*C’est un procès à rebondissement qui s’ouvre aujourd’hui au TGI de Kinshasa/Gombe. En effet, après la première étape de l’instruction du dossier Vital Kamerhe contre la République, place maintenant aux choses sérieuses.

Si, dans cette première phase, le Ministère public a eu suffisamment de temps et d’arguments, la défense, quant à elle, s’est documentée en même temps qu’elle s’apprête à s’étendre davantage sur la forme, avant d’entrer dans le fond. Des sources proches de la partie défenderesse, l’on apprend que des éléments rassemblés révèlent tout le contraire des accusations qui ont concouru à l’arrestation, depuis le 8 avril 2020, du Directeur de Cabinet et, de surcroît, allié historique de Félix Tshisekedi, l’actuel Président de la République, dans la coalition ‘’Cap pour le changement’’.

D’abord, soulignent des sources proches de la défense de Vital Kamerhe, «contrairement aux accusations du Ministère Public qui a parlé d’un décaissement de 47 Millions USD » dans le dossier concernant la construction des maisons préfabriquées, cette commande passée à la société SAMIBO serait plutôt évaluée à 57 millions de $US dont le Gouvernement n’aurait payé qu’un acompte de 2.137.500 $US. Les précédents douteux sur le caractère fictif de la Société Samibo sur lesquels le même Ministère Public aurait fondé son accusation, relèvent, plutôt, de la responsabilité de l’ancien gouvernement qui, en son temps, ne pouvait pas conclure un marché d’une si grande portée, sans au préalable procéder à toutes les vérifications nécessaires, y compris de l’objet social de la partie contractante.

La société SAMIBO, selon la défense de Kamerhe, n’est pas fictive. Elle avait, par contre, signé le premier contrat de gré à gré pour la construction de 900 maisons avec la République Démocratique du Congo en avril 2018. Puis, un Avenant à ce contrat en 2019, pour passer de 900 à 1500 maisons. Tous ces marchés, via le Ministère du Développement Rural, ont été contractés par le Gouvernement précédent.

Cependant, la deuxième commande de la République passée à la suite de la promesse faite par le Président de la République, en vue d’améliorer les conditions de vie des Militaires et Policiers, concerne 3.000 maisons.
L’autre charge qui pèserait sur Vital Kamerhe est celle relative à la passation d’un marché de gré à gré avec l’entreprise TRADE PLUS spécialisée en quincaillerie alors qu’elle devait acheter des médicaments. Selon le Ministère public, cette société n’est non seulement pas spécialisée en produits pharmaceutiques, mais elle a également reçu 10 millions de dollars $US pour la fourniture des médicaments qui, curieusement, étaient périmés et impropres à la consommation.
En réalité, affirment les milieux proches de VK, la commande auprès de l’entreprise TRADE PLUS a été passée par le Ministère de la Santé pour un montant de 5.354.134,75 dollars US au lieu de 10.000.000 $US, comme déclaré par le Ministère Public.

Bien plus, les statuts notariés de TRADE PLUS, soutient-on, témoignent qu’elle est une entreprise qui a bel et bien pour objet social, entre autres, la Pharmacie.
Aussi, tous les médicaments commandés par le Ministère de la Santé ont-ils été livrés et réceptionnés par ledit Ministère. L’on démontre, par ailleurs, que seuls quelques items contenus dans 2 containers sur 12 livrés approchaient la date de péremption.

C’est la raison pour laquelle, ils ont été remplacés d’urgence à la demande du Ministre de la Santé, après le contrôle de qualité effectué par les services compétents de son secteur.
A ce jour, il y a lieu de noter que le Ministère de la Santé avait déjà procédé à la distribution de ces médicaments-là. Telle est la preuve, si besoin en était encore, qu’ils ont été validés, selon la partie défenderesse.

Surprise au rendez-vous
Ces révélations qui changeraient, sans doute, la donne du procès prévu ce lundi 11 mai au Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, dénotent, pour la défense et les militants de l’UNC, que l’arrestation du Directeur de Cabinet du Président de la République serait arbitraire.

La surprise reste donc au rendez-vous. Car, ce procès aux enjeux multiples, au regard de cette nouvelle contre-attaque qui commence aujourd’hui, peut bien prendre d’autres tournures.
Certes, tous les citoyens sont égaux devant la loi. Mais, tous les citoyens ont droit à l’égale protection de cette même loi. Voilà pourquoi, ils exigent, par conséquent, un procès équitable. Car, pour eux, si le droit, rien que le droit est réellement dit, Kamerhe, après plus d’un mois de détention à Makala, irait tout droit vers un acquittement.

Ils en appellent, enfin, à la responsabilité des juges afin qu’ils fassent leur travail, en toute liberté et qu’ils tranchent en connaissance de cause. Ainsi, la justice congolaise dont le blason aura été longtemps terni, retrouvera-t-elle, peu importe le temps que cela prendra, ses vraies marques sous l’ère de l’alternance démocratique.

La Pros.

 

 

 

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