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A l’instar du Révérend André Bokundoa, représentant légal de l’Eglise du Christ au Congo (ECC), qui a de nouveau soulevé cette question, Jean- Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) approuve aussi cette proposition d’un dialogue sur la situation sécuritaire à l’Est du pays.

Dans sa tribune rendue public ce mercredi 8 janvier, cet acteur de la société civile souligne qu’il s’agit d’une idée pertinente et de grande nécessité. « Quand il y a péril en la demeure, on ne peut refuser de se rencontrer, de se parler pour trouver ensemble de solutions à l’insécurité qui fait trop de victimes à l’Est du pays. Refuser une telle proposition, c’est exposer la nation à des surprises de toute nature », a-t-il lancé. Tout en martelant, à travers votre journal, qu’un risque de balkanisation plane véritablement sur la RD. Congo, Jean-Claude Katende estime que le dialogue ou concertations peuvent faire avancer les choses et conduire au rétablissement de la paix dans cette partie du pays. Veuillez lire, in extenso, l’intégralité de la tribune signée Me Jean- Claude Katende.

Pages d’opinions libres de Me Jean- Claude KATENDE
«Ce que je pense du dialogue ou des concertations sur la sécurité à l’Est du Congo»
L’année passée, alors que l’insécurité était grandissante à Minembwe, j’avais proposé un débat national sur ce qui se passe dans ce territoire, mais personne ne m’avait suivi. Je trouvais anormal que la question de Minembwe soit discutée qu’entre les banyamulenge et les autres communautés du Sud-Kivu, alors que c’est une question à laquelle tous les congolais devaient être intéressés au vu des conséquences qui peuvent découler de l’embrasement de cette partie du pays.
Personne ne m’avait écouté.
Avec les massacres quotidiens de BENI et BUTEMBO d’autres voix s’élèvent maintenant pour proposer le dialogue ou les concertations sur la situation sécuritaire à l’Est. Ce qui est une chose excellente. Mais est-ce que cette proposition est pertinente ? Je dis que OUI, elle est pertinente et d’une grande nécessité. Quand il y a péril en demeure, on ne peut refuser de se rencontrer, de se parler pour trouver ensemble de solutions à l’insécurité qui fait trop de victimes à l’Est du pays. Refuser une telle proposition, c’est exposer la nation à des surprises de toute nature.
Il est seulement important de circonscrire bien les termes de référence du dialogue ou des concertations en question pour éviter que nous ne puissions tomber dans l’erreur de ceux qui remettent en cause toutes les institutions de la République. On ne peut pas accepter le perpétuel recommencent.
Nous savons tous que les élections de 2018 n’étaient pas exemptes des reproches, nous savons que les institutions actuelles ne sont pas parfaites, mais nous ne pouvons pas prendre l’option de tout chambouler. C’est irresponsable.
Si l’idée des concertations ou dialogue est acceptée, il est important de prendre en compte les points suivants :
1. Le dialogue devra traiter que de la situation sécuritaire à l’Est du Congo. Il faut éviter tout débat visant le partage de pouvoir, la remise en question des institutions politiques issues des élections de 2018 ;
2. La participation de la communauté internationale et des experts internationaux. Il me semble important que, cette fois ci, les congolais réfléchissent entre eux sans la participation de la Communauté internationale ni des experts internationaux. On nous a toujours dit que la Communauté internationale est là pour nous accompagner. Ceci veut dire que c’est nous qui réfléchissons, qui décidons et après nous pouvons prendre contact avec nos partenaires pour nous accompagner dans la mise en œuvre de nos décisions. Pour une fois, nous pouvons réfléchir par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Du reste, nous ne devons pas nous voiler la face. Chacun de nous connais le rôle que certains Etats de la Communauté international ont joué dans l’agression du Congo par l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.
3. Aucun perdiem ne devra être donné aux participants pour leur présence au dialogue ou aux concertations. Les participants de province devront être logés, nourris et transportés par l’organisation. Il faut un engagement patriotique.
4. Le dialogue ne devrait pas prendre plus de 5 jours de travail.
5. Les institutions en place doivent prendre l’engagement de mettre en œuvre toutes les résolutions prises lors du dialogue.
6. Les débats doivent être diffusés par la radio et la télévision pour que tous les congolais soient informés.
7. Les assises du dialogue ou concertations devraient être financées par les moyens nationaux.
Vu sous cet angle et avec la bonne volonté de tous, le dialogue ou concertations peuvent nous faire avancer.
Fait à Kinshasa, le 08 janvier 2020.
Me Jean Claude KATENDE (Whatsapp +243 811729908)
Le Gardien du Temple.

 

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