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*La stagnation de l’économie et l’accentuation de la pauvreté interpellent chaque congolais sur la nécessité et l’urgence des solutions appropriées qui permettront à la République démocratique du Congo de se remettre sur le chemin de l’émergence, pour le développement. De ce fait, pour sortir de la spirale du sous-développement, le Sénateur Augustin Matata Ponyo propose la recette composée du binôme « leadership-gouvernance ».

Une réflexion qu’il a partagé, vendredi 5 mai 2020, à la plénière de la chambre haute du parlement à l’intention de ses collègues sénateurs. Selon l’ancien Premier ministre, tous les pays qui se sont développés ou qui ont émergé ont fondé leurs politiques sur le leadership et la gouvernance.

‘’En tant que Sénateur, j’ai voulu rappeler cela à l’ensemble des collègues. Et à travers le Sénat, à l’ensemble de la RDC. Si nous ne prenons pas en compte les facteurs leadership et gouvernance, on ne peut pas espérer se développer. Il faut qu’on le sache‘’, a-t-il laissé entendre.
Au regard de la situation désastreuse du moment, accentuée par les effets de la pandémie de coronavirus, l’expérience de Matata Ponyo vécue au sommet du gouvernement en tant que Premier ministre, et bien avant comme ministre des finances, a été une véritable motivation pour lui de partager la conviction sur le caractère incontournable de ce binôme dans le progrès de l’humanité. Mais qu’en est-il réellement ?

« Leadership-gouvernance » : le passage obligé
En fait, le binôme leadership-gouvernance est un condensé des concepts qui, efficacement appliqués, peuvent impacter de manière positive la gestion des affaires publiques.
Tenez ! Alors qu’il se trouve dans le top 10 des pays les mieux dotés en ressources minières, la RDC se trouve aussi dans le top 10 des pays les plus pauvres du monde. Ce qui est totalement paradoxal et inacceptable.
D’après le Sénateur Matata, ce n’est que quand le leadership fait siennes les exigences de gouvernance de qualité, que les bases du progrès peuvent véritablement et durablement être posées.

Ce binôme, relève-t-il, implique de la part des dirigeants, d’une part, des qualités intrinsèques qui leur permettent d’afficher une volonté inébranlable à prendre des décisions et à espérer les faire aboutir. D’autre part, des capacités à mettre toutes les ressources en jeux afin d’atteindre les objectifs devant résulter des décisions prises.
‘’C’est à cette seule et unique condition que l’on peut relever le défi du développement dans notre pays, comme nous avions, dans un passé récent, œuvré dans le sens d’une amorce véritable du processus qui pouvait nous amener effectivement vers l’émergence au développement à des horizons acceptables selon les témoignages des évaluateurs internationaux de renom‘’, a fait savoir Augustin Matata.
Pays aux dimensions continentales, disposant de ressources immenses et diversifiées, la République Démocratique du Congo, scandale géologique, ne devrait en aucun cas demeurer à la traîne du processus de progrès et de développement des nations.

Le Sénateur Matata Ponyo a donc voulu passer par le Sénat qui, composé des sages de la République, devrait s’employer, par ses conseils et recommandations, à amener les Responsables de l’Exécutif qui ont la charge de gestion de notre pays, à s’inscrire résolument sur la voie de ce binôme, condition unique et suffisante pour le développement de la RDC.

Ce qui mènerait à obtenir les progrès recherchés et donner à leur action un réel impact sur la vie des populations.
Dans la perspective d’une matérialisation de cette démarche institutionnelle, il trouve favorable que la chambre dont il est membre adresser une recommandation au Président de la République, dans le sens de l’exhorter à prendre un train des mesures de nature à renforcer le leadership et la gouvernance de qualité afin que sa vision et son action puisse avoir réellement des effets escomptés, s’inscrivant sur la voie de l’émergence vers le développement.
Par ailleurs, Augustin Matata félicite le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi ‘’pour l’engagement qu’il a pris pour la lutte contre la corruption et l’ensemble de décisions prises pour le matérialiser‘’.

Vivement ‘’un traitement de choc’’ sur les institutions pour lutter contre la corruption
La corruption, selon l’ancien Premier ministre, c’est l’un des éléments les plus examinés dans l’évaluation de la gouvernance. ‘’Elle est néfaste à la croissance économique et prend la forme d’une taxation implicite sur le capital investi. La corruption en réduit la productivité et l’efficacité‘’, souligne-t-il.
A son avis, les institutions du pays, aujourd’hui caractérisées notamment, par un niveau de corruption élevé, doivent subir un traitement de choc pour être rehaussées à un standard requis afin de lutter efficacement contre la corruption.
Donc, la corruption en tant que système d’anti-valeurs, doit être combattue par un autre système, lui, composé des valeurs, et non pas par un individu. Car un individu, exceptionnel soit-il, ne peut jamais vaincre un système sans en avoir créé un autre plus puissant.

Aussi, selon Matata Ponyo, le système de corruption est puissant parce qu’il est essentiellement composé par ceux qui ont le pouvoir, les fonctions d’influence et l’argent.
‘’La corruption absorbe les ressources nécessaires au développement. Plus la corruption est élevée, moins il y a du développement. Je dois démontrer qu’il faut un traitement de choc parce que 99% de la population est gérée par 1% de la population. Si vous voulez lutter contre la corruption, il faut lutter contre 1% de la population qui gère 99% de la fraude et de la corruption. Dès que vous le faites, vous verrez que les choses vont changer automatiquement. C’est ce que nous avons essayé de faire entre 2010 et 2015‘’, a-t-il expliqué.

Des performances macro-économiques exceptionnelles à l’ère Matata
A défaut de rester dans l’expectative en regardant la RDC, notre maison commune, s’engager dans une trajectoire en forme de cycle infernal, Matata Ponyo a jugé opportun de partager l’expérience des années 2010 en indiquant les leviers qui avaient permis d’emprunter la bonne trajectoire en forme de cercle vertueux.
Il a souligné le fait que cette trajectoire a été empruntée sans être en programme avec le Fonds monétaire international qui avait suspendu de manière unilatérale son programme avec la RDC.
‘’Les évaluations de la qualité des politiques et institutions publiques effectuées par la Banque mondiale et moi-même, votre collègue, indiquent une évolution positive au cours de la période allant de 2010 à 2015‘’, a renseigné l’ancien chef du gouvernement.

C’était le fruit d’une amélioration du leadership et de la gouvernance qui a impacté positivement la situation socio-économique du pays grâce à la mise en œuvre des politiques publiques efficaces à travers des réformes majeures, explique-t-il. Celles-ci ayant permis une gestion macroéconomique rigoureuse marquée notamment, par une augmentation significative des recettes, une affectation rationnelle et judicieuse des ressources et l’atteinte des résultats à effets multiplicateurs, avec un impact déjà quantifiable sur l’indice de développement humain.
‘’Le pays a affiché des résultats économiques impressionnants, au point qu’à partir de 2012, l’économie congolaise a été reconnue parmi les 10 économies les plus dynamiques du monde avec des taux de croissance du PIB réel supérieurs à 7% contre une moyenne de 3,5 % en Afrique subsaharienne‘’, a évoqué Augustin Matata.
Mais, il a également pu réaliser des taux d’inflation en deçà des objectifs arrêtés et les plus faibles de l’histoire du pays depuis l’indépendance.

Le taux de change du Franc congolais, par rapport au dollar américain est resté quasiment stable aux alentours de 925 FC/USD pendant près de cinq ans.
Il rappelle, en outre, qu’un vaste programme de reconstruction et de réhabilitation des infrastructures et des équipements, financé essentiellement sur ressources propres, avait été mis en place et exécuté aux fins du désenclavement du pays, de favoriser la relance économique et des secteurs sociaux notamment, dans les secteurs de l’éducation et de la santé.

Matata Ponyo regrette, cependant, que cet élan réformateur a été malheureusement brisé dès 2015 sous l’effet de l’ajustement politique des concertations nationales du Palais du peuple qui n’a pas pu intégrer les exigences de leadership et de gouvernance de qualité.

La Pros.

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