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Certes, toutes les grandes puissances mondiales se sont inclinées devant l’irrespectueuse pandémie de coronavirus, mais au final, il y aura bien une leçon à tirer pour chacune d’elles, même pour les pays les moins développés.

En Afrique, particulièrement, les décennies ponctuées par la mauvaise gouvernance, la corruption, l’impunité et les crimes fiscaux les plus odieux portent actuellement leurs fruits. Des fruits aigres, évidemment. Le continent a mis énormément de temps avant d’accueillir les premiers cas infectés, alors qu’ailleurs notamment en Chine, en Italie et en Espagne, les gouvernements ne disposaient que d’une minute maximum pour enterrer leurs compatriotes avant d’enregistrer un autre cas de décès dû à l’épidémie. Avec des systèmes sanitaire, économique, social et sécuritaire au point, l’Afrique, subsaharienne principalement, aurait pu s’épargner de compter les morts.

L’épidémie a moins d’impact majeur sur le continent, du moins pour le moment, en termes de perteen vies humaines. Cependant, l’Organisation mondiale de la Santé et plusieurs institutions internationales préviennent le pire pour l’Afrique, où la population tarde à prendre la maladie au sérieux. Des stratégies se peaufinent dans les cabinets ministériels et les laboratoires scientifiques d’abord pour limiter les risques de propagation de la pandémie, mais surtout pour y mettre définitivement fin.
Malheureusement, la mise en application de certaines mesures prises pour stopper la contamination se bute à l’impréparation de nombreux pays face à ce genre de situation qui, pour cette fois, est carrément d’une dimension difficilement maitrisable.
En République démocratique du Congo par exemple, la perception des choses par la population a souvent été un frein pour l’acceptation d’une décision ou la mise en pratique de celle-ci. Et cela, depuis plusieurs années, et au cours du règne de nombreux dirigeants qui pour la plupart sont à la base de cet obstacle du changement.

Le secteur de l’éducation n’a presque pas évolué, et ce que l’on a autrefois appelé changement de mentalité n’était, une fois de plus, qu’un slogan grandeur nature pour justifier un poste, des pots de vin et une incompétence avérée. On prêche conscience citoyenne alors qu’on détourne l’argent du contribuable, on avance respect de la loi alors qu’on sape les conditions de passation des marchés publics. Résultat, tout le monde ne prend personne au sérieux, chacun s’oppose à tout, et le pays avance à reculons.
Aujourd’hui, face à la terrible épidémie de covid-19, nombre de congolais se montrent toujours sceptiques à l’existence de la maladie. Bien que la culture ou la tradition influe en partie sur cette perception, les raisons avancées par plusieurs laissent à désirer. Le niveau de réflexion et d’analyse intellectuelle est biaisé… le pays est donc tombé si bas ?

Se reconstruire, un impératif
Pour ce qui est du secteur de la santé, l’Etat congolais a toujours montré ses failles. Les hôpitaux publics de référence sont à compter au bout des doigts, et ceux qui existent sont pour la plupart dans un état d’abandon frisant l’inexplicable.
Oui, dans les pays les plus développés, les gens meurent par milliers. Mais, les gens guérissent aussi par milliers. La pandémie aurait, sans doute, causé le double, voire le triple de dégâts si leur système sanitaire n’était pas suffisamment adapté.
Si la solution de la chloroquine fonctionne avec succès dans les prochaines semaines ou les prochains mois, l’Afrique lâchera un ouf de soulagement mais devra surtout se servir de cette situation impromptue qui secoue le monde pour s’auto-évaluer et miser qualitativement sur les années à venir.
En économie, le continent est resté loin derrière, hormis certains pays comme le Nigéria, l’Angola ou le Rwanda, qui servent depuis quelques années d’exemples probant d’une gestion rigoureuse des finances publiques.

La corruption et toutes les bavures financières qui ont fait des dirigeants africains, en général, des richissimes hommes d’affaires, n’ont pas aidé à contribuer à l’avancement de plusieurs pays. Entre des millions volatilisés au service d’intérêts politiciens et familiaux et le regard inactif d’une population laissée-pour-compte, le coronavirus ne fait qu’insister sur les plaies « incicatrisables » de l’Afrique.
La dynamique de mobilisation de recettes que le chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, et son Premier ministre, Ilunga Ilunkamba, ont tenté d’instaurer à l’entame de cette année 2020 font face aux dépenses de la riposte contre le covid-19. C’est un coup dur pour les économies mal classées et qui auront besoin d’un nouveau départ, cette fois sur de bonnes bases, pour se relancer.

Il est peut-être temps pour les dirigeants et futurs dirigeants africains de prendre conscience quant à l’avenir du continent. Il faudrait que les « faiseurs de rois » ne s’attardent pas à transmettre les idéaux égoïstes d’une politique « ventriote », mais forment des jeunes à l’amour de la patrie, au respect des textes et au sacrifice pour un grand nombre.

Boris Luviya

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