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*Cinquante-sept ans se sont écoulés depuis que le Général Joseph-Désiré Mobutu avait accédé à la présidence de la République. A trente-cinq ans, il avait pris en mains le destin du peuple Congolais en renversant le président Joseph Kasa-Vubu par un coup d’Etat militaire. Ce 24 novembre 2022, les Congolais se rappellent cette date historique. Ils commémorent ainsi le début de la deuxième république, une période riche en évènements qui ont ‘‘conditionné’’ le destin du peuple congolais.

Ce jour-là, 24 novembre 1965, Mobutu inaugurait un règne qui aura duré trente-deux ans, avant qu’il soit lui-même renversé par Laurent-Désiré Kabila et son Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) le 17 mai 1997.

L’ordre du chaos ?

Ancien collaborateur de Lumumba devenu militaire, Mobutu se fait remarquer dès septembre 1960 quand, en sa qualité de chef d’Etat-major, il décide de « neutraliser le chef de l’Etat » pour « aider le pays à résoudre tous ses différents problèmes qui deviennent de plus en plus aigus », selon ses propres mots. Parmi ces problèmes, nous citons la ‘‘cohabitation conflictuelle’’ entre Kasa-Vubu et Lumumba, la sécession katangaise, et plus tard les rébellions du Kwilu à l’Ouest et des Simbas à l’Est (1963-1965).

Dans la recherche de solutions durables, Moïse Tshombe, l’ex président de l'État sécessionniste du Katanga, deviendra premier ministre en 1964. Mais Kasa-Vubu le débarque en faveur d’Evariste Kimba dont le gouvernement ne sera malheureusement jamais investi, faute de feu vert du parlement.

Frustré par ces sempiternelles manœuvres politiciennes non productives, le chef d’Etat-major souhaite mettre fin au chaos et rétablir l’ordre. Il réunit, le 24 novembre 1965, le Haut Commandement militaire de l’armée nationale congolaise. C’est alors qu’a été prise la décision de destituer le président Joseph Kasa-Vubu, tout en gardant les institutions démocratiques de la République, telles qu'elles sont prévues par la Constitution du 1er août 1964.

Les signes avant-coureurs d’une dictature

«J’ai décidé de rester au pouvoir pendant cinq ans. Il a fallu cinq ans aux politiciens pour conduire le pays à la ruine. Je me donne cinq ans pour conduire, avec votre aide à tous, le pays vers la prospérité », déclarait le désormais président Mobutu dans son discours d’investiture le 12 décembre 1965.

Pourtant il restera au pouvoir trente-deux ans durant, régnant en autoritariste. Dans sa première ordonnance signée le 30 novembre 1965, l’homme fort du Congo réclamait déjà des ‘‘pouvoirs spéciaux’’. Le 22 mai 1966, il a transféré le pouvoir législatif à l’exécutif, s’arrogeant ainsi le ‘‘pleins pouvoirs’’. Et plus tard, le 26 octobre 1966, il instaura un régime présidentiel.

La deuxième République en bref

Hormis les exploits économiques, diplomatiques et sécuritaires qui caractérisent une bonne partie de la deuxième République, cette longue période de l’histoire congolaise est marquée par l'autoritarisme et la dictature de Mobutu. Cette dernière se renforce, en 1970, avec l'instauration d'un régime de parti unique, le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR).

Ce climat règnera jusqu’en 1990 quand Mobutu est bousculé par une opposition qui l’oblige à faire certaines concessions. Il ne cède cependant pas à l’idée de la démocratisation des institutions, quand bien même il ouvre la porte au multipartisme dans une adresse émouvante du 24 avril.

Fuite et fin

Mobutu résiste jusqu’en 1996 quand, fragilisé par l’improductivité de son autoritarisme et affaibli par la maladie, il est acculé par Laurent-Désiré Kabila qui réclame le pouvoir. Dans les tractations qui s’en suivent, l’AFDL récupère province après prince, ville après ville, et avance vers Kinshasa la capitale. Le 16 mai 1997 Mobutu est contraint de prendre la voie de l’exile vers le Maroc. C’est là qu’il meurt quelques mois plus tard, le 7 septembre 1997, à l’âge de soixante-six ans.

Il laisse derrière lui un pays affaibli sur tous les points. Le contexte de ce règne et de la fin de son seigneur a, en effet, ouvert des brèches dont l’ennemi a su profiter. Vingt-cinq ans plus tard, le Congo en paye encore le prix, notamment avec l’agression que lui livre le Rwanda sous-couvert le mouvement du 23 mars, communément appelé le M23.

Prosper Mbumba Phanzu, CICM

Prêtre Catholique, journaliste indépendant

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