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*Jamais sans doute déclaration politique n’a suscité autant de réactions, ces douze derniers mois, après la prise de position de la présidente de la Chambre basse du parlement, consécutive à la menace de dissolution de l’Assemblée nationale brandie par le Président Tshisekedi devant les congolais, venus à sa rencontre à Londres.


Plus de soixante-douze heures après, les propos de la présidente de l’Assemblée nationale continuent à tenir le haut du pavé dans les médias. Jusqu’à éclipser la «balkanisation» devenue l’ingrédient indispensable dans toute recette pimentée de la cuisine politico-religieuse en RDC.
Dans un florilège passionné, les uns se lâchent, d’autres apaisent et tempèrent, les extrémistes radicaux explosent littéralement.
Lambert Mende, ancien porte-parole indéboulonnable de l’ancien régime se veut plus mesuré. N’en déplaise à ses détracteurs : « Le président est une institution qui est au-dessus de toutes les autres institutions. Il assure, par son arbitrage, le bon fonctionnement des institutions. Donc, dans la constitution congolaise, il n’est pas prévu de cas où le Président puisse entrer en contradiction avec une autre institution. Le Président n’a pas dit, à ma connaissance, qu’il va dissoudre. Le président a dit : on veut m’amener à. Je ne veux pas, mais on veut m’amener à. Donc, il faut que nos frères amis évitent cela».

Il est rare que Majorité et Opposition émettent sur la même longueur d’onde. Et quand cela arrive, le fait mérite d’être souligné. Steve Kivuata, avocat et porte-parole de LAMUKA abonde dans le même sens que Mende, quoiqu’avec une nuance toute relative : « Félix Tshisekedi n’a pas le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale de son propre gré. En tant que Chef de l’Etat, il est appelé à consulter le Premier ministre et les présidents de deux chambres avant toute dissolution, mais cette consultation n’est pas assortie d’un avis conforme obligatoire».
Le porte-parole de Moïse Katumbi, Olivier Kamitatu estime que dans ce bras-de-fer, c’est Tshisekedi qui en sortirait gagnant. Dans un tweet, il affirme qu’entre une dissolution populaire d’une Assemblée bricolée ou une destitution suicidaire d’un président négocié mais reconnu, la marge de manœuvre du FCC est plus que réduite.

Comme marchant sur des œufs, le Dircab du président fait montre d’une extrême prudence. Vital Kamerhe a également twitté : « Faisons attention. Il y a des fois quand on a de l’or entre les mains, on commence à chercher la braise de l’autre côté. Nous avons le pouvoir, comportons-nous comme les hommes du pouvoir », sans qu’on sache à qui s’adresse cette maxime d’un genre nouveau.

Les derniers à monter au créneau sont les Députés du groupe parlementaire CACH qui parlent, eux, d’ «une provocation de trop». Extrait de leur déclaration au vitriol : « Le président de la République est un monarque républicain dans un régime semi-présidentiel, donc irresponsable devant l’Assemblée nationale. Les propos du président de la République ont été intentionnellement sortis de leur contexte par la présidente de l’Assemblée nationale ».Avec à la clé, la menace de « recourir au peuple en cas de récidive de Jeanine Mabunda ».

La Pros.

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