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 L’intervention magistrale de Tshisekedi mardi 20 septembre du haut de la tribune des Nations Unies a mis la communauté internationale devant ses responsabilités. Premier intervenant africain, Tshisekedi ne s’est pas contenté de 15 minutes réglementaires. Il est allé bien au-delà de 45 minutes démontant l’une après l’autre la fallace longtemps développée par le Rwanda à savoir la présence des FDLR et leur étroite collaboration avec l'armée de la RDC.

Le lendemain, soit mercredi 21 septembre, c’était le tour de Paul Kagame du Rwanda de répondre aux accusations de la RDC. C’est un Kagame qui a adopté le profil devant ses pairs sur la question de la sécurité de à l’Est de la RDC comme s’il n’avait plus rien à dire après le passage de Félix Tshisekedi.

En homme de paix, il a fait savoir qu’il ne servirait à rien de jeter l’opprobre sur quiconque étant donné que ces défis restent surmontables. Tshisekedi a demandé de publier le rapport des experts des Nations Unies qui impliquaient le Rwanda dans l’agression contre la RDC aux côtés du M23.

Cloué au pilori, Kagame s’est contenté de supplier : «Ça ne sert à rien de jeter l’opprobre sur quiconque. Ces défis ne sont pas insurmontables. Nous pouvons trouver des solutions. Ces solutions seraient bien moins coûteuses sur le plan financier et humain. La communauté internationale peut nous aider à régler ce problème».

Et d’ajouter: «Les Etats voisins dont le Rwanda se sont retrouvés exposés aux attaques transfrontalières, des attaques totalement évitables. Il est urgent de trouver la volonté politique nécessaire pour s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité dans l’Est de la RDC ».

Egratignant les casques bleus de la Monusco, le chef de l’Etat rwandais leur a craché : «Dans l’Est de la RDC, de récents revers sont venus mettre en lumière le fait que les conditions de sécurité n’ont pas changé par rapport il y a 20 ans lorsque l’opération de maintien de la paix la plus vaste de l’ONU a été déployée pour la première fois».

La Pologne aux côtés de la RDC

C’est en des moments pareils qu’on compte les vrais amis. La Pologne l’a prouvé. Le président Andrzej Duda, qui est intervenu hier après avoir suivi Tshisekedi, n’a pas hésité de dénoncer la «complaisance» de l’occident face à la situation de l’Afrique dont celle de la République démocratique du Congo qui ne cesse de compter des morts suite à l’agression de ses voisins notamment le Rwanda.

Le Polonais  Andrzej Duda a décrié la politique de deux poids, deux mesures dont fait montre la communauté internationale dans le traitement des dossiers de l’agression de l’Ukraine par la Russie alors que la même situation est vécue ailleurs, notamment en RDC.

Et de s’interroger : «Mesdames et messieurs, je me dois être honnête avec vous, dirigeants du Nord riche ou dirigeants de l’Ouest de l’Occident, il est positif qu'ayant été à la hauteur des défis en Ukraine et ayant fait front commun pour appuyer la victime plutôt que l’agresseur, nous ne pouvons pas faire preuve des complaisances. Avions-nous une détermination semblable lors de la tragédie qui a frappé la Syrie, la Libye, le Yémen, n’avions-nous pas établi le statu quo lors de deux tragédies qui ont frappé la République démocratique du Congo après les guerres qui ont frappé la corne de l’Afrique alors que nous condamnons l’invasion en Ukraine ?».

Comme dans ses habitudes, a déploré Andrzej Duda en concluant, la communauté internationale continue d’accorder de l’importance dans le traitement des dossiers selon qu’il s’agit de tel ou tel autre coin du monde. Le cas le plus éloquent est celui des dossiers Russie - Ukraine et RDC- Rwanda. "Pour le premier dossier, la faveur accordée au traitement de l’affaire par les occidentaux, notamment les Nations Unies, étonne plus d’un", a-t-il dit.

Le président polonais note que l’organisation mondiale a levé le ton en condamnant l’agression de l’Ukraine par la Russie. Elle s’est mobilisée derrière l’Ukraine et pris des mesures contre le pays de Vladimir Poutine, contrairement à ce qui se passe dans le dossier Rwanda- République démocratique du Congo où elle manifeste une certaine complicité. Bien que toutes les preuves accusent le Rwanda d’agresser la RDC, la «fameuse» communauté internationale peine à prendre des sanctions contre le pays de Paul Kagame.

Macky Sall zappe l’agression de la RDC par le Rwanda

Le président sénégalais, Macky Sall que tous les Africains attendaient en tant que président en exercice de l’Union africaine, ne s’est pas montré intéressé à l'agression de la RDC par le Rwanda pendant les 15 minutes de son intervention. Le successeur de Félix Tshisekedi a pourtant eu du temps pour la Palestine et le conflit de territoire qui l'oppose à son voisin israélien. Il a plaidé pour un siège africain dans le G20, il s'est surtout attardé sur le conflit russo-ukrainien pour lequel il a même proposé une médiation africaine. Il a aussi plaidé pour la levée des sanctions sur le Zimbabwe. Mais aucun mot sur la RDC.

Emma Muntu

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