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*Le 6 septembre 2022, la section des Affaires publiques de l'Ambassade des Etats-Unis en RDC a publié un communiqué avec instruction en lettres capitales " A DIFFUSER IMMEDIATEMENT ".  Son intitulé, en lettres capitales également,  est : ‘’LES ETATS-UNIS FOURNISSENT UNE ASSISTANCE SUPPLÉMENTAIRE POUR LA TENUE DES ELECTIONS DE 2023 EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO". Washington rappelle à Kinshasa sa volonté de voir les élections de 2023 s'organiser dans les bonnes conditions. 

Pour ce faire, ses contributions financières sont énumérées et les affectations précisées.

Ainsi, en est-il des "13 millions supplémentaires, qui viennent s'ajouter à son assistance électorale actuelle de $10,65 millions, pour appuyer des processus politiques transparents, crédibles et inclusifs en République démocratique du Congo (RDC)  ", y lit-on. 

Bien entendu, le communiqué relève que " L'Administration Biden-Harris se félicite de l'engagement du Président Tshisekedi, qu'il a renforcé lors du Sommet pour la Démocratie, à organiser les élections à temps et de son invitation aux observateurs électoraux". 

En septembre* 2016 - pour rappel, septembre est le mois d'ouverture de la session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies (résistants et imposants s'y précipitent) - un communiqué du genre avait été annoncé avec la formule alambiquée " dès que techniquement possible".

Le techniquement possible intervint en décembre 2018.

Cela n'avait pas empêché, en septembre 2016, mort d'hommes et pillages de biens publics et privés, en revendication de la tenue des élections dans les délais constitutionnels.

 Croisons les doigts pour qu'il n'en soit pas ainsi pour les prochaines échéances. 

Constatons plutôt qu'à cause de l'insécurité à l'Est, l'axe Beni-Butembo avait été exclu des élections de 2016 reportées à 2018. A la base de l'exclusion : la guerre. D'ailleurs, la veille des échéances, des troubles surgis subitement à l'Ouest, précisément au  Maï-Ndombe, avaient servi de prétexte pour exclure du même processus électoral cette partie du pays, aujourd'hui en proie à des affrontements fratricides entre Teke et Yaka, après Banunu-Bobangi et Batende. 

Pourquoi alors allusion aux Etats-Unis et à l'Ukraine ? 

Réponse simple : en 2024, les élections doivent avoir lieu en Ukraine. 

S'il est vrai que la guerre de la RDC est de  basse  intensité alors que celle de l'Ukraine est de  haute  intensité, la vérité une et unique est que la douleur ressentie par la population des suites de toute guerre est de la même intensité. 

La vérité une et unique est que la guerre ne doit pas empêcher la tenue des élections, selon l'évangile de la Maison Blanche.

Constatons aussi, sans nous livrer à des lamentations, que pour mettre fin à la guerre en Ukraine - qu'ils considèrent comme une agression de la part de la Russie - les Etats-Unis ont déjà déboursé près de 15 milliards de dollars US en sept mois, soit une moyenne de près de 2,3 milliards par mois. 

D'ici à février 2023, la Maison Blanche pourrait engager un effort de guerre de près de 30 milliards USD, plus que  presque le financement de la Monusco en 22 ans de déploiement sur le territoire congolais pour les résultats connus.

Combien, cependant, les Américains mettent-ils en faveur de la RDC au titre d'effort de guerre pour mettre fin à l'agression rwandaise ? 

Peut-être que la Section des Affaires publiques de l'Ambassade des Etats-Unis au Congo-Kinshasa livrera-t-elle des précisions le moment venu. Sauf s'il s'agit d'un  secret d'Etat.

Ce qui n'est pas cependant un secret d'Etat, c'est le financement annoncé de certaines opérations en rapport avec les élections. 

Comme en 2006, en 2011 et en 2018, Washington limitera ses interventions à des personnes morales et physiques autres que les officiers. Généralement, ces personnes appartiennent toutes à la  Société civile  et sont recrutées  pour l'observation des opérations électorales. Il s'agit d'ONGDH, de médias privés, d'églises, d'Asbl dont les rapports vont obéir au principe " qui finance commande".

La question qui ne peut que venir à l'esprit est de savoir si, en 2024, la guerre battant son plein, les États-Unis vont forcer l'Ukraine à aller aux élections.

On aurait toutefois  souhaité voir  l'administration américaine, à défaut de financer l'effort de guerre en RDC contre tous les groupes armés indistinctement (M23 compris) et tous les "parrains" visibles et invisibles, intimer au moins l'ordre aux uns et aux autres d'arrêter la guerre de l'Est puisqu'elle en a la capacité. 

En effet, à en croire Dr Denis Mukwege s'adressant au roi des Belges à Bukavu, le coup de fil de Barack Obama avait suffi pour arrêter la première aventure du même M23 en 2013. 

Mais, trêve d'illusions, elle ne le fera pas parce que les enjeux dans les pays riverains de la mer  Noire sont différents de ceux  des Grands Lacs africains.

Washington n'expliquera donc jamais à Kinshasa le pourquoi de sa politique de deux poids deux mesures quand il s'agit des questions relatives à la sécurité et à la démocratie dans la sous-région. 

Une fois de plus, c'est au  leadership d'en appréhender les évidences et d'agir ou de réagir en conséquence. 

Omer Nsongo die Lema/CP

 

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