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*A peine revenu au pays le matin même du vendredi 24 janvier, le président de la République a présidé le traditionnel conseil des ministres. C’est peu dire que la séance s’est déroulée dans une ambiance électrique.

Entre sourires de façade et rares poignées de main entre ministres, il planait dans les esprits, le chassé-croisé des déclarations assassines de deux camps de la coalition FCC-CACH dans le débat sur la dissolution éventuelle de l’Assemblée nationale, consécutif à la position de Félix Tshisekedi exprimée devant des Congolais à Londres, le dimanche 19 janvier 2020.
Ils ont dû déchanter, ceux parmi les membres du gouvernement présents ce vendredi à la Cité de l’Union africaine qui espéraient de Félix Tshisekedi, un rétropédalage ou, à tout le moins, l’adoption dans son chef, d’une attitude conciliante destinée à apaiser les uns et les autres, spécialement après le largage de la bombe Mabunda qui a « osé » évoquer l’éventualité de l’activation de l’article 168 de la Constitution qui prévoit la mise en accusation du Chef de l’Etat pour haute trahison et partant, de sa destitution, pour «violation intentionnelle de la Constitution».
Rien de tout cela. Le Chef de l’Etat est resté droit dans ses bottes. Conscient de l’ambiance électrique et crispée qui a régné dans la salle feutrée du Conseil, il a indiqué, s’agissant de la polémique née de ses propos tenus à Londres, qu’il a pris pour habitude de s’adresser aux compatriotes vivant à l’étranger à chacun des ses déplacements, hors du pays.
Il a martelé, avec une rare fermeté, qu’il ne laissera personne -mais alors personne - entraver l’aspiration du peuple au changement. Et la phrase que tous attendaient, en rapport avec les propos de Jeanine Mabunda : il n’hésitera pas de prendre ses responsabilités, en cas d’obstruction de son action, d’où qu’elle vienne.
Concernant l’action des ministres du gouvernement Ilunga, Félix Tshisekedi ne leur a pas brandi – du moins pas encore - la menace de son désormais fameux «Bic rouge ». Néanmoins, son invitation aux uns et aux autres à la retenue, au respect mutuel et à la sincérité dans leurs actions sonne comme un avertissement.

Un autre rappel à l’ordre est celui que le Chef de l’Etat adresse aux tenants des thèses nationalistes concernant le conflit communautaire au Sud-Kivu. Il s’agit, on l’a compris, de la nationalité que certains contestent aux populations tutsies établies sur les hauts plateaux de Minembwe.
Félix Tshisekedi soutient qu’il ne saura plus tolérer que l’on fasse une distinction entre Congolais, dès lors que les populations de Minembwe détiennent la nationalité congolaise par des voies, on ne peut plus, légales.

Mwin Murub Fel

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