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Marcellin Bilomba, Conseiller principal du Président de la République en charge de l’économie et finances, se considérant comme les «yeux et les oreilles» de Félix Tshisekedi à la Banque Centrale du Congo (BCC), a jeté le pavé dans la marre lors de la dernière audience du procès dit de 100 jours aux heures vespérales de jeudi dernier.

Devant les caméras de la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC), Marcellin Bilomba a, contrairement aux prévenus et autres témoins comme Henri Yav et Deogratias Mutombo, lâché «66.700.000 USD» comme montant réel versé dans le compte de l’entreprise Samibo appartenant au Libanais Jammal Samih. Ce montant, de l’avis des observateurs, devait être tiré au clair soit par le tribunal, soit par les médias, pour que la confusion ne reste pas dans les têtes des Congolais d’ici l’audience foraine du jeudi 11 juin qui sera consacrée au réquisitoire et plaidoiries.

Commencé vers neuf heures du matin, la quatrième audience foraine du procès 100 jours avait pris fin au-delà de 22 heures, le jeudi 4 juin dernier. Des millions de Congolais aussi bien au pays que dans la diaspora étaient scotchés devant leurs petits écrans pour suivre, tel un match de football opposant Barça au Real de Madrid, cet événement inédit qui restera gravé dans les annales judiciaires de la République démocratique du Congo. «Pièce contre pièce», n’a cessé de clamer le prévenu Vital Kamerhe tout au long de ce procès passionnant.

Ce jour-là, tard dans la soirée, se présenta un témoin particulier devant la barre. Il s’agit de Marcellin Bilomba qui n’est autre que le Conseiller principal du Président de la République en charge de l’économie et finances et qui s’est dit être les «yeux et les oreilles» de Félix Tshisekedi à la Banque Centrale du Congo (BCC). Avec la passe d’armes Bilomba – Kamerhe, les linges sales de la Présidence de la République ont été lavés en public.

Devant les caméras de la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC), Marcellin Bilomba a, contrairement aux prévenus et autres témoins comme Henri Yav et Deogratias Mutombo, lâché «66.700.000 USD» comme montant réel versé dans le compte de l’entreprise Samibo appartenant au Libanais Jammal Samih. Brandissant un document, ce témoin a dit avoir obtenu ces chiffres auprès du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Deogratias Mutombo qui, dans cette même affaire, avait témoigné quelques heures auparavant. Alors que tout le monde avait, jusque-là, les chiffres de 57.600.000 USD dûment décaissés pour l’érection des maisons préfabriquées dans le cadre du programme intérimaire de 100 jours du Président Félix Tshisekedi.

Aussi, Maître Bokolombe, avocat de Jammal Samih, a-t-il affirmé que ce document présenté est un faux car ne comportant ni sceau, ni signature, ni date, ni en-tête, etc. La défense a même réclamé le retour du témoin Deogratias Mutombo en vue de la certification de ces deux feuilles de papier imprimé qu’il aurait remis au Conseiller Bilomba à titre individuel. Cette patate chaude est un fait gravissime qui doit absolument être tiré au clair soit par le tribunal, soit par les médias, pour que la confusion ne reste pas dans les têtes des Congolais d’ici l’audience foraine du jeudi 11 juin qui sera consacrée au réquisitoire et plaidoiries.

Par ailleurs, en début de cette même journée marathon, l’ancien ministre du Budget, Pierre Kangudia Mbayi, avait reconnu parmi les prévenus «une de ses vieilles connaissances». Il s’agit du Directeur Général de la société Samibo, Jammal Samih âgé de 82 ans. Leur connaissance remonte à 1993, à l’époque du Zaïre du Maréchal Mobutu. Alors Conseiller financier dans un cabinet ministériel, Pierre Kangudia avait dit à Jammal que l’Etat n’avait les moyens de lui payer les 25 millions de dollars qu’il demandait pour la réhabilitation de la Cité de la Voix du Zaïre (actuelle RTNC). Avant ce procès, leur dernière entrevue en date s’est effectuée dans l’antichambre du Directeur de Cabinet du Président de la République, Vital Kamerhe. Le ministre Kangudia a été reçu en premier alors que son vieil ami a été renvoyé auprès d’un expert de la Présidence. Au cours de son témoignage, Kangudia a balancé une patate chaude. Autrement dit, il a affirmé qu’un jour Jammal a menacé de se suicider dans son antichambre à l’Hôtel du Gouvernement s’il n’était pas reçu par le ministre du Budget.

Le témoin Kangudia a aussi dit qu’à l’époque de la Deuxième République, le même Jammal avait tenté de se suicider au bureau de Mananga, un des dignitaires du régime Mobutu. Au cours de ce procès 100 jours, le public a suivi, à maintes reprises, les menaces du prévenu Jammal de mettre fin à sa vie. Beaucoup se demandent alors si c’est cette stratégie de suicide qui est adoptée depuis toujours par cet expatrié pour gagner des marchés et obtenir d’autres faveurs auprès des pouvoirs publics congolais.

Enfin, le témoin Soraya Mpiana n’y comprenait rien quant à la concession dont elle serait bénéficiaire dans la baie de Ngaliema. Pendant la confrontation en direct à la télé entre le Conservateur Kilanglanga et Daniel Shangalume alias «Massaro», agent de la Sonas et neveu de Kamerhe qui a présenté publiquement ses excuses à sa famille pour avoir introduit le nom de Soraya Mpiana dans cette affaire de titre immobilier. «C’est le nom qui m’est venu en tête quand M. Jammal cherchait à me faire cadeau d’une concession en plus de ce que j’ai acheté». Sans le dire, beaucoup dans l’assistance ont compris qu’il s’agissait d’une affaire sentimentale plutôt que d’une patate chaude. A suivre.

La Pros.

 

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