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*Dans un mémorandum, ils rappellent que : ‘’le peuple congolais, souverain primaire, attend de présentes consultations, des résultats qui donnent des indications claires d’un nouveau système de gouvernance qui le mettrait au centre des préoccupations des acteurs politiques.

Il y va de la crédibilité. La solution de l’union sacrée de la nation que vous entrevoyez n’en sera une que si ses composantes s’accordent avant toute autre considération à servir la population qui se sent aujourd’hui abandonnée’’.
Conscients que les défis sont énormes réunis au sein de la CENCO promettent ainsi d’y apporter leur contribution à toute initiative qui aurait, pour finalité, le bien-être du peuple congolais, selon qu’elle serait conforme à sa sollicitude pastorale.
Concrètement, ils lui proposent, en effet, l’axe politique qui exige l’évaluation de la coalition au pouvoir, depuis son investiture, le 24 janvier 2019. Et puis, l’axe électoral qui exige, quant à lui, des réformes nécessaires pour redonner au peuple congolais la confiance dans le prochain processus électoral dans la perspective d’avoir des institutions fortes de légitimité pouvant rapidement booster le décollage d’un véritable Etat de Droit.
Ils précisent, par ailleurs, qu’en ‘’rapport avec l’axe politique, une chose leur paraît certaine qu’avec la dynamique actuelle de la coalition, ils ne pourront plus attendre la construction du pays. Il y a nécessité d’une solution politique respectueuse du peuple congolais’’.

C’est pourquoi, ‘’nous vous exhortons d’évaluer sérieusement le contenu de l’Accord qui régule la coalition et le fonctionnement de celle-ci pour voir s’il y a possibilité d’une révolution à l’interne. Au cas contraire, en tant que Garant de la Nation, il vous revient d’assumer vos responsabilités et prendre, en âme et conscience, devant Dieu et la Nation, la décision qui convient en vertu de l’article 69 de la Constitution.
Mais, en ce qui concerne les réformes devant consolider l’appareil électoral en RD. Congo, les Evêques recommandent avant tout, la dépolitisation et le renforcement de l’indépendance des membres du Bureau de la CENI’’.
Enfin, ils lui recommandent d’initier des réformes consensuelles réalistes de la loi électorale.

LPM

CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO
MEMORANDUM DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO (CENCO) A L’OCCASION DES CONSULTATIONS NATIONALES INITIEES PAR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, FELIX ANTOINE TSHISEKEDI.
Excellence Monsieur le Président,
1. Nous vous remercions de nous avoir associés aux consultations que vous avez initiées sur la gouvernance de notre pays en ce moment délicat de son histoire.
2. Les Evêques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) ont suivi avec beaucoup d’intérêt votre dernière adresse à la Nation, le Vendredi 23 octobre 2020, par la quelle vous reconnaissez que, deux ans après votre accession à la magistrature suprême, les divergences persistantes au sein de la coalition au pouvoir, portant sur des questions essentielles de la vie de la Nation, ne vous ont pas permis d’accomplir la tâche que le peuple vous a confiée (cf. Discours 23 octobre).
3. C’est pourquoi, face à l’ampleur des défis auxquels notre pays est confronté, considérant que le salut du peuple est la loi suprême et conscient que le peuple sera désolé si rien ne change, vous avez pris l’option de refonder l’action gouvernementale autour des principes de participation à la gestion du pays en annonçant la création d’une Union Sacrée de la Nation. Vous avez ainsi initié les consultations en cours pour recueillir les opinions de différentes couches sociales.
4. Nous sommes heureux de constater que les idées fortes de ce discours du 23 octobre dernier rejoignent les préoccupations plusieurs fois exprimées par les Evêques membres de la CENCO dans leurs messages, notamment : « La coalition pour quel but ? On reconnaît l’arbre à ses fruits » (28 février 2020), « Qui sème le vent récolte la tempête » (27 juin 2020), « Peuple congolais, ne nous laissons pas voler notre souveraineté » (15 octobre 2020).
5. Face à la crise actuelle, permettez-nous avant tout, en tant que pasteurs, de rappeler à votre Excellence les principes qui doivent être Préservés à tout prix et être pris en compte dans la recherche d’une solution politique appropriée :
• Le primat du bien- être de la population sur toute autre considération politique : aucun compromis politique ne peut être au-dessus de l’exigence, pour le pouvoir politique, de tout mettre en œuvre en vue d’assurer le bien-être de la population.
• Le respect de la Constitution
• La sécurité nationale
• L’intégrité territoriale
• La stabilité de l’Etat et de ses Institutions
• La paix sociale
• L’Etat de droit et la démocratie.
6. Quant à la résolution de la crise proprement dite, nous vous proposons deux pistes : l’axe politique qui porte sur l’évaluation de la coalition et l’axe électoral qui appelle les réformes nécessaires en vue de redonner à notre peuple la confiance au prochain processus électoral pour avoir des institutions fortes de légitimité pouvant rapidement booster le décollage d’un véritable Etat de droit.
7. Par rapport à l’axe politique, une chose paraît certaine : avec la dynamique actuelle de la coalition, nous ne pourrons pas attendre la reconstruction du pays. Il y a nécessité d’une solution politique respectueuse du peuple Congolais. C’est pourquoi nous vous exhortons d’évaluer sérieusement le contenu de l’Accord qui régule la coalition et le fonctionnement de celle-ci pour voir s’il y a possibilité d’une révolution à l’interne. Au cas contraire, en tant que garant de la Nation, il vous revient d’assumer vos responsabilités et prendre, en âme et conscience, devant Dieu et la Nation, la décision qui convient en vertu de l’article 69 de la Constitution.

8. Ce faisant, il sied de se rappeler qu’il est des valeurs que toute personne humaine, toute institution, quels que soient les mobiles qui commandent son comportement, ne doit pas profaner. Le service du bien-être du peuple, la vérité, la justice et la paix font partie de ces valeurs fondamentales, incontournables.

9. En ce qui concerne les réformes devant consolider l’appareil électoral de notre pays, nous insistons avant tout sur la dépolitisation et le renforcement de l’indépendance des membres du bureau de la CENI et recommandons des réformes consensuelles réalistes de la loi électorale.

10. Excellence, Monsieur le Président, le peuple souverain primaire, attend de présentes consultations des résultats qui donnent des indications claires d’un nouveau système de gouvernance qui le mettrait au centre des préoccupations des acteurs politiques. Il y va de votre crédibilité. La solution de l’Union Sacrée de la Nation que vous entrevoyez n’en sera une que si ses composantes s’accordent avant toute autre considération à servir la population qui se sent aujourd’hui abandonnée.

Excellence Monsieur le Président de la République,

11. Nous sommes conscients que les défis sont énormes par ce temps qui court, « si le Seigneur ne bâtit la maison, c’est en vain que peinent les bâtisseurs » (Ps 126,1). Tenez bon dans la foi en Dieu, demeurez ouvert aux hommes et femmes de bonne volonté pouvant contribuer à une nouvelle dynamique de bonne gouvernance. Soyez rassuré de nos prières. La CENCO n’hésitera pas d’apporter sa contribution à toute initiative que vous prendrez qui aura pour finalité le bien-être du Peuple Congolais confié à sa sollicitude pastorale.
Fait à Kinshasa, le 09 novembre 2020.
Marcel UTEMBI TAPA
Archevêque de Kisangani
Président de la CENCO

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