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Les Evêques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo sont en session de formation depuis lundi 02 mars 2020, dans la salle Bienheureuse Anuarite du Centre d’accueil Caritas dans la commune de la Gombe.

Cette session porte sur la protection des mineurs dans l’Eglise famille de Dieu en République Démocratique du Congo. Durant ces trois jours, les Evêques vont travailler avec des experts dans le but de savoir comment prévenir et combattre le drame des abus sur les mineurs ainsi que les moyens d’accompagnement des enfants. Cette session a connu la participation de Monseigneur Ettore Balestrero, le Nonce Apostolique et le Père Luc Lalane de Rome.

La session s’est ouverte par une célébration eucharistique dite le cardinal Fridolin Ambongo, Vice-président de la CENCO. Dans son homélie, il a déploré la situation des enfants dans la ville-province de Kinshasa. Dans sa prise de parole, Mgr le Nonce Apostolique a souligné que le but de cette session est aussi celui d’approfondir, d’une façon pratique, le processus administratif, spécialement dans les cas réservés à la compétence de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de ceux qui relèvent de la compétence de la Congrégation de l’Evangélisation des Peuples. Il a profité de l’occasion pour annoncer officiellement que l’Accord-cadre entre le Saint Siège et la RDC sur les matières d’intérêt commun est entrée en vigueur avec l’échange des instruments de ratification qui a eu lieu le 17 février dernier au Vatican.

Pour le président de la CENCO, Mgr Marcel UTEMBI, face aux délits qui portent atteinte à la dignité de l’enfant, il estime que l’Eglise a le devoir de bien administrer la justice pour faire de l’Eglise une maison sûre. A en croire l’abbé Georges KALENGA, deuxième Secrétaire général adjoint de la CENCO, lutter pour qu’aucun enfant ne soit abusé dans l’Eglise et faire de l’Eglise un lieu sûr, font partie des objectifs que poursuivent les Evêques en organisant ces assises. «C’est pour répondre à l’appel du Pape François lancé dans la lettre apostolique en forme de motu propio intitulé : VOS ESTIS LUX MUNDI qui veut dire ‘’Vous êtes la lumière du monde’’, que la CENCO entreprend depuis un bout de temps, la session sur la protection des mineurs. L’abus sur le mineur ne peut se réduire qu’au sexe. Le fait d’abandonner un enfant constitue un abus », a-t-il dit. A la question sur la mise en place d’un tribunal ecclésiastique, l’abbé KALENGA signale que cela existe depuis plusieurs années dans les diocèses.

Ornella Muleka

Discours du Nonce Apostolique en RDC, Mgr Ettore Balestrero, à l’ouverture de la session sur la protection des mineurs.
Excellences, chers prêtres et juristes,
Le Séminaire de ces jours est très important pour l’Eglise en RDC, et c’est avec raison que la Nonciature l’a proposé en assurant l’accompagnement et le financement.
L’Eglise universelle est en train d’attribuer aux Evêques un grand espace pour l’exercice de leur fonction de juges dans leurs Diocèses respectifs.
Le rôle du juge a toujours une empreinte pastorale pour autant qu’elle conduise à la communion entre les membres du peuple de Dieu. Cela demande, cependant, de la part des Evêques, une grande responsabilisation et compétence. Avec le Motu proprio Comme une amante, de juin 2016, les Evêques eux-mêmes sont appelés à rendre compte et peuvent être révoqués s’ils ont été gravement négligeant dans l’exercice de leur charge pastoral.
Pour ce qui regarde ce pays, et l’Eglise en général, cela demande une grande détermination pour intervenir, chaque fois que la justice est violée.
Faire appliquer les lois de l’Eglise n’est pas un obstacle à la présumée efficacité pastorale de qui veut résoudre les problèmes sans le droit mais une garantie d’une recherche de solutions non arbitraires mais vraiment justes et, par conséquent, vraiment pastorales. Evitant les solutions arbitraires, le droit devient un garde-fou valide pour la défense des derniers et des pauvres, bouclier protecteur de celui qui risque de tomber victime de puissants qui sont de service. C’est ce que le Pape François a enseigné, rencontrant les membres du Conseil Pontifical de l’Interprétation des textes législatifs, le 22 février en cours.
Un discours très important que je vous invite à lire et à approfondir.
Le but de ce Séminaire est justement celui d’approfondir, d’une façon pratique, le processus administratif, spécialement dans les cas réservés à la compétence de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de ceux qui relèvent de la compétence de la Congrégation de l’Evangélisation des Peuples.
En fait, il est essentiel de bien comprendre les modalités selon lesquelles il faudra effectuer un processus administratif. Il ne suffit pas d’avoir raison dans la substance du problème. Il est indispensable de faire valoir cette raison d’une façon juste, volontiers on perd devant les autorités Supérieures, tout en ayant raison dans la substance, parce que la procédure elle-même est essentielle pour le respect de toutes les personnes impliquées, et pour agir de façon vraiment pastorale. De l’autre côté, éviter de procéder, en évitant les difficultés posées par les processus juridiques, n’est pas une solution mais une injustice qui s’ajoute à celle que l’on voudrait correctement affronter. Je profite aussi de cette circonstance pour vous informer officiellement que l’accord-cadre entre le Saint Siège et la RDC sur les matières d’intérêt commun est entré en vigueur avec l’échange des instruments de ratification qui a eu lieu le 17 février dernier au Vatican. Comme vous le savez bien, ce pas est le fruit d’un long parcours de plus de dix ans qui a pour objectif d’établir un cadre juridique qui règle les rapports entre l’Eglise et l’Etat congolais, surtout dans ces champs où l’Eglise est particulièrement impliquée. Cet Accord signé déjà en mai 2016 a été approuvé par le Parlement congolais au mois de juillet 2018 et a été finalement ratifié au début de cette année. Il reconnait à l’Eglise un nombre de droits et prévoit la réduction des accords supplémentaires ultérieurs sur des matières spécifiques.
Dans les prochains jours, la CENCO élaborera un prospectus des points d’intérêt pour chaque Evêque et, dans les prochains mois, il faudra qu’il soit constitué au sein du Secrétariat de la CENCO un petit groupe d’experts qui indiqueront des points principaux de l’Accord qui devront être développés en négociation, avec le Gouvernement. J’espère qu’à l’Assemblée Plénière de juin il y aura un programme de travail à soumettre aux Evêques pour l’application de l’Accord.
Je remercie tous leurs participants pour leur disponibilité.
Kinshasa, le 02 mars 2020
Mgr Ettore BALESTRERO
Nonce Apostolique

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