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Le Directeur de cabinet du Président de la République, Vital Kamerhe, est en détention provisoire depuis le mercredi 8 avril dernier à la prison centrale de Makala. Il y a été conduit après son audition sur la gestion des fonds alloués aux travaux de 100 jours du Président de la République.

Cependant, ses avocats crient à un scandale dans cette affaire qui a démontré ‘‘sa couleur politique’’. Ils plaident, de ce fait, pour la dépolitisation de ce dossier afin que la vérité éclate au grand jour. Par ailleurs, les avocats dénoncent les conditions de détention du Dircab du Chef de l’Etat qui, à les en croire, serait placé dans une chambre collective d’au moins 16 personnes, sans climatisation. Pire, ajoutent-ils, les autorités pénitentiaires ne concèdent aucune chambre vip à Vital Kamerhe qui, jusqu’à preuve du contraire, demeure le Directeur de cabinet de Félix Tshisekedi.

Les avocats du Directeur de cabinet du Président de la République dénoncent une main noire dans le dossier qui a conduit leur client en prison. Pour Me John Kaboto, il s’agit là d’un dossier purement politique. ‘’Il y a une main noire. C'est un dossier purement politique. Parce que M. Vital Kamerhe est un Directeur de Cabinet en fonction, il a une résidence bien connue, sa fuite n'est pas à craindre. Voilà les trois éléments pouvant motiver le juge instructeur du dossier’’, souligne cet avocat qui a assisté Vital Kamerhe pendant le temps de son audition. Là où le bât blesse, c’est lorsque l’instructeur sort de la salle pendant plus de 30 minutes. ‘’Nous pensons que c’est là où l’ordre de l’arrestation du Directeur de cabinet a été donné’’, note-t-il. Pour lui, la réponse à l'invitation du parquet prouve clairement que M. Vital Kamerhe tenait absolument à coopérer ou collaborer avec la justice. ‘’Mais, le détenir de cette façon, nous avons dénoté la main noire. Surtout le retrait du Magistrat instructeur qui est allé communiquer pendant une trentaine de minutes. Voilà ce qui a prouvé que la décision émanerait d'un complot politique et non d’un dossier purement judiciaire’’, poursuit Me John Kaboto. Ce dernier fustige également le fait que l’instructeur posait des questions qui n’avaient rien à voir avec le dossier de 100 jours. ‘’Il y a même eu des questions sur la vie privée du Directeur de cabinet. Une instruction avec près de 51 questions, allez-y comprendre. Mais, malgré ça, le Directeur de cabinet a répondu à toutes les questions avec un très grand succès. Après avoir posé plus de 51 questions, ce magistrat instructeur est sorti nous abandonnant avec Vital Kamerhe pour revenir après 30 minutes’’, déplore-t-il.
‘’Jusque-là, il n'y a pas encore d'infractions retenues. Notre client jouit encore de la présomption d'innocence parce que nous ne sommes pas au tribunal pour que nous soyons en face d'une décision de justice l'incriminant d'une manière ou d'une autre. Ce qui était curieux dans cette affaire, d’abord c’est le fait de limiter le nombre des avocats (3) qui devait assister M. Vital Kamerhe. L'instruction a été sanctionnée par 51 questions posées à M. Kamerhe sur la réalisation des ouvrages, déroulement des travaux et décaissement des fonds. Ce qui nous a étonné, c'est qu'ils sont allés ultra petita, c'est-à-dire, poser des questions qui n'ont rien à avoir avec le programme de 100 jours’’, a dit Me John Katobo.

Les avocats préparent la défense
Me John Katobo a affirmé que le collectif des avocats du Directeur de cabinet du président de la République et Président national de l’Union pour la Nation Congolaise sont à pied d’œuvre pour préparer la défense. ‘’Nous nous préparons (organisons) pour intervenir en chambre de conseil pour la régularisation de sa détention. Comme nous sommes procéduriers, nous devons introduire une lettre de demande de sa mise en liberté provisoire. Il va continuer à coopérer avec la justice. Il doit se présenter à tout bout de champ à chaque fois que le Magistrat aura besoin de lui’’, a-t-il souligné.

Pas de démission à l'ordre du jour
‘’M. Kamerhe a été invité afin de renseigner la justice. Pour votre gouverne, le dossier était déjà clôturé et envoyé au parquet général près la cassation. C'est après une quinzaine de jours que le procureur général près la cassation a pu retourner le dossier avec les annotations. Et, au demeurant, quand le magistrat instructeur était en train d'inviter les acteurs qui ont pu intervenir dans le dossier 100 jours, M. Kamerhe n'a pas été invité parce que le magistrat n'avait pas trouvé d'opportunités de l'appeler, surtout que les dépositions des autres étaient tout à fait claires’’, a-t-il dit. Et de poursuivre que la question de démission du Directeur de Cabinet n’est pas encore à l’ordre du jour.

Justice équitable
Sans ambages, les avocats de Vital Kamerhe dénoncent les attitudes de la justice congolaise. ‘’…Nous déplorons le comportement de notre justice. Qu’à cela ne tienne, il faut un minimum de respect des droits humains. C'est un père de famille, ce quelqu'un qui travaille beaucoup pour la nation et surtout que sa fuite n'est pas à craindre. Ce que nous demandons, c'est sa liberté provisoire parce ce qu'il n'a pas été incriminé. En tout cas ni de près, ni de loin dans ce dossier. Il a été invité seulement pour renseigner la justice. Et, nous trouvons que c'est une humiliation. Ce sont des calculs politiciens que nous déplorons. Le dossier doit être dépolitisé’’, conclut-il.

Kevin Inana

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