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Il se raconte que dans sa réaction aux propos tenus récemment à son égard par son successeur à la Maison Blanche Joe Biden au sujet du scandale du Capitole, Donald Trump a rétorqué le samedi 3 septembre 2022 en évoquant aussi le Congo comme preuve de l’échec de la diplomatie de l’administration américaine. «La RDC est dominée par les Chinois», aurait-il déclaré. Pourtant, c'est lui qui avait envoyé paître l'Afrique en se demandant en décembre 2021 « pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues des pays de merde viennent ici », allusion faite aux Africains du continent (dont les Congolais) et aux Haïtiens immigrés. Déjà, sur le point de quitter la Maison Blanche, Barack Obama avait, lui, trouvé dans la Chine et l'islamisme deux grandes menaces pour l'Afrique ! Preuve que la priorité pour l’Amérique est ailleurs…

Deux titres parus Le Figaro avec l’Afp, l’un le 7 novembre 2020 sous le titre « Chine : l'excédent commercial avec les États-Unis s'est encore accru en octobre », l’autre le 2 décembre de la même année sous le titre « La Chine détrône les États-Unis comme premier partenaire commercial de l'Europe », méritent d’être consultés pour comprendre la diabolisation, par les médias et les experts occidentaux, de la coopération sino-africaine en général, sino-congolaise en particulier. Une diabolisation gratuite.

Si, dans le second, il est indiqué que « La Chine est devenue au troisième trimestre le premier partenaire commercial de l'Union européenne, doublant les États-Unis, une conséquence de l'épidémie de Covid-19, et du rebond rapide de l'activité chinoise », dans le premier, il est relevé que « L'excédent commercial de la Chine avec les États-Unis s'est encore accru de 19% sur un an en octobre, un nouveau camouflet pour le président américain Donald Trump qui a déclenché une guerre commerciale contre Pékin».

Du premier article, on peut retenir ces deux paragraphes édifiants : « Depuis son arrivée il y a quatre ans à la Maison Blanche, Donald Trump a fait de la réduction du déficit commercial avec l'Empire du milieu l'une de ses priorités. Son administration s'est lancée en 2018 dans une guerre commerciale avec Pékin qui s'est traduite par des surtaxes douanières supplémentaires réciproques portant sur de nombreuses marchandises » et « Les deux pays ont toutefois signé une trêve en janvier, juste avant que le monde ne soit paralysé par l'épidémie de Covid-19. Au terme de cet accord, la Chine a accepté d'acheter pour 200 milliards de dollars de biens américains supplémentaires sur deux ans ».

Du second article, on peut extraire ce paragraphe tout aussi édifiant : « le commerce avec les États-Unis a enregistré une baisse significative tant pour les importations (-11,4%) que les exportations (-10,0%) », S’agissant des relations avec la Chine.

Après les années des brases Post-La Beaule

La mise en exergue de l’accent sur les Etats-Unis se justifie par le fait que ce pays est à la tête des six premiers partenaires de la Chine en termes d'échanges commerciaux, talonnés successivement par le Japon, la Corée du Sud, le Vietnam, l'Australie et l'Allemagne.

Quel que soit d’ailleurs le bout par lequel on analyse les chiffres relatifs aux échanges avec la République Populaire de Chine avec le monde entier, l’Afrique fait figure de parent pauvre, et – inutile de le nier - la RDC de nain !

Pourquoi alors, aux yeux des Américains - et même des Ouest-Européens - la coopération sino-africaine en général et sino-congolaise en particulier dérange-t-elle si tant ?

Le 18 août dernier, il s’est tenu en visioconférence une « Réunion des coordinateurs de la mise en œuvre des actions de suivi de la 8e Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine », réunion faisant suite au Forum de Dakar organisé à Dakar une année plus tôt.

Dans son intervention, s'appuyant sur le discours du Président Xi Jimping, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a énuméré quelques dernières réalisations, en Afrique, de son pays, notamment dans les routes, les ponts, les ports, les aéroports, les chemins de fer, les écoles, les hôpitaux, les centrales électriques, les immeubles résidentiels, les bâtiments administratifs, les centres culturels, les aires sportives etc.

Toutes ces infrastructures ont permis à plusieurs pays africains de connaître un début de modernisation et de modernité après les années des braises post-La Beaule.

Il est établi que sans cette coopération, la RDC n'aurait probablement pas eu des barrages hydroélectriques comme ceux de Zongo II au Kongo Central ni de Busanga au Lualaba, encore moins des RN 1 comme celle de Muanda-Sakania (3.259 km) reliant le Kongo Central au Haut Katanga en passant par l’ex-Bandundu et l’ex-Kasai, même pas la voirie urbaine de Kinshasa avec ses grands boulevards et ses grandes avenues.

Découvrir les prouesses techniques et scientifiques de la RPC

Imaginons seulement que ces infrastructures n'aient pas été implantées et rendues fonctionnelles en raison de l'incapacité des gouvernements africains à s’appliquer des conditionnalités euro-américaines qu’aucun pays d’Afrique n’a su accomplir au cours de ces 30 dernières années.

La conséquence serait le chaos généralisé qui aurait fait voler en éclats tous les principes voulus sacrés : souveraineté nationale, intégrité territoriale, démocratie, droits de l’homme, Etat de droit etc.

En quoi cela aurait-il alors dérangé les Américains et les Européens ? En rien puisque la coopération dans laquelle ils ont librement décidé d’exceller ; et pour laquelle ils font pression sur l’Afrique, est l’aide humanitaire. Formule qui n’a jamais développé un pays où que ce soit. Autrement, ils en auraient fait une référence de réussite.

Si, aujourd’hui, les Africains croient de plus en plus dans la coopération sino-africaine ayant l’avantage d’être perfectible, c’est particulièrement plus pour ce qu’ils voient que sur ce qu’ils pensent.

Jusqu’en 1990, ils pensaient avoir le même niveau de développement. En une trentaine d’années plus tard, ils assistent à un boom économique, financier, technologique, commercial et social sans pareil. Ils veulent s’en servir comme modèle.  

Par la magie de la télévision satellitaire, les Africains – dont les Congolais – sont en train de découvrir les prouesses techniques et scientifiques de la RPC. Apprendre, par exemple, de Canal Plus que les Chinois ont pu jeter plus de 150 ponts géants sur le fleuve Yang Tsé, découvrir, par exemple, les plateformes aéroportuaire (Daxing) et portuaire (Shangaï) les plus gigantesques qui soient au monde, voir des centrales électriques (barrages hydroélectriques, stations solaires etc.) essaimer dans tout le pays : comment empêcher les Africains à apprécier la manière dont ce pays s’est réveillé parce que désormais éveillé ?

D’ailleurs, dans le cadre du Cinquantenaire de la coopération sino-congolaise (pour information, plusieurs pays africains sont aussi concernés en cette année 2022), des initiatives se multiplient. Comme celle de l’organisation de la «Semaine d’Exposition sur les Infrastructures de base en Chine ». 

«L'Afrique est un lieu de dynamisme incroyable, où se trouvent certains des marchés les plus en croissance au monde », déclarait Barack Obama, en 2015, en route pour le «  Sommet mondial de l'entrepreneuriat » à Nairobi. Sept ans après, quelle a été la part de son pays dans l’entrepreneuriat en Afrique, notamment en RDC ?

Force est finalement envie de dire aux Chinois : « Ne lâchez pas l'Afrique. Surtout pas la République Démocratique du Congo ».

Simon Mutombo

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