Flash

Au cas où le choc lié à la propagation de la pandémie de covid-19 en République démocratique du Congo se poursuivait au-delà de juin 2020, l'économie congolaise entrerait en récession, signale la Banque Centrale du Congo. La RDC qui enregistre déjà plusieurs dizaines de cas de contamination, subirait alors de durs effets directs et indirects de cette épidémie sur le plan macroéconomique.

C’est dans cette optique que des mesures exceptionnelles ont été prises, vendredi 27 mars 2020, autour de l’Exécutif central, pour atténuer l'impact de ce choc. Ces mesures qui se rapportent notamment, à l'activité économique, aux ménages et à la politique budgétaire devraient avoir comme objectifs de soutenir l'économie nationale, éviter la faillite des entreprises et préserver le pouvoir d'achat des ménages et, par ricochet, le bien-être de la population.

Cette réunion fait suite à la séance de travail amorcée le jeudi 26 mars dernier par le Premier ministre Sylvestre Ilunga au sujet des mesures d'atténuation des effets néfastes du COVID-19 sur l'économie congolaise. C’était en présence des Ministres sectoriels, du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo et des responsables des régies financières et de quelques entreprises publiques.
Concrètement, une poignée de décisions a été prise dans le but de soutenir l'offre des produits de première nécessité, la demande des ménages pour les produits de première nécessité, mais aussi des mesures de politique budgétaire et celles de politique monétaire, de change et sur le secteur financier.

Des options levées
L'Exécutif central a levé plusieurs options, entre autres, l'exonération pour une durée de six mois de tout impôt, droit, taxe et redevance sur l'importation et la vente des intrants et produits pharmaceutique ainsi que sur les matériels et équipements médicaux ; l'enlèvement d'urgence des intrants et produits pharmaceutiques actuellement sous douane, la suspension pour une période de trois mois de l'application des pénalités en cas de retard dans le dédouanement des marchandises et des produits de première nécessité, la suspension pour une durée de trois mois du paiement de l'impôt sur les revenus locatifs à charge des Entreprises, le soutien pour la relance des activités des entreprises au moyen d'un financement du Fonds pour la Promotion Industriel (FPI) à taux zéro, la suspension durant une période de trois mois de certaines missions de contrôle fiscal, parafiscal et économique dans les entreprises.

Concernant les mesures en faveur des ménages, il a été notamment décidé l’octroi, durant une période de deux mois, de la fourniture d’eau et d’électricité à titre gratuit aux ménages, aux hôpitaux ainsi qu’aux MPME frappées par la mesure de fermeture.
Mais également l’interdiction de déguerpissement des locataires n’ayant pas pu honorer leurs engagements uniquement de la période de mars à juin 2020.

Pour le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), ces mesures exceptionnelles visent à éviter que le pays entre en récession si la crise sanitaire causée par la pandémie du Covid-19 s'étend jusqu'au mois de juillet 2020. Il sied de rappeler ici qu’une commission spéciale multisectorielle a été mise en place, sous l'initiative du Premier Ministre Ilunga Ilunkamba, pour analyser la situation économique du fait de la pandémie à coronavirus et arrêter des mesures pour soutenir notamment l'offre, la demande des ménages, la politique budgétaire et stabilité monétaire en RDC.
Autres mesures particulières prises, le renforcement par la Direction Générale des douanes et accises du Sydonia pour que le dédouanement se fasse le plus rapidement possible, l'orientation vers le Guichet unique de toutes les perceptions douanières connexes qui s'effectuent encore en dehors dudit Guichet, la levée des barrières policières et postes de contrôle à l'intérieur du territoire national sur les voies d'acheminement des produits de première nécessité.

L’économie congolaise en pente
L’équipe pluridisciplinaire réunie à la Banque Centrale pour suggérer des actions à charge note que le pays présentait déjà des vulnérabilités avant le choc lié au Covid-19, depuis le début de l'année 2020. Notamment, le ralentissement de la croissance.
Actuellement, l'économie congolaise ressent durement les effets néfastes du choc lié à la propagation de cette pandémie qui assombrissent ses perspectives. Cependant, avec la crise, l'aggravation de ces vulnérabilités auront des conséquences extrêmement graves sur la RDC, d’autant plus que son économie est dépendante de l'extérieur et l'Etat ne dispose que d'une très faible marge de manœuvre. Les mesures adoptées pourront certainement décanter tant soit peu la situation, et alléger la charge de nombreuses familles.

A ce titre, Il a été proposé et adopté la création d’un comité de suivi-évaluation de la mise en œuvre des mesures d’atténuation des effets négatifs de la pandémie covid-19 sur l’économie nationale. Elle aura pour objectif d’apprécier la réalisation des actions par rapport au rythme prévisionnel et mesurer leur impact par rapport aux résultats attendus. Ce comité sera présidé par le Premier ministre.
Notons, par ailleurs, que le ministère de l'Economie a listé tous les produits de première nécessité ou produits de consommation de masse pour le bien-être de la population. Il s’agit, entre autres, du riz, sucre local et importé, des poissons surgelés, volailles, bières locales mais aussi des fruits.

La Pros.

 

MESURES URGENTES POUR L’ATTENUATION DES EFFETS NEGATIFS DE LA PANDEMIE DU COVID-19 SUR L’ECONOMIE NATIONALE
Mémorandum à l’attention de S.E.M. le Premier Ministre, Chef du Gouvernement
Kinshasa, mars 2020
Ce document esquisse un ensemble de mesures destinées à atténuer les effets sur l'économie nationale de la pandémie du Coronavirus (Covid-19). En effet, depuis le début de l'année 2020, le pays présentait déjà des vulnérabilités avant le choc lié au Covid-19 : ralentissement de la croissance, baisse des excédents de la balance des paiements, déficit budgétaire occasionné par les dépenses sécuritaires (conflits armés), sanitaires (épidémie d'Ebola à l'Est), de prise en charge des catastrophes (invasion des criquets), etc. Actuellement, l'économie congolaise, à l'instar de celle de nombreux autres pays d'Afrique subsaharienne, ressent durement les effets néfastes du choc lié à la propagation de cette pandémie qui assombrissent ses perspectives.
Avant la crise du Covid-19, le rythme de croissance de l'activité économique s'était déjà affaibli, avec une hausse de 4,4 % du PIB réel en 2019 et une prévision initiale de 4,1 % en 2020, comparativement à la moyenne de 6,4 % observée entre 2010 et 2017. Quoiqu'en baisse en 2019, le taux d'inflation est caractérisé par la volatilité sur le long terme, de même que le taux de change qui a enregistré une dépréciation de 2,3% en 2019 et de 1,9% aux trois premiers mois de 2020. Au 24 mars 2020, les opérations financières de l'Etat renseignent un déficit de 363,0 milliards de CDF alors qu'elles s'étaient déjà clôturées par un déficit de plus de 500,0 milliards de CDF en 2019. S'agissant des réserves internationales, en dépit de l'appui de USD 368,4 millions du FMI, les réserves internationales demeurent faibles et sont en fonte continue, se chiffrant à USD 695,0 millions au mois de mars 2020, venant de USD 819,0 millions à fin décembre 2020.
Avec la crise, l'aggravation de ces vulnérabilités auront des conséquences extrêmement graves sur la RDC, d’autant plus que son économie est dépendante de l'extérieur et l'Etat ne dispose que d'une très faible marge de manœuvre. Les prévisions révisées de croissance tablent déjà sur un taux de 1,1 % en 2020 au cas où la crise s'arrêterait au mois de juin 2020. Au cas où le choc se poursuivait au-delà de juin 2020, l'économie congolaise entrerait en récession. La RDC qui enregistre déjà plusieurs dizaines de cas de contamination, subirait alors de durs effets directs et indirects de cette pandémie sur le plan macroéconomique.
Pour atténuer l'impact de ce choc, il est impérieux de prendre des mesures exceptionnelles. C'est dans ce cadre qu'une équipe pluridisciplinaire s'est réunie à la Banque Centrale pour suggérer des actions à charge, principalement, des pouvoirs publics. Le tableau qui suit, présenté sous la forme de matrice, en reprend l'essentiel, classé suivant que les mesures ad hoc se rapportent (i) à l'activité économique (soutien à l'offre); (ii) aux ménages (soutien à la demande); (iii) à la politique budgétaire ; (iv) à la politique monétaire et au système financier ; (v) aux autres domaines et (vi) au suivi et à l'évaluation de leur application. Ces actions devraient avoir comme objectifs de (i) soutenir l'économie nationale, (ii) éviter la faillite des entreprises et (iii) de préserver le pouvoir d'achat des ménages et, par ricochet, le bien-être de la population.
Cependant, même si les mesures sanitaires ne sont pas reprises intégralement dans ce tableau étant donné qu'elles sont déjà prises en charge par Taskforce ad hoc, la priorité absolue du Gouvernement demeure la protection de la santé des personnes, la prise en charge des malades et le ralentissement de la propagation du virus. Dans cette optique, la politique budgétaire devrait privilégier les dépenses de santé et prioriser les mesures de soutien, y compris en matière d'approvisionnement en produits pharmaceutiques et d'acquisition des équipements médicaux.
Pour en faciliter le suivi dans le cadre de la gestion axée sur les résultats, les rubriques liées aux objectifs (impact attendu), à la répartition des responsabilités des acteurs et à l'échéance (délai d'exécution) ont été rajoutées. C'est ici le lieu de mentionner que les actions à charge de la Banque Centrale du Congo ont, en grande majorité, déjà été réalisées dans une dynamique de proactivité.

Pin It

Statistiques

9792899
Aujourd’hui
Hier
Cette semaine
La semaine passée
Ce mois
Le mois dernier
Au total
27073
34122
156103
9434426
685383
938558
9792899

Your IP: 52.3.228.47
2020-09-24 22:14

Nos Partenaires

  • africatime.jpg
  • africa_n1.jpg
  • allafrica.jpg
  • logo-monusco.jpg
  • okapi.jpg