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Au passage de l’année 2019 à 2020, le Révérend Dr André Bokundoa-bo-Likabe, président national de l’Eglise du Christ au Congo, a écrit une lettre pastorale dans laquelle il reconnaît que le peuple congolais traverse des moments très difficiles actuellement.

Toutes les attentes de la population, ses rêves les plus légitimes semblent encore demeurer dans l’incertitude car l’espoir d’améliorer le social des congolais paraît encore comme un très long chemin à parcourir. Et ces attentes, souligne André Bokundoa, sont énormes, au regard de l’insuffisance des moyens de la politique gouvernementale. Face une telle situation, ‘’l’Eglise du Christ au Congo déplore et dénonce des incompréhensions alimentées par des manœuvres politiciennes de certains compatriotes. Malheureusement, dans ces conditions des guéguerres partisanes, la situation sociale des populations ne fait qu’aller de mal en pis‘’, constate-t-il. Ci-dessous, l’intégralité du message de l’ECC.
LETTRE PASTORALE DU PRÉSIDENT NATIONAL DE L’EGLISE DU CHRIST AU CONGO, LE REV. Dr André BOKUNDOA-bo-LIKABE
Bien-aimés frères et sœurs dans le Seigneur,
Que la grâce et la paix vous soient accordées de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur.
La Bible dit : «Qui donc aime la vie et désire voir des jours heureux ? Alors préserve ta langue du mal et tes lèvres des paroles trompeuses, détourne-toi du mal et fais le bien, recherche la paix et poursuis-la» (Psaumes 34, 13).
Elle ajoute aussi : « Seigneur, apprend-moi à compter mes jours afin d’appliquer mon cœur à la sagesse » (Psaumes 90, 12).
Ces déclarations bibliques du livre de Psaumes mettent en lumière les conditions de la vie heureuse sur la terre et dévoilent aussi le caractère fragile sous lequel la vie humaine y est soumise.
C’est pour autant dire, l’interpellation du Psalmiste se veut un appel à la conscience collective du vivre heureux et du vivre ensemble en tant que peuple de la terre en général et chrétien en particulier.
Ceci pour que chacun de nous, en dépit des circonstances heureuses ou malheureuses traversées en 2019, n’oublie pas que nous sommes tous des pèlerins sur la terre.
Puisque le temps nous est imparti sur la terre, nous sommes donc aussi comptables de nos actes vis-à-vis du Dieu Créateur. C’est une question de responsabilité à la fois personnelle et collective devant Dieu et devant l’histoire.
D’où l’intérêt de ne jamais oublier rendre les actions de grâce à Dieu à la fin de chaque année et se confier en lui pour des orientations particulières de la nouvelle année qui commence.
Dans cet ordre d’idée, quatre aspects ont retenu mon attention sur la manière dont l’année 2019 s’est clôturée et que faire pour maximiser la réussite en 2020 :
1) Sur le plan religieux
Je rends grâce au Seigneur pour le travail abattu à la tête de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) en 2019. Particulièrement pour la paix et l’unité qui ont caractérisé tous les organes compétents de l’ECC ainsi que ses 95 Communautés membres. Aussi, je bénis Dieu pour le travail sur le plan d’évangélisation et de diaconie. Bien plus, je loue le Seigneur pour la redynamisation de « la Mission prophétique » de l’Eglise du Christ au Congo en 2019.
Laquelle redynamisation sa permis aux protestants d’ici et d’ailleurs de retrouver leur dignité identitaire à l’échelle mondiale. De là, on peut déduire que le protestantisme congolais est bien prêt à célébrer en 2020 ses 142 ans de mission au Congo et ses 50 ans de l'unité organique.
En sus, je rends aussi grâce à Dieu pour l’unité entre les confessions religieuses en RDC, notamment dans un nouvel élan de travail en équipe. En dépit de la liberté de choix et d’orientation des unes et des autres, les confessions religieuses ont su transcender leurs différences naturelles en coulant en charte leurs valeurs communes dans la tâche d’accompagner le Peuple congolais vers son destin commun.
2. Sur le plan sociopolitique
Il est clair que la situation sociopolitique en 2019 a été et reste trop préoccupante. Aux termes des élections de 2018, l’armature institutionnelle actuelle fait transparaître beaucoup d’éléments de fragilité et ce, a besoin de plus d’efforts collectifs pour sa solidification.
Nous nous trouvons à une période très particulière où nous traversons des moments très difficiles de l’histoire de notre pays et de son peuple. Toutes les attentes de la population, ses rêves les plus légitimes semblent encore demeurer dans l’incertitude car l’espoir d’améliorer le social des congolais apparaît un très long chemin à parcourir.
Avec une économie en souffrance et une faible réserve d’échange (ou de change ?) en Banque Centrale, les congolais passent les fêtes de Noël et de Bonne année avec autant de chagrin.
Pour plus ou moins 80.000.000 d’habitants estimés parmi les plus pauvres du monde, les nouvelles autorités du Pays font face à des défis multisectoriels. Les attentes des populations congolaises sont énormes au regard de l’insuffisance des moyens de la politique gouvernementale.
Face une telle situation, l’Eglise du Christ au Congo déplore et dénonce des incompréhensions alimentées par des manœuvres politiciennes de certains compatriotes. Malheureusement, dans ces conditions des guéguerres partisanes, la situation sociale des populations ne fait qu’aller de mal en pire.
3. Sur le plan sécuritaire
Je saisis cette occasion pour monter une fois de plus au créneau aux fins de dénoncer énergiquement des massacres perpétrés à l’Est du Pays, notamment à Beni et Butembo.
A cause de ces crimes ciblés commis à ciel ouvert et sous l’œil des Nations Unies contre nos populations, d’aucuns ne peuvent encore hésiter de les qualifier de « Génocide ». C’est la plus grave tragédie que notre ère n’ait jamais connue avec plus de 6.000.000 de morts (Hommes, femmes et enfants), dans le but de désacraliser la vie humaine et créer la terreur et le trouble dans la mémoire collective.
Et quand on essaie d’examiner les causes profondes à la base d’une telle barbarie contemporaine qui reste sans appel, la réponse est : la position géostratégique de la RDC avec ses ressources naturelles.
Devrions-nous condamner Dieu Créateur qui a doté notre sol et sous-sol de toutes ces ressources naturelles ? Sa bénédiction devient-elle source de notre chagrin ? Serions-nous un peuple naïf comme certains le disent ? Devrions-nous continuer à laisser nos agresseurs multiplier les morts dans notre camp et piller nos richesses ? Que faire pour l’année 2020 qui pointe à l’horizon ?
La Bible dit : « Malheur à ceux qui projettent l’injustice et qui forgent le mal dans leur lit ! Au point du jour ils le réalisent, quand ils ont le pouvoir en main. Ils convoitent des champs et, ils s’en emparent, des maisons et, ils les prennent ; ils traitent avec violence le maitre et sa maison, l’homme et son héritage » (Michée 2, 1 et 2).
Face une telle situation d’injustice avérée contre un peuple innocent, le Roi de gloire, le Seigneur des seigneurs en qui nous plaçons notre confiance prévoit une réponse appropriée : C’est pourquoi, rajoute la prophétie de Michée, voici ce que dit l’Eternel :
« Je prépare contre ce peuple un malheur dont il ne dégagera pas son cou, et il ne marchera pas la tête haute, car ces temps seront mauvais. Ce jour-là, on fera de lui le sujet d’un proverbe, on chantera une complainte, on dira : il est entièrement dévasté… » (Michée 2, 3-4).
A la lumière de cette prophétie et en ma qualité de Prophète, je déclare l’année 2020 celle de la « Justice divine en faveur de la RDC et de son Peuple ».
Comme les prophètes, au milieu d’Israël, appelaient aux jours heureux par la promotion de la crainte de l’Eternel et des valeurs, nous aussi, espérons et appelons aux jours heureux, aux jours de la bonne nouvelle qui sera pour tous les congolais un sujet de grande joie, jours où la gloire de Dieu se manifestera au milieu de nous comme dans les lieux très haut et que la paix, produit de la justice pour tous, régnera en RDC à cause des hommes et des femmes que Dieu agrée.
Face à l’injustice que subissent cette Nation et son Peuple, nous prions que le Saint-Esprit illumine l’intelligence des congolais de manière à comprendre comment opère la justice divine. Elle opère dans trois perspectives : le pardon, la réparation et la réconciliation.
Premièrement, des dirigeants du Pays aux dirigés, nous nous exhortons à revenir à Dieu. Revenir par le pardon sincère entre acteurs politiques et vis-à-vis du Peuple. Aussi et surtout, pardon entre populations divisées à cause des animosités provoquées par des querelles d’appartenances politiciennes ou tribales aux termes des élections de 2018. Car, le pardon demeure une force qui libère.
Deuxièmement, les dirigeants doivent s’engager à réparer des dommages causés aux populations du fait de leur mauvaise gestion de la République, et ce, en améliorant la gestion du Pays.
Exceptionnellement, la République doit mener toutes sortes des plaidoyers au niveau international pour exiger par des voies politiques et judiciaires la réparation des dommages subis par la population de Beni et Butembo. Car, la réparation est un moyen qui empêche la justice populaire et démesurée.
Troisièmement, j’en appelle à la réconciliation nationale avec Dieu, soi-même, son prochain et la nature. Notre Nation est porteuse d’un destin universel et, notre peuple porte la valeur de la solidarité légendaire. Le vivre ensemble fait partie de notre humanisme et existentialisme.
Si la traite négrière, l’esclavage, la colonisation et la dictature n’ont pas pu nous diviser en chair et en esprit, a fortiori de simples querelles de famille ? Si même la divergence des partis politiques ou des religions ne nous a jamais poussés à des guerres civiles, pourquoi nos divergences d’aujourd’hui veulent-elles donner raison à la manipulation des ennemis de notre République ?
Le temps est arrivé où nous devons prouver au monde être un peuple spirituel, intelligent, sage, averti, uni et préparé pour des défis de l’heure. Le temps opportun (Kairos) est accompli pour témoigner que Dieu a réellement choisi cette Nation et a lui-même la direction de notre destinée commune. C’est maintenant qu’il faille prouver que nous sommes un peuple différent des autres.
Réconcilions-nous et travaillons ensemble pour l’intérêt supérieur de notre Nation en vue de rattraper le retard.
Levons-nous pour honorer la mémoire de nos héros qui sont tombés au prix de leur sang dans la quête du bonheur de cette Nation.
Unissons-nous comme un seul Homme pour relever des défis de notre ère pour que nos enfants et générations futures aient la fierté de porter l’identité de chrétien et celle de congolais.
C’est le prix à payer pour que chaque génération puisse bâtir un pays plus beau qu’avant et ainsi assurer sa grandeur.
Bien-aimés frères et sœurs,
Il ne me reste qu’à vous souhaiter une heureuse année 2020 en Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur.
Puisse l’Eternel bénir la République Démocratique du Congo (RDC),
Puisse l’Eternel bénir l’Eglise du Christ au Congo (ECC).
Je vous remercie.
Kinshasa, le 31 Décembre 2019
Rév. Dr BOKUNDOA-bo-LIKABE André
President National

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