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*Un groupe de Députés provinciaux ont rencontré ce jeudi 5 mars le ministre du gouvernement central en charge des Relations avec le Parlement, Déo Nkusu.

Au centre des échanges : le gel de leurs rémunérations qui accusent des arriérés de 7 mois pleins. La démarche vient remettre en lumière, les difficultés de fonctionnement de toutes les Assemblées provinciales – à quelques exceptions près -, sevrées depuis les gouvernements successifs de Matata Ponyo, Samy Badibanga et Bruno Tshibala, de la rétrocession de 40% des recettes provinciales, telle que prévue par la Constitution. D’autres considérations, plus politiques, renforcent la paralysie des organes délibérants provinciaux.

La visite des Députés provinciaux auprès du ministre des Relations avec le Parlement n’est pas la première du genre. Régulièrement, les Présidents de ces organes délibérants sont reçus au ministère de l’Intérieur et jusqu’à la Primature. Des correspondances sont échangées à une cadence hebdomadaire ; des appels qui reçoivent la même réponse : leurs doléances seront transmises à ‘’la Hiérarchie, pour dispositions’’.
Sont également évoquées, les conditions posées par la dernière mission du Fonds monétaire international qui a insisté sur une révision drastique de la politique de maximisation des recettes publiques fort en-deçà de dépenses qui, elles, accusent une augmentation exponentielle. La dernière révision attendue à la fin du mois de mars déterminera, dans le meilleur des cas, la reprise du programme avec l’institution de Bretton Woods, et un premier décaissement des quelques 384 millions de dollars. En attendant, il est recommandé de se serrer la ceinture.

Il n’est pas certain que ce message soit entendu, dès lors qu’il se trouve des Assemblées provinciales en butte à des turbulences politiques qui menacent de paralysie le fonctionnement concerté avec leurs Exécutifs respectifs.
Le chef de l’Etat l’a compris, quand il déclarait, dans son discours sur l’état de la Nation devant le Congrès le 13 décembre 2019 : « L’effervescence observée ces derniers jours avec le foisonnement de motions de défiance au niveau des provinces m’inquiète sérieusement. Cela constitue les germes de déstabilisation des provinces. Cela devient encore plus grave quand ça porte sur des provinces à problèmes sécuritaires. Comment, dans ces condi¬tions, deux mois seulement après la mise en place de ces institutions, faire face aux défis de leur stabilité ? Tout en invitant les animateurs des institutions provinciales tant au niveau légis¬latif qu’au niveau exécutif d’observer leurs prérogatives dans le respect des lois de la République, ils doivent s’abstenir de tout acte qui puisse bloquer le bon fonctionnement des provinces ».

Félix Tshisekedi faisait allusion à la déchéance des gouverneurs du Kongo Central, du Sankuru, du Haut-Lomami et de l’Ituri, auxquels les élus provinciaux avaient retiré leur confiance pour des motifs variés, allant d’un scandale sexuel pour Atou Matubuana du Kongo Central aux détournements de deniers publics pour son collègue Jean Bamanisa de l’Ituri, entre autres. Ce dernier a depuis été blanchi par la Cour constitutionnelle, tandis que les autres sont en fonction, les résultats des enquêtes menées par une commission interministérielle conduite par le VPM de la Justice n’ayant jamais été rendues publiques.

Il s’ensuit que les Assemblées provinciales sont obligées, à leur corps défendant, de composer avec des gouverneurs qui comptent plus sur ‘’la tutelle’’, en l’occurrence le ministre de l’Intérieur du gouvernement central qui use et abuse de la prise de position du président de la République, au détriment des entités provinciales dont ils sont l’émanation.
Les appels à l’harmonie et à la cohésion des institutions provinciales resteront lettre morte aussi longtemps que les Assemblées provinciales n’auront pas les moyens de leur politique, par l’instauration effective de la Caisse de péréquation, étant entendu que toutes les provinces ne peuvent prétendre compter sur le fruit de la rétrocession, la plupart d’entre elles faisant des aléas du découpage territorial qui les prive de l’essentiel des sources de leurs recettes. Sans omettre le capital-confiance difficile à rétablir entre les organes délibérants et les chefs des Exécutifs recroquevillés sous le parapluie protecteur de Kinshasa.

La Pros.

 

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