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*‘’A travers ces vœux, la Communauté Banyamulenge, depuis 1964 à ce jour, malgré les crimes qui l’a toujours ciblée, dit qu’elle est résolument engagée dans la voie de la paix et de la réconciliation sans laquelle le développement local, ni provincial, ne saurait être envisagé.

Nous sommes une province charnière, seule de toutes à être aux frontières de trois Etats et donc à risque de subir le choc des voisins. Que le Gouvernement national instaure une justice juste. Notre Communauté serait la grande bénéficiaire d’une justice équitable que tous les congolais appellent de leurs vœux’’, a déclaré, entre autres, l’Honorable Enock Ruberangabo Sebineza, Président honoraire de la Coordination nationale, Shikama/Banyamulenge, depuis hier, jeudi 13 août 2020 à Bukavu, à l’occasion de la 16èmecommémoration du massacre des congolais à Gatumba au Burundi.
Après avoir rappelé toutes les étapes constitutives d’un génocide, il est revenu spécialement sur les efforts engagés ainsi que des appels incessants envers la communauté internationale et le gouvernement pour qu’en raison de toutes les affres subies, que la mémoire des victimes soient, enfin, honorées. Dans cette édition, il y a lieu de retrouver, ci-dessous, l’intégralité de ce discours de nature à couper l’herbe sous les pieds de ces massacreurs dont certains courent encore les rues, en toute impunité. Mieux que quiconque, Enock Sebineza s’en réfère également aux populations de la communauté Banyamulenge, elles-mêmes, qu’il appelle, du reste, à ne pas imiter leurs bourreaux, ni propager la haine. Tout en exigeant justice, il insiste, par contre, sur la culture de la paix, l’amour de la patrie et le pardon.

MOT DE CRCONSTANCE
16èmeCOMMEMORATION DE MASSACRE DES CONGOLAIS A GATUMBA AU BURUNDI
(13 août 2004-13 août 2020)
Honorables,
Excellences,
Distingués invités,
Mmes et Mrs,
Nous nous réunissons ce jour dans cette salle pour commémorer le massacre de Gatumba au cours duquel des réfugiés Congolais, particulièrement les Banyamulenge en refuge au Burundi dans la Localité de Gatumba, Commune Mutimbuzi en Province de Bujumbura rural au Burundi, ont été visés ont été visés et cruellement assassinés. Ce massacre a fait 166 morts 116 blessés.
C’est devenue une habitude, du moins, une coutume pour notre communauté Banyamulenge et tous les autres compatriotes ou étrangers amis solidaires aux Banyamulenge, de venir commémorer le massacre sus évoqué partout au monde là où les conditions d’organisation le permettent.
C’est pour moi alors un privilège de prendre la parole ce jour à ce douloureux évènement ici à Bukavu le chef-lieu de ma province d’où étaient tous originaires les victimes et leurs familles, parce que les circonstances et le temps ne permettront jamais de les oublier.
Puisque ce qui s’est passé à Gatumba en 2004 s’assimile à un génocide ; je me permets,avant d’entrer dans le vif du sujet qui m’était attribué par le comité d’organisation, « La justice et la réparation au profit des victimes de Gatumba et de leurs famille », Je me fais donc le devoir de définir le terme génocide et le confronter aux faits et ainsi tirer les conséquences.
Le Génocide se définit comme étant une destruction délibérée et méthodique d'un groupe d'hommes, en raison de sa race, de son appartenance ethnique, de sa nationalitéou de sa religion, dans le but de le faire disparaître totalement et ce au nom d'un principe raciste ou d'une conception idéologique de ce groupe.
L’ONU définit le génocide comme un crime consistant en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe nationale, ethnique ou religieux en tant que tel, ce qui veut dire que ses membres sont détruits ou rendus incapables de procréer en raison de leur appartenance au groupe.
En réalité pluriséculaire, le génocide devient un mot dans la littérature juridique en 1944, entre dans la technicité du langage faisant loi à Nuremberg en 1945 et, le 11 décembre 1946, fait l'objet d'une résolution des Nation-unies. Cette résolution inspire à son tour la Convention internationale adoptée le 9 décembre 1948 et entrée en vigueur le 12 janvier 1951, (Article 2 de la convention sus évoquée).
Honorables,
Excellences,
Distingués invités,
Mmes et Mrs,
Comme nous l’avons signalé, il est important de relater les faits de cette hécatombe de Gatumba pour bien voir si cette dernière cadre avec la définition comme nous l’avons évoquée, ci-haut.
C'est dans la nuit du 13 au 14 août 2004, vers 23h15 que personnellement j’ai été alerté par Feu Benjamin Serukiza à Kinshasa que le camp des réfugiés est en train d’être brûlé et des tirs et cris des fugitifs sont entendus au téléphone de ceux qui pouvaient encore parler avant que leurs voix ne s’éteignent dans ces brouhaha d’agonies. Des banyamulenge sont visés et massacrés.
Une attaque des assaillants contre ces réfugiés congolais appartenant au même groupe ethnique, les Banyamulenge. Des femmes, des hommes et des enfants sont réveillés de leur sommeil, assassinés à l'arme à feu, achever à la machette et au feu, brûlés vifs dans leurs tentes de fortune. Le lendemain matin le monde a constaté des images des corps calcinés, une horreur difficle à décrire. Les images ont scillonnés les médias du monde.
IL est à noter que ces réfugiés congolais étaient hébergés dans un camp répartis en deux ailes dont l’une, la plus grande, abritait les Banyamulenge et l’autre les autres tribus ( Babembe, Bafuliro, Bavira ). Un problème se pose déjà à ce niveau. Pourquoi cette sorte de séparation des réfugiés ?
Seule l’aile à majorité Banyamulenge a été visée par les attaques et les victimes non Banyamulenge (Babembe, Bafuliru, Bavira) dont nous saluons la mémoire, ont subi ce sort funeste à cause de leur présence dans l’aile des Banyamulenge. Malgré la présence des victimes d’autres tribus, les faits et slogans scandés par les bourreaux prouvent que l'attaque visait manifestement les Banyamulenge et répondait de toute évidence à des motivations ethniques et politiques.
Considérant plusieurs rapports entre autre le rapport conjoint de l’ONUB (Opération des Nations Unies au Burundi) et du Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme au Burundi, Rapport du 05/10/2004, p. 4, il est claire que les victimes directes ou indirectes, sont les membres du groupe ethnique Banyamulenge qui ont été visés uniquement parce qu’ils sont Banyamulenge. Selon le même Rapport à la page 15, il y avait des signes avant-coureurs de ce massacre. Ce rapport indique que quelques jours avant le massacre des tracts avaient circulés "incitant à des attaques contre les Banyamulenge. Les agresseurs auraient également scandé des slogans comme «abat les Banyamulenge » « nous ne voulons pas qu’ils rentrent en RDC ».
Le FNL PALIPEHUTU, groupe rebelle Burundais dirigé par Agathon RWASA, sur une radio locale juste le lendemain tôt le matin a revendiqué ce massacre par la bouche de son porte-parole Pasteur HABIMANA et plus tard confirmé par AgathonRwasa son Chef hiérarchique.
Jusqu’à ce jour, nous sommes la seule communauté, dans l’histoire de la RDC, après une campagne de haine, poursuivie pour être massacrée en réfugiée à l’étranger. Quand nous disons cela, nos détracteurs nous disent que nous nous victimisons, que nous sommes nous-mêmes à la base de nos propres malheurs.
Nous ne cesserons de souligner que ce crime est un fait unique dans l’histoire de la RDC où un massacre sélectif poursuit les infortunés jusque dans leur lieu de refuge à l’étrangers et que, 16 ans après personne n’est responsable et les trois acteurs important pour rechercher la justice à savoir, le Burundi, la RDC et l’ONU se taisent comme si c’était un fait divers.
Selon les témoignages des habitants de la région, les tueurs ont traversé nuitamment la rivière RUZIZI en direction de la Localité de Kiliba en Territoire d’Uvira en RDC après leur forfait.
Nous signalons qu’à quelques 200m, un camp des forces armées bundaises de Gatumba n’a pas bougé pour intervenir et arrêter le massacre qui a duré plus d’une heure de temps.
Face à la cruauté de ces tueries et à leur caractère séléctif, plusieurs personnalités présentes le lendemain matin du 14 août 2004 ont haussé le ton pour condamner ces massacres. Elles ont assuré aux rescapés, qui les suivaient de vive voix, de ne ménager aucun effort en vue de la mise sur pied d’une commission indépendante internationale d’enquête dans le but d’identifier les responsables et de les sanctionner. Rien n’a été fait 16 ans après.

Parmi ces personnalités entre autre, le Président burundais, le Vice-Président Congolais, le Ministre rwandais de l’Intérieur et le Responsable de l’ONUB, tous clamèrent tout haut les vœux de rechercher les criminels par ailleurs connus, et les déférer devant la justice.
Jusque-là, ces vœux sont restés lettres mortes. Que ce soit le Burundi pays d’accueil, l’ONU responsable du Camp ou la RDC pays d’origine des victimes.
Pourtant ce massacre répond exactement aux étapes d’un génocide tel que défini par les dix étapes d’un génocide qui sont :
Le génocide est un phénomène humain dont le processus peut être analysé et compris. Il peut par conséquent être prévenu. Selon l’expert universitaire et activiste Gregory H. Stanton, le processus du génocide se développe en dix étapes, ici résumées. Ces étapes ne suivent pas toujours une progression linéaire, elles peuvent coexister. À chaque étape, des mesures de prévention peuvent être mises en action.
1. Classification
Division des personnes entre « nous » et « eux » par des groupes en position d’autorité, selon l’origine ethnique, la race, la religion ou la nationalité.
Prévention : Développer des institutions universalistes qui encouragent la cohésion sociale.
2. Symbolisation
Identification des gens en tant que Juifs, Roms, Tutsis, etc. Les distinguer par des couleurs ou des vêtements symboliques.
Prévention : Rendre illégaux les symboles et les discours de haine, ainsi que les vêtements identifiant des groupes victimes.
3. Discrimination
Un groupe dominant utilise la loi, les coutumes et le pouvoir politique afin de nier les droits d’autres groupes.
Prévention : Respecter tous les droits civils, politiques et la jouissance au droit à la citoyenneté pour tous les groupes au sein de la société. Toute discrimination fondée sur la nationalité, l’ethnicité, la race ou la religion doit être illégale.
4. Déshumanisation
Affirmation par propagande de la valeur moindre du groupe victime par rapport au groupe majoritaire. Les assimiler à des animaux, des insectes ou des maladies.
Prévention : Condamner, punir rapidement et rendre culturellement inacceptables les discours et les crimes haineux. Sanctionner l’incitation au génocide.
5. Organisation
Conception de plans de meurtres génocidaires, en général par l’État, son armée ou des milices.
Prévention : Interdire l’adhésion à ces milices, sanctionner leurs dirigeants. Imposer des embargos sur les armes vers ces pays et créer des commissions d’enquête.
Matériel reproductible © Musée de l’Holocauste Montréal, 2018
6. Polarisation
Amplification des différences entre les groupes par la propagande. Interdiction d’interactions entre les groupes. Meurtre des membres modérés du groupe oppresseur.
Prévention : Protéger ces membres modérés et les groupes de défense des droits humains. Saisir les avoirs des oppresseurs et les empêcher de voyager à l’étranger.
7. Préparation
Identification et séparation des groupes victimes. Obligation de porter des symboles. Déportation, isolement et famine planifiée. Préparation de listes de mise à mort.
Prévention : Aide humanitaire, intervention internationale armée ou aide majeure au groupe victime pour qu’il se défende.
8. Persécution
Les victimes sont identifiées et isolées en raison de leur ethnicité ou de leur identité religieuse. Au sein de l’État génocidaire, les membres des groupes discriminés vont parfois être obligés de porter des symboles les identifiant et biens et propriétés sont souvent expropriées.
Prévention : les organisations régionales ou la communauté internationale doivent se mobiliser afin d’assister ou intervenir auprès des victimes.
9. Extermination
Début des massacres, perçus par les tueurs comme des actes « d’extermination » car ils croient que leurs victimes ne sont pas pleinement humaines.
Prévention : Seule une intervention armée massive peut arrêter le génocide. La communauté internationale doit soutenir cette opération en fournissant transport aérien, équipement et financement.
10. Déni
Négation par les auteurs d’un génocide d’avoir commis des crimes. Blâme souvent rejeté sur les victimes. Dissimulation de preuves et intimidation de témoins.
Prévention : Poursuite des auteurs du génocide par un tribunal international ou des tribunaux nationaux. Éducation du public.
Honorables,
Excellences,
Distingués invités,
Mmes et Mrs,
Au regard de ce qui précède, et si vous confrontez les faits ci-haut décrits et le droit, vous conviendrez avec moi que le massacre de Gatumba rentre dans cette catégorie des massacres ethniques, d’épuration ethnique, d’un génocide parce que, ce dernier ne visait qu’un seul groupe ethnique, l’éliminer.
Au terme de l'article 75 du statut de Rome de la CPI(Cour Pénale Internationale), la Cour établit des principes applicables aux formes de réparation, telles que la restitution, l’indemnisation ou la réhabilitation, à accorder aux victimes ou à leurs ayants droit. Sur cette base, la Cour peut, sur demande, ou de son propre chef dans des circonstances exceptionnelles, déterminer dans sa décision l’ampleur du dommage, de la perte ou du préjudice causé aux victimes ou à leurs ayants droit, en indiquant les principes sur lesquels elle fonde sa décision
A la lumière de cette disposition, il apparaît clairement que la Cour Pénale Internationale conditionne la réparation des préjudices à une condamnation pénale du prévenu ce qui n’a pas été le cas pour Gatumba et cela a pour conséquence que lorsque l'auteur de l'agression n'a pas été identifié ou lorsque bien identifié, il reste introuvable, ou encore l'auteur de l'agression décède lors des poursuites devant la C.P.I, la victime n'aura pas droit à la réparation. C'est la position constante toujours soutenue par la C.P.I. Cette condition sine qua non pour une réparation devant la cour pénale internationale est basée sur la responsabilité civile délictuelle qui est des faits par lesquels un dommage a été causé à autrui.
Dans le cas d’espèce, malheureusement, seize(16 ans) après ce massacre, il est regrettable de constater que les attentes de la Communauté Banyamulenge en ce qui concerne la justice sont loin d’être rencontrées.
Mesdames et Messieurs,
Il faut déplorer qu'il n'y a pas eu d’enquête, sauf celle préliminaire du 05/10/2004 qui a été menée conjointement par la Mission de l'Organisation des Nations Unies en RDC, l'Opération des Nations Unies au Burundi et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.
Ce groupe avait recommandé au Gouvernement burundais de continuer l'enquête policière et judiciaire pour identifier et poursuivre les responsables et, à la communauté internationale via la CPI de poursuivre judiciairement les responsables.
Ni l'un, ni l'autre à ce jour n'a rien fait.
Comme communauté, n'ayant pas qualité d'enquêter, nous avons attendu en vain que notre pays la RDC le fasse ou fasse pression au Burundi et à la communauté internationale en défendant ses propres sujets.
Rappelons qu’à la même année HumanRght Watch avait fait un raport préliminaire qui n’a pas été suivi d’effets ou un suivi par cette ONG internationale qui a pignon sur rue. A la 15ème commémoration, le Directeur pour l’Afrique centrale à HRW s’est contenté de rappeler que : « Il incombe au GOUVERNEMENT de rendre justice aux survivants de l’attaque et aux familles des victimes, fin de citation », dans sa déclaration du 13 août 2019 à Goma. Nous lui rappelons qu’il n’a pas aussi été entendu.
C'est ainsi qu'en 2006 nous avons porté plainte à la CPI contre AgathonRwassa et Habimana qui avaient réclamé la responsabilité de ce crime au lendemain de sa commission.
Curieusement, notre plainte a été déclarée irrecevable, selon la Cour pour n’avoir pas qualité de la saisir, seuls les Etats le peuvent.
De cette suite, nous avons informé notre gouvernement et celui du Burundi sur le territoire duquel le crime a été commis et ses sujets en ont réclamé la responsabilité, sauf les promesses irréalisables, rien n'a été fait.
En 2014, désespérés et déçus, nous avons saisi la cour d'appel de Bujumbura contre les deux sujets burundais précités, dossier constitué en bonne et due forme, les interrogatoires bien passés, les p.v complets, bref après comparution nous avons attendu à ce que la partie adverse comparaisse aussi, sans suite.
Notre constat est que le dossier Gatumba a été politisé et par les deux gouvernements et par la communauté internationale.
Donc, ni la RDC, notre pays ; ni le Burundi, le pays d’accueil ; encore moins la Communauté Internationale, responsable des réfugiés n’osent rétablir la vérité en ce qui concerne ce crime, en vue de sanctionner les auteurs et coauteurs et réparer les dommages subis par les victimes ou leurs ayants droit.
Nous saisissons de ce moment douloureux, l’occasion pour rappeler que depuis 1964 la communauté Banyamulenge a été victime de plusieurs tragédies et des massacres sélectifs par les mulelistes issus des communautés voisines dans les Territoires d’Uvira, de Fizi et de Mwenga notamment les massacre de KIRUMBA en 1965, NGANJA en 1966, ABELA 1996 et plus tard étendus par l’effet d’une campagne anti-tutsi pendant toutes les guerres à partir de 1996 à VYURA , KALEMIE, Kinshasa, Kamina, des massacres non qualifié et impunis jusqu’aujourd’hui. Plus récemment encore, depuis 2017, une guerre détruit sytématiquement et se se pérennise dans les Hauts Plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira exigeant de chasser les Banyamulenge de la RDC. Une coalition régionale s’est même constituée pour la cause(Mayimayi alliés aux RedTabara, FNL,FOREBU) de milices qui s’attaquent systématiquement aux Banyamulenge, une campagne médiatique massive est orchestrée à travers les réseaux sociaux.
Cette guerre en cours imposée à cette population, encore d’une manière sélective, a déjà causé de grandes pertes en vies humaines ainsi que d’innombrables dégâts matériels, elle procède à un déracinement,une épuration ethnique tout court, une extermination, un effacement sur la carte ethnique de la RDC. Les tueries, les villages incendiés, des vaches pillées et autres violations des droits humains ne se comptent plus. Le mode opératoire est de tuer, semer la terreur par incendies systématiques des villages, piller systématiquement les vaches en privant les Banyamulenge de leur principale richesse, contraindre à l’exil les rescapés, ceux qui résistent sont confinés dans des sortes de camps de concentrations pour mourir de faim tels un rayon de 10 km dans la vallée de Minembwe. Encore un camp des déplacés, du moins de concentration Banyamulenge de Mikenke en Territoire de Mwenga dans Itombwe est régulièrement attaqué par la même coalition. Bref, les deuils font désormais partie du quotidien de la population Banyamulenge.
La commémoration de cette date est une opportunité qui nous est offerte tous en cette salles , ici et ailleurs, toutes tribus confondues, les leaders politiques et les leaders d’opinion de la province qui êtes représentés ici, d’élever nos voix pour dire NON et JAMAIS PLUSde tel massacre à l’endroit des Congolais, quels que soient leur appartenance tribale, le lieu où ils vivent ou leurs convictions et d’ajouter que LES VICTIMES RECLAMENT LA JUSTICE,tous de commun accord NOUS DISONS NON A L’IMPUNITE. NOUS EXIGEONS LA JUSTICE !
C’est pour cela que la Communauté Banyamulenge que vous avez honorée ce jour est consolée de votre présence qui est, assurément, un signe de solidarité.
A ce propos, nous saluons les quelques actions timides et insuffisantes prises par les autorités nationales et/ou provinciales allant dans le sens de la pacification et les encourageons à aller plus loin pour décourager définitivement les activistes et éradiquer ce genre d’actes. Notre Communauté souhaite voir les groupes armés neutralisés et les groupes étrangers totalement éradiqués.

Nous remercion la MONUSCO, dans la voix de son Responsable Mme Zerrougui dans son dernier message d’avoir condamner sans ambages les messages de haine contre les Banyamulenge dans les hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira.
A travers ces vœux, la Communauté Banyamulenge, depuis 1964 à ce jour, malgré les crimes qui l’a toujours ciblée, dit qu’elle est résolument engagée dans la voie de la paix et de la réconciliation sans laquelle le développement, ni local ni provincial, ne saurait être envisagé. Nous sommes une province charnière, seule de toutes à être aux frontières de trois Etats et donc à risque de subir le choc des voisins. Que le Gouvernement national instaure une justice juste. Notre Communauté serait la grande bénéficiaire d’une justice équitable que tous les congolais appellent de leurs vœux.
Que vive la cohabitation entre nos Communautés, que vive la province du Sud-Kivu et notre pays, que vive la justice pour tous.
JE VOUS REMERCIE
Fait à Bukavu, 13 août 2020
Hon Enock RUBERANGABO SEBINEZA
Président honoraire de la Coordination nationale, SHIKAMA/BANYAMULENGE

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