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*Sur injonction du Ministre de Justice, le Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa Matete a ouvert ce lundi 10 février 2020 une instruction judiciaire destinée à faire plus de lumière sur l’évolution des travaux lancés en avril 2019 dans le cadre du «Programme de 100 jours du Chef de l’Etat ».

Réquisition est faite à toutes les instances concernées à apporter leur contribution à l’établissement de la vérité. Plus de clarté est attendue sur les acteurs ayant remporté les marchés publics et l’affectation des ressources reçues du Gouvernement.

«Dans ce pays, tout le monde est spécialiste en tout». Cet aphorisme de l’économiste Evariste Mabi Mulumba trouve toute sa justification face aux spéculations de tout genre autour de la lenteur constatée dans l’évolution de l’érection des 7 sauts de mouton prévus sur quelques grandes artères de Kinshasa et qui, curieusement, convergent vers la personne du Directeur de cabinet du chef de l’Etat. Pourtant, la lecture chronologique de l’exécution des chantiers, renforcée par les révélations du gouvernement au cours de la réunion du cabinet de vendredi 7 février lève toute équivoque et appelle à l’apaisement des populations chauffées à blanc par des déclarations contradictoires et va-t’en guerre.

Le 24 janvier 2019, Félix Tshisekedi accède à la magistrature suprême. Vital Kamerhe est son Directeur de cabinet. Le gouvernement de Bruno Tshibala expédie les affaires courantes mais ne jouit guère de la confiance légitime d’un Président qui ne l’a pas nommé. Le gouvernement Tshibala est composé d’ailleurs en grande partie d’intérimaires ; la plupart des ministres, élus aux législatives, ayant opté pour l’Assemblée nationale ou le Sénat.

Entre le 24 janvier et le 20 mai, la nomination du nouveau Premier ministre est au centre de laborieuses tractations entre les protagonistes de la toute nouvelle coalition FCC-CACH et l’apparition du Premier ministre Ilunga Ilunkamba. Quatre mois au cours desquels la présidence de la République devait fonctionner et notamment, en initiant des travaux d’intérêt public dont l’activation du projet des sauts-de-mouton qui croupissait depuis de longues années dans les tiroirs des anciens gouvernements successifs. Tout comme ceux des passerelles (partiellement exécutés), des voies de tramways, etc.

Les travaux sont lancés en avril dans un contexte politique inédit : d’un côté, un Premier ministre sortant et son gouvernement d’intérimaires ; de l’autre, un Premier ministre désigné dont les « consultations » s’étaleront sur près de 4 mois jusqu’à l’investiture de son équipe le 9 septembre.
C’est dans ces conditions que sont lancés les travaux des sauts-de-mouton, dont le financement est arrêté à plus de 40 millions de dollars. Selon le ministre du Budget Baudoin Mayo, sur un reliquat de 14 millions de dollars, le Premier ministre vient d’ordonner le décaissement d’urgence de 3,5 millions pour la poursuite des travaux.
Mais, les « spécialistes » dont parle le professeur Evariste Mabi Mulumba passent sous silence (certainement par ignorance ou simple mauvaise foi) les diverses étapes, souvent contraignantes, liées à l’exécution des sauts-de-mouton qui requièrent une technicité pointue. Après l’identification des sous-traitants et fournisseurs.

Concernant les sauts de mouton particulièrement, il est évident qu’il s’agit d’un projet tape-à-l’œil comme les aime bien le Kinois qui veut voir les travaux avancer à la vitesse de l’éclair et inaugurés en un temps record. Mais qui requiert la satisfaction de plusieurs étapes : du décaissement des fonds à partir du mois d’avril 2019 à l’ouverture de la chaussée, on fait savoir que les fondations en béton s’enfoncent à 27 mètres de profondeur, avant la phase de l’élévation des superstructures et l’assainissement de l’environnement.

Entretemps, des impondérables, et non des moindres, sont apparus : la gratuité de l’enseignement de base a canalisé l’essentiel des maigres ressources du Trésor public, bien avant l’adoption du Budget de l’Etat de l’exercice 2020. Ensuite, est revenu sur la scène des finances publiques, le Fonds monétaire international posant une demi-douzaine de critères contraignants ainsi qu’un florilège de repères, avant toute reprise de ses programmes avec le système économico-financier avec la RDC.

Halte à la diabolisation…
A la lumière de ces quelques détails non dépourvus d’importance, la question que se posent les hommes de bonne volonté, en dehors de tout fanatisme, est de savoir les raisons de la diabolisation malvenue de Vital Kamerhe dont le péché aura été de soutenir l’exécution des projets chers à Félix Tshisekedi tout au long de ces quelques neuf mois au cours desquels l’Etat devait, en dépit de tout, fonctionner en l’absence d’un gouvernement de coalition dûment investi.

La Pros.

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