Flash

La commission des intellectuels, cadres et dirigeants catholiques de la paroisse St Augustin de Lemba a organisé le dimanche 16 févier 2020, une conférence-débat en mémoire des martyrs de la marche des chrétiens tenue il y a 28 ans, soit en 1992.

Il était question de réfléchir sur l’impact social qu’auront apporté toutes les marches organisées par les chrétiens, pour l’amélioration du social des congolais au quotidien. Parmi les intervenants, Angèle Makombo, une femme très engagée dans la politique qui a dressé un tableau sombré du vécu du peuple congolais.

Pour elle, malgré l’alternance pacifique illustrée par la passation du pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, le bilan est presque mitigé. Elle note, néanmoins, quelques signaux positif depuis que le nouveau chef de l’Etat est aux affaires. ‘’Nous devons reconnaître que certaines lignes bougent. Il y a eu le retour des exilés politiques, la fermeture de certains cachots, […] Beaucoup reste encore à faire‘’, a-t-elle souligné.
Quant à la problématique du bien-être des congolais, qui doit passer impérativement par l’établissement effectif d’un Etat de Droit, l’intervenante a exhorté l’assistance à la poursuite de la lutte. Elle a encouragé le congolais lambda à s’occuper de la politique de sa cité. ‘’Nous devons cultiver le sens de la citoyenneté, contrôler les actions de ceux qui nous dirigent‘’, a-t-elle renchéri au terme de cette conférence qui s’est clôturée par un jeu de questions-réponses.

Clin d’œil sur l’histoire
Il est important de retenir que le 16 février 1992 marqua un tournant décisif dans l’histoire politique de la République Démocratique du Congo, Zaïre à l’époque. Joseph Désiré Mobutu, à la tête du pays pendant plus de trois décennies, avait instauré un régime sans partage dont la répression était la règle d’or. Dans les années 90, le mouvement populaire de la Révolution (MPR) est l’unique parti autorisé à exercer sur l’ensemble du territoire national. La population vit dans une précarité qui ne dit pas son nom.

Au lendemain de la chute du communisme, dont l’unification de l’Allemagne fut un signe déterminant de la victoire du bloc capitaliste, cette mutation occasionna plusieurs vagues dans le domaine de la politique internationale. D’où, le maréchal Mobutu, au pouvoir depuis 1965, était contraint de libéraliser l’espace politique, en instaurant la démocratie.
Puisqu’il fallait mettre tout en ordre en vue de la naissance d’une troisième République plus parfaite, un forum dénommé «Conférence Nationale Souveraine» avait été mis en place. Ses assises ont connu plus de 2700 participants venus de différentes couches sociopolitiques du pays. Mobutu craignant le déballage de son régime sanglant, a ordonné de fermer les portes du palais du peuple où se déroulait la CNS.

C’en était trop. Et le comité laïc de coordination, le même qui a battu le pavé en 2017 pour obtenir le départ de Joseph Kabila du pouvoir, avait mobilisé les chrétiens catholiques, qui avaient été appuyés par d’autres fidèles venus d’autres confessions religieuses, pour réclamer la réouverture de la CNS. L’origine du 16 février 1992, où les chrétiens avaient investi les artères de Kinshasa, défiant la tyrannie de Mobutu. La facture était très salée, plusieurs manifestants laissèrent leurs peaux. Parmi les survivants de cet événement macabre figure Jean-Marie Ntantu Mey.

Francis Sengeyi

 

Pin It

Statistiques

8618831
Aujourd’hui
Hier
Cette semaine
La semaine passée
Ce mois
Le mois dernier
Au total
9944
29512
201801
8196630
449873
979134
8618831

Your IP: 3.228.10.34
2020-08-15 08:48

Nos Partenaires

  • africatime.jpg
  • africa_n1.jpg
  • allafrica.jpg
  • logo-monusco.jpg
  • okapi.jpg