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*En Afrique, la pandémie de coronavirus est certes moins intense, mais les dégâts sont bien visibles sur les fragiles économies africaines. A l’instar des économies du monde, dit développées, les économies africaines sont déjà en pleine récession. Alors que l’Afrique se bat contre le Covid-19, elle doit en même temps sauver ce qui reste encore de son économie.


Comment l’Afrique prépare-t-elle ce nouveau challenge ? Quelle leçon a-t-elle tiré de cette situation inédite ? Comment pense-t-elle relancer sa machine économique ? Autant de questions abordées ce dimanche dans l’émission « Le débat africain », animé par Alain Foka sur les antennes de Radio France Internationale.
Thème choisi : «Coronavirus, l’heure de la relance économique ».
Compté parmi les invités de RFI, le Ministre congolais des Finances, SELE YALAGHULI, pense qu’à chaque crise, il y a en même une opportunité à saisir. Si l’Afrique, note-t-il, a été épargnée de la crise de Subprimes en 2008, elle n’a cependant pas échappé au Covid-19.
La crise est là. Et ses conséquences sont déjà perceptibles, notamment sur le plan économique, a indiqué l’Argentier national. Si bien que toutes les prévisions économiques de l’année 2020 ont été fondamentalement revues à la baisse. Selon lui, le débat est de savoir comment négocier l’après Covid-19. Quelle stratégie mettre en place ?
«Il faut savoir qu’à chaque crise, quelle que soit sa nature sanitaire, humanitaire ou économique correspond de nouvelles opportunités qu’il faut saisir. C’est le moment pour l’ensemble des pays africains de pouvoir aller vers un nouveau paradigme de développement pour savoir comment se délester de la dépendance extrême à l’économie internationale afin de s’ériger en des économies autonome et intravertie au niveau des économies africaines », soutient le Ministre des Finances de la République Démocratique du Congo.
Comme piste de solution à la relance des économies africaines, Sele Yalaghuli propose d’explorer d’autres paradigmes. Le Covid-19, se défend-il, donne l’occasion à l’Afrique de repenser son modèle de développement. Il est temps, selon lui, de renforcer la résilience des économies africaines dans le contexte de coronavirus. Il ne s’agit, rappelle-t-il, d’inventer la roue.
«Les recettes sont connues, à savoir la diversification des activités économiques, de l’industrialisation des pays africains, de la désaccoutumance aux matières premières et de la mobilisation efficiente des ressources financières pour les affecter aux investissements utiles à rendre attractives les économies africaines », prône le Ministre des Finances de la RDC.
Le Ministre Sele Yalaghuli pense qu’il y a une nette volonté politique des dirigeants de mutualiser leurs efforts dans ce sens. Il prend pour référence la dernière réunion de l’Union Africaine, tenue en visioconférence, où des Chefs d’Etat de différents blocs sous-régionaux, dont le président Félix Tshisekedi, en sa qualité de premier vice-président de l’Union africaine, ont échangé sur les stratégies à mettre en œuvre au niveau continental pour permettre à l’Afrique de mettre en place un stratégie de sortie et de relance de l’économie après la vague du Covid-19.
«A l’issue de cette réunion, les Chefs d’Etats ont convenu de se mettre ensemble pour relancer la machine économique », s’est félicité le Ministre des Finances.
Economiste de son état, Sele Yalaghuli a indiqué qu’il n’a jamais cru en l’existence d’un modèle économique applicable à tous les pays où à tous les continents de la même manière parce que « chaque pays a ses spécificités et contingences historiques, institutionnelles et culturelles ».
Le moment est venu, soutient-il, pour l’Afrique de sortir des sentiers battus. « Au niveau national, il faut que les politiques soient bien définies et suivies de manière intergénérationnelle parce que les pays africains sont confrontées à la politique de Stop and Go c’est-à-dire, les ruptures, un régime arrive et met fin aux acquis du régime précédent tout en mettant en place une nouvelle politique ignorant totalement ce qui avait déjà été fait or il faut prôner une politique de continuité. Nous devons tirer les leçons historiques de développement des autres continents ».
La relance de l’économie ne peut être possible qu’en mutualisant les efforts sans que les regroupements économiques régionaux et sous régionaux ne substituent en plateformes supranationales qui devraient être en mesure de détracter la machine au niveau de chaque pays. Il a encouragé chaque pays à avoir une politique appropriée et coordonnée étant donné que sous le plan sous régional il s’observe une convergence des critères macroéconomiques et réels.
Si le Ministre des Finances salue le geste louable du Fonds Monétaire International qui vient non seulement d’effacer le service de la dette de nombreux pays africains, tout en leur accordant des appuis budgétaires conséquents pour soulager leurs balances des paiements, il note cependant que l’Afrique doit se prendre en charge.
«Nous avons connu l’initiative PPTE en 2010 qui a entrainé l’effacement de la dette bi et multilatérale de beaucoup de pays. Mais dans une analyse ex post des avantages de ce mécanisme on constate que ceci n’a pas permis à l’Afrique d’avancer. D’où, il faut être pragmatique en étudiant comment diversifier les économies africaines, d’industrialiser et de promouvoir les PME. Pour ce dernier cas il est préférable de cibler ce qu’elles peuvent produire et leurs apporter les crédits nécessaires dans ces domaines. Sans vouloir ouvrir une brèche sur les politiques monétaires africaines communes je vous informe qu’en ce qui concerne la RDC la Banque Centrale a ouvert une ligne de crédit pour apporter un soutien aux PME de manière à garantir la résilience dans la microéconomie », a fait remarquer le Ministre des Finances.
Face au tableau sombre qui se dessine, il est donc impérieux, préconise Sele Yalaghuli, de « savoir ce qu’il faut produire pour nourrir l’Afrique, électrifier le continent de manière concrète à apporter des solutions au cas par cas plutôt que des discours dithyrambiques et laudatifs sur les potentielles richesses des terres arables de l’Afrique alors qu’il faut se nourrir».
Il y a lieu de rappeler que cette émission d’Alain FOKA a connu la participation du Dr. CHEICK KANTE, Ministre chargé du plan du Sénégal émergent, Célestin TAWAMBA, Président du Groupement Interpatronal du Cameroun et Président de l’Union des Patronats d’Afrique Centrale, ainsi que PAOLO GOMES, Cofondateur de New African Partners.

 

«Prenons conscience et agissons sans tarder»
(Par David Menge, Docteur en Histoire des Sciences)

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