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*Le 15 mars tombe un dimanche. Du coup, la session ordinaire du Parlement sera ouverte vingt-quatre heures plus tard, le 16 mars. Mais, au regard de derniers développements, illustrés par d’acerbes scènes de ménage entre les partenaires du FCC-CACH, il est à présager une cohabitation difficile dans les travées de l’Assemblée nationale.

Car, outre l’examen des classiques arriérés parlementaires, s’inviteront des dossiers brûlants qui font tanguer la coalition au pouvoir. Des hauts et des bas à venir, préventivement revisités dans le souci de désamorcer une bombe qui ferait trembler sur ses bases, l’équilibre déjà fragile d’institutions politiques hors normes.
C’est peu dire d’affirmer que la rentrée parlementaire de mars 2020, le 16 de ce mois, sera porteuse d’enjeux capitaux, qui décideront de l’avenir de la coalition FCC-CACH. Sans verser dans un pessimisme béat, l’évolution de la politique nationale au cours de trois derniers mois ne laisse pas entrevoir des indicateurs flatteurs penchant pour une cohésion sans faille des institutions au sein desquelles des nouveaux, venus ne cachent pas leur détermination à en découdre avec les vieux de la vieille qui n’entendent pas lâcher prise après deux décennies d’exercice d’un leadership ambivalent.

Mises à part, les convulsions latentes entre les partenaires FCC-CACH, l’Assemblée nationale aura trois mois à venir pour examiner, débattre et adopter des lois qui, à première vue, s’apparentent à un parcours des combattants.
Lourdeurs et lenteurs électorales
Neuf mois après la fin du mandat du Bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), et le dépôt, par son Président Corneille Nangaa, de son rapport sur la table de la nouvelle assemblée nationale, son examen n’a jamais été inscrit à l’ordre du jour.
Or, il est inconcevable d’organiser le dernier round du processus électoral sans tenir compte des observations soulevées par la CENI. Même si les institutions en place ne semblent pas faire grand cas des élections urbaines, municipales et locales initialement prévues en 2019, et que leur perspective est régulièrement renvoyée aux calendes grecques, d’autres contraintes électorales ne sauraient être purement et simplement éludées sans autre forme de procès.

D’abord, des voix s’élèvent pour une révision de certaines dispositions de la Constitution. Allusion faite notamment, aux questions liées à la double nationalité, conformément au vœu émis par Félix Tshisekedi dans son discours sur l’état de la Nation.
La loi électorale sera de même à l’ordre du jour ; une large frange de parlementaires militent pour une réduction des frais d’organisation des élections, à l’instar du changement du mode de scrutin, concernant particulièrement l’élection du président de la République au second tour. Cette opinion soutient, quant à elle, le retour au vote présidentiel à deux tours.
Cependant, la fiabilité des futurs scrutins repose sur la révision du fichier électoral devenu obsolète. La paralysie prolongée de la mise en place d’un nouveau bureau de la CENI prolonge d’autant les incertitudes quant à l’enrôlement de nouveaux majeurs, d’anciens exilés revenus au pays, de militaires et policiers revenus à la vie civile, etc.
L’heure est venue de dégager un consensus sur les conditions techniques des élections prochaines, par exemple, sur l’usage ou non de la machine à voter ainsi que l’accompagnement de la Communauté Internationale.

Hypothèques sur la loi des Finances 2020
A la suite des conclusions de la mission du Fonds monétaire international (FMI), appelant à des mesures drastiques en vue de l’accroissement des recettes de l’Etat, jugées faibles contrairement aux dépenses en croissance exponentielle, la publication, dans la foulée, du ‘’Plan de Trésorerie 2020’’ du ministre des Finances rabattant le niveau des recettes projetées dans la loi des finances des quelques 18 milliards de FC à 15 milliards à peine, soulève des montagnes autour de l’ambition démesurée d’un budget de 11 milliards de dollars.

Un sujet de controverses où FCC et CACH se tirent à boulets rouges ; les premiers soutenant le caractère réaliste de l’argentier national, alors que les seconds n’y voient que la volonté de torpiller les actions du Chef de l’Etat.
Le Budget 2020 revu à la baisse, il devient évident que la réduction du train de vie des institutions et de leurs animateurs s’impose d’elle-même. A défaut d’un remaniement intégral de l’équipe gouvernementale, au moins sa révision à la baisse est de nature à soulager des finances publiques exsangues.

Sans conteste, l’épineuse question de l’Impôt professionnel sur les revenus (IPR) sera en vedette dans l’hémicycle. A la base d’une série de grèves et de mécontentements généralisés, le Premier ministre s’en est lavé les mains, EN renvoyant la patate chaude au Parlement, premier responsable de l’inclusion de l’IPR dans la loi des finances 2020.

Mains propres, interpellations sélectives, l’UNIKIN fermée…
Mais, s’il est un sujet qui cristallisera particulièrement les débats à l’Assemblée nationale, c’est bien la chasse engagée contre les chefs des entreprises poursuivis ou détenus pour le détournement présumé des fonds décaissés pour la construction des travaux des sauts-de-mouton ou des logements sociaux.
Les Députés voudront en savoir plus sur les mécanismes d’attribution des marchés, et rétablir la vérité dans un dossier explosif qui risque d’éclabousser le directeur de Cabinet du Président de la République que bien d’élus souhaiteraient, peut-être, entendre dans le cadre d’une interpellation.

Il n’est pas exclu que le FCC soulève la question des mesures de privation de déplacements que les services de la Présidence de la République et des Affaires étrangères ont fait subir ces derniers temps à certaines personnalités ayant joué un rôle-clé dans le régime précédent. L’humiliation infligée à Kalev Mutond, Ramazani Shadary, Marcellin Cishambo et Jaynet Kabila à l’aéroport International de N’djili est restée en travers de la gorge des hauts cadres du FCC qui, immanquablement, demanderont des comptes.

Plus qu’une semaine donc, avant l’ouverture de cette session ordinaire du Parlement, cinq semaines après la fermeture de l’Université de Kinshasa sur laquelle plane la menace d’une année blanche. Comme on le voit, la session en instance d’ouverture ne sera pas de tout repos. Au contraire.

La Pros.

 

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