le suivi-évaluation de la mise en œuvre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine en République Démocratique du Congo (ZLECAf) en RDC.
A ce titre, le CN-ZLECAf sera notamment chargé de contribuer à la définition des stratégies nationales de mise en œuvre de la ZLECAf.
Le CN-ZLECAf comprendra trois (3) Organes, à savoir :
a) La Coordination : organe d’orientation et de décision du Comité, présidée par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
b) Le Conseil Technique : organe de gestion technique du Comité, présidée par le Ministre du Commerce Extérieur ou son délégué, au sein duquel le secteur privé sera appelé à siéger comme l’une des parties prenantes.
A ce titre, seront par exemple appelés à y siéger, les Représentants des Structures et Corporations ci-après : Fédération des Entreprises du Congo (FEC) ; Fédération nationale des Artisans, Petites Entreprises du Congo (FENAPEC) ; Confédération des Petites et Moyennes Entreprises Congolaises (COPEMECO) ; Association des Femmes Entrepreneurs (ASSOFE) ; Conseil National des Organisations Non Gouvernementales de Développement (CNONGD) ; Association Nationale des Entreprises du Portefeuille (ANEP) et Associations des Consommateurs.
c) Le Secrétariat Exécutif : organe de gestion administrative et financière du Comité, dirigé par le Secrétaire Général au Commerce Extérieur.
(iii) L’exclusion des produits des listes de ceux qui feront l’objet de libre-échange de la ZLECAf et ce, en prenant en compte les mesures de régulation prises par le Ministère du Commerce Extérieur, d’une part, et les revendications de la FEC, d’autre part. Il s’agit entre autres des produits tels que le ciment gris, le clinker, la barre de fer, les farines de froment et de maïs, le sucre brun, l’huile de palme, la bière de malte, les boissons à base de jus de fruit.
En effet, dans le cadre de la ZLECAf, les pays les moins avancés (PMA), en l’espèce la RDC, ont dix (10) ans pour la libération progressive des droits de douane des produits non sensibles et treize (13) ans pour la libération progressive des droits de douane des produits sensibles. A terme, l’objectif est d’organiser le libre-échange à l’échelle du continent africain pour au moins 90 % des produits.
Ainsi, dans le projet de listes de concessions tarifaires de la RDC, élaborées par la DGDA, les 6.049 lignes tarifaires ou produits faisant l’objet de Commerce extérieur en RDC sont réparties dans ces listes comme suit :
- 5.445 lignes tarifaires à libéraliser progressivement dans 10 ans (soit 90 % de lignes du tarif douanier en vigueur) ;
- 424 lignes tarifaires représentent des produits sensibles à libéraliser dans 13 ans avec 5 ans de période de grâce (soit 7 % de lignes du tarif douanier en vigueur) ;
- 180 lignes tarifaires à exclure du démantèlement tarifaire (soit 3 % de lignes du tarif douanier et dont la valeur CIF moyenne représente 9,97 % de la valeur commerciale des importations originaires de l’Afrique).
(iv) La mise en place, à ma diligence, par la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), d’une équipe des consultants afin d’élaborer la stratégie nationale de mise en oeuvre de la ZLECAf en RDC au plus tard janvier 2021. L’équipe des consultants mise en place à l’issue d’un appel d’offres international diligenté par la CEA est composée de quatre Experts ci-après : Dr. Ndayishimiye Prudence (Consultant principal) ; Dr. Claude Sumata (Commerce des biens) ; M. Ely Katembo (Commerce des services) et ; M. Jodel Diongo Belinga (Commerce et enquêtes).
Excepté le Consultant principal, il sied de noter au passage que les trois autres consultants, que j’ai déjà reçus en mon Cabinet, sont de nationalité congolaise (RDC).
Le Comité National de mise en oeuvre de la ZLECAf en RDC (CN-ZLECAf) n’étant pas encore créé, l’équipe des consultants mis en place travaille en étroite collaboration avec une Commission ad hoc mise en place au sein de mon Ministère pour ce faire.
La phase consultative et de collecte des données auprès des parties prenantes identifiées (ministères/institutions, secteur privé et autres structures gouvernementales) a déjà été amorcée dans la perspective de la tenue d’une réunion de lancement des travaux au plus tard le 05 décembre 2020.
Certains instruments précieux déjà adoptés par le Gouvernement, que je pourrais mettre à votre disposition si besoin est, facilitent les travaux préparatoires à l’élaboration de la stratégie nationale de la ZLECAf en RDC. Il s’agit notamment des instruments ci-après :
- Etude diagnostique sur l’intégration du Commerce en République Démocratique du Congo (EDIC), approuvée et validée lors de l’atelier de restitution du 13 au 14 novembre 2019 à Kinshasa par mon Autorité.
- Plan National Stratégique de Développement économique et social 2019-2023 (PNSD), validé par le Gouvernement au cours de la 16ème Réunion du Conseil des Ministres du vendredi 27 décembre 2019.
- Plan d’industrialisation
- Programme Multisectoriel d’Urgence d’Atténuation des Impacts de la Covid-19 en République Démocratique du Congo (PMUAIC), élaboré en mai 2020.
IV. Quelle est l’alternative prévue face à la réduction des droits de douane, une des principales sources des recettes de l’Etat ?
18. Les statistiques établies sur base des données en ma possession, me transmises par la DGDA en date du 15 septembre 2020, attestent clairement que les échanges entre la RDC et ses voisins en termes de droits payés à l’importation sont minimisables.
Il y a plutôt la Chine en tête, suivie de l’Union Européenne (UE) et des États-Unis (USA) qui constituent les principaux partenaires commerciaux de la RDC en termes de valeur et droits payés à l’Etat.
19. Ci-dessous les indications chiffrées aux taux de change budgétaires, des échanges commerciaux de la RDC avec ses voisins et ses partenaires commerciaux durant l’exercice 2019 (1USD=1.425CDF) et le 1er semestre 2020 (1USD=1.687CDF).
TABLEAU N° 2 : DES IMPORTATIONS DES MARCHANDISES ET DROITS PAYES EXERCICE 2019
N° PAYS VOISINS DROITS USD
1. ZAMBIE 71.202.504,14
2. TANZANIE 48.566.639,65
3. OUGANDA 15.100.017,95
4. RWANDA 6.144.673,11
5. ANGOLA 3.659.878,56
6. CONGO BRAZAVILLE 431.430,85
7. BURUNDI 216.148,63
8. CENTRAFRIQUE 0,00
Sous/Total 145.321.292,89
TOTAL GENERAL 580.400.338,28
Pourcentage (%) 25,04
Le tableau n° 2 renseigne l’évolution des importations des marchandises entre la RDC et ses voisins. Précisons que la plupart de ces marchandises importées de ces pays ne sont pas d’origine africaine.
En 2019, ces importations représentent 145.321.292,89 USD de droits payés à l’importation, (25,03%) pour cet exercice.
TABLEAU N° 3 : DES IMPORTATIONS DES MARCHANDISES ET DROITS PAYES
DE JANVIER A JUIN 2020
N° PAYS VOISINS DROITS USD
1. ZAMBIE 25.999.348,41
2. TANZANIE 10.006.354,01
3. OUGANDA 8.603.796,91
4. RWANDA 2.968.758,56
5. ANGOLA 942.760,37
6. CONGO BRAZAVILLE 248.392,70
7. BURUNDI 32.009,03
8. CENTRAFRIQUE ND
Sous/Total 48.801.419,98
TOTAL GENERAL 197.580.827,59
Pourcentage (%) 24,69
Le tableau n° 3 renseigne l’évolution des importations des marchandises entre la RDC et ses voisins de janvier à juin 2020. Précisons, une fois de plus, que la plupart de ces marchandises importées de ces pays voisins ne sont pas d’origine africaine.
Durant la période visée, ces importations représentent un montant de droits payés à l’importation de 48.801.419,98 USD (24,69%).
TABLEAU N° 4 : DES EXPORTATIONS DES MARCHANDISES ET DROITS PAYES EXERCICE 2019
N° PAYS VOISINS DROITS USD
1. ZAMBIE 264,77
2. TANZANIE 0,00
3. OUGANDA 85.915,43
4. RWANDA 19.860,09
5. ANGOLA 1.722,77
6. CONGO BRAZAVILLE 4.334,84
7. BURUNDI 5.483,82
8. CENTRAFRIQUE 0,00
Sous/Total 117.581,49
TOTAL GENERAL 3.073.579,72
Pourcentage (%) 3,82
Le tableau n° 4 renseigne qu’en 2019, les exportations de la RDC en destination de ses voisins représentent un montant total des droits payés à l’exportation de 117.581,48 USD (3,82%).
TABLEAU N° 5 : DES EXPORTATIONS DES MARCHANDISES ET DROITS PAYES EXERCICE DE JANVIER A JUIN 2020
N° PAYS VOISINS DROITS USD
1. ZAMBIE 196,37
2. TANZANIE 0,00
3. OUGANDA 52.763,41
4. RWANDA 3.051,12
5. ANGOLA 0,00
6. CONGO BRAZAVILLE 0,00
7. BURUNDI 0,00
8. CENTRAFRIQUE ND
Sous/Total 56.010,90
TOTAL GENERAL 1.588.877,84
Pourcentage (%) 3,52
Le tableau n° 5 renseigne que de janvier à juin 2020, les exportations de la RDC en destination de ses pays voisins représentent les droits payés à l’exportation, équivalent à 56.010,90 USD (3,52%) de l’ensemble des droits payés.
TABLEAU N° 6 : DES IMPORTATIONS DES MARCHANDISES ET DROITS PAYES ENTRE LA RDC ET SES PRINCIPAUX PARTENAIRES COMMERCIAUX (CHINE, U.E et U.S.A) DE L’EXERCICE 2019
N° PAYS Droits USD %
1. CHINE 269.836.362,19 62,01
2. U.E 150.971.405,82 34,69
3. U.S.A 14.372.748,14 3,30
Sous/Total 435.180.516,16 100,00
TOTAL GENERAL 580.400.338,28
Pourcentage 74,98
Le tableau n° 6 renseigne l’évolution des importations des marchandises entre la RDC et ses principaux partenaires commerciaux notamment la Chine, l’Union Européenne et les Etats-Unis en 2019. Ces importations représentent 435.180.516,16 USD de droits payés à l’importation, (74,98) pour cet exercice.
TABLEAU N° 7 : DES IMPORTATIONS DES MARCHANDISES EN VALEURS ET DROITS PAYES ENTRE LA RDC ET SES PRINCIPAUX PARTENAIRES COMMERCIAUX (CHINE, U.E et U.S.A) DE JANVIER A JUIN 2020
N° PAYS Droits USD %
1. CHINE 86.962.352,02 58,45
2. U.E 57.105.157,43 38,38
3. U.S.A 4.711.890,15 3,17
Sous/Total 148.779.407,61 100,00
TOTAL GENERAL 195.802.522,91
Pourcentage 75,98
Le tableau n° 7 renseigne l’évolution des importations des marchandises entre la RDC et ses principaux partenaires commerciaux dont la Chine, l’U.E et les USA de janvier à juin 2020, ces importations représentent 148.779.407,61 USD de droits payés à l’importation, (75,98%) de l’ensemble.
TABLEAU N° 8 : DES EXPORTATIONS DES MARCHANDISES DE LA R.D.C VERS SES PRINCIPAUX PARTENAIRES COMMERCIAUX (CHINE, U.E et U.S.A) EXERCICE 2019
N° PAYS Droits USD
1. CHINE 2.180.762,97
2. U.E 768.722,99
3. U.S.A 6.512,28
Sous/Total 2.955.998,24
TOTAL GENERAL 3.073.579,72
Pourcentage 96,17
Le tableau n° 8 renseigne l’évolution des exportations des marchandises entre la RDC et ses principaux partenaires commerciaux dont la Chine, l’U.E et les USA en 2019. Ces exportations représentent 2.955.998,24 USD de droits payés à l’exportation (96,17%) de l’ensemble de la période donnée.
TABLEAU N° 9 : DES EXPORTATIONS DES MARCHANDISES DE LA R.D.C VERS SES PRINCIPAUX PARTENAIRES COMMERCIAUX (CHINE, U.E et U.S.A) DE JANVIER A JUIN 2020
N° PAYS Droits USD
1. CHINE 1.339.177,70
2. U.E 192.814,18
3. U.S.A 875,05
Sous/ Total 1.532.866,94
TOTAL GENERAL 1.588.877,84
Pourcentage 96,47
Le tableau n° 9 renseigne l’évolution des exportations des marchandises entre la RDC et ses principaux partenaires commerciaux dont la Chine, l’U.E et les USA de janvier à juin 2020. Ces exportations représentent 1.532.866,94 USD de droits payés à l’exportation (96,47%) de l’ensemble de la période donnée.
Le même rapport de la Banque Mondiale précise également que la ZLECAf pourrait permettre de réorganiser les marchés et les économies de la région, entrainant la création de nouvelles industries et l’expansion de secteurs clés. Les gains économiques d’ensemble seraient variables, les plus importants bénéficiant aux pays qui auront mis en place des politiques économiques idoines. Ces externalités positives seraient favorables avec une augmentation de 14% de revenus pour les pays concernés.
La ZLECAf stimulerait également de manière significative le commerce africain, les échanges intrarégionaux dans le secteur manufacturier. Les exportations intracontinentales augmenteraient de 81% tandis que la progression vers les pays non africains serait de 19%.
Toutes ces économies devraient permettre de compenser à terme la réduction des droits douanes par l’augmentation de l’impôt intérieur sur base d’un développement économique tiré par un niveau de production de plus en plus élevée.
Conclusion
En ces termes, j’espère avoir répondu aux préoccupations essentielles des Honorables Députés au sujet de la dérogation d’importer du ciment gris de Brazzaville et celle relative à l’adhésion de la RDC à la Zone de Libre-échange Continentale Africaine (ZLECAf).
Par la même occasion, je vous remercie de l’opportunité que vous m’aviez offerte de partager avec vous ces préoccupations d’intérêt national.
Par ailleurs, je reste à votre disposition pour les éventuelles interrogations et précisions.
Merci pour votre aimable attention.
Fait à Kinshasa, le 26 novembre 2020
Jean-Lucien BUSSA TONGBA

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