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 *Figurez-vous assis calmement dans un coin de votre parcelle, le regard fixé sur votre grenier et vous voyez y  arriver le rat qui  grignote vos provisions talonné par un serpent. Lequel de ces deux animaux aurez-vous envie de neutraliser le premier ? D’instinct, le serpent à cause de sa réputation. Venimeux ou pas, le reptile présente un danger plus grand que celui du rongeur....

Neutralisation des menaces

Si on peut alors comparer le Grenier à la  RDC, le Rat au  M23  et le Serpent au Rwanda, on comprend du coup le danger que représente ce dernier aussi longtemps que ses dirigeants vont se constituer en menace permanente pour les pays voisins et, on s'en doute, pour leur propre population  consciente  des effets de la solitude, de l'isolement. 

En d’autres termes, en tant que rat et pour autant qu’il se revendique un groupe armé congolais, le M23 est  gérable. 

Par contre, s’il préfère se comporter en groupe armé  pro-Rwanda, il devient une menace réelle pour le Congo.

Auquel cas, il faut le neutraliser par tous les moyens en y mettant à contribution ses propres membres, tant que faire se peut. Ses animateurs méritent d'être neutralisés non par la chasse à l'homme,  comme d'aucuns seraient tentés de le penser, mais plutôt par la  diplomatie  s'appuyant sur l’économie.

Washington favorable au maintien de la Monusco 

Et comment ! 

Anthony Blinken a effectué sa visite-éclair à Kinshasa le 9 août 2022. Peu avant de fouler le sol congolais, il s'est fait précéder d'un message du Département d’Etat. 

En effet, ce dernier a clarifié la position de l’administration américaine par rapport aux problèmes sécuritaires, politiques, diplomatiques et économiques qui se posent en RDC,  en particulier, dans les Grands Lacs,  en général.

Ainsi, pendant que les Congolais, dans la foulée des revendications pour le retrait de la Monusco,  couraient après Blinken pour connaître sa position sur le rapport des Nations Unies signalant le soutien du Rwanda au M23, le Département d’Etat se prononçait dans son document intitulé «Lesy relations entre les  Etats-Unis et la République démocratique du Congo» pour le maintien de la force onusienne ! Voici ce qu'il en a dit : "Les Etats-Unis soutiennent la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), qui joue un rôle essentiel dans la protection des civils, l'acheminement de l'aide humanitaire et le soutien au gouvernement de la RDC dans ses efforts de stabilisation et de consolidation de la paix". C'est clair.

Plus l'économie que tout le reste

A analyser bien ce document, on ne peut s’empêcher de déduire, comme relevé dans le flot d’articles parus avant, pendant et après le séjour kinois, que la visite-éclair d'Anthony Blinken a plus visé l'économie (dont l'exploitation minière) que tout le reste.

Et comme le venin est dans queue, c’est à l’étape de Kigali que Washington va fixer l'opinion sur son intime conviction au sujet de ce  fameux rapport. L'administration américaine a enjoint les  gouvernements de la sous-région,  indistinctement, à cesser toute assistance aux groupes armés. Une façon subtile de donner raison au Rwanda puisqu'à l'en croire, la RDC appuie les Fdlr. 

C'est injuste.

A partir de cet instant, l’allégorie «Grenier, Rat et Serpent»,  révèle sa dimension exacte.

Présentation de faire et de défaire le Congo

Supposons que le  Grenier  reste alors la RDC, mais que le  Rat  soit le  Rwanda, tandis que le  Serpent...les  Etats-Unis.

Les choses se corsent si on ne tient pas compte des faits indéniables de l'Histoire. Et celle-ci est suffisamment éloquente :

  1. L'Etat Indépendant du Congo (EIC) - deuxième dénomination de la RDC après l’Association Internationale Africaine (AIA) - doit son existence plus aux Etats-Unis qu’au roi des Belges Léopold II. 

Ainsi, sans la volonté de Washington, l’EIC n’aurait jamais vu le jour, encore moins le Congo-Belge, le Congo dans ses diverses dénominations.

  1. La Belgique n'avait pas eu à proprement parler de vocation colonisatrice. Elle avait hérité de son roi l'EIC pour cause des dettes contractées par Léopold II. De même qu'elle avait hérité de l'Allemagne le Rwanda et le Burundi en compensation des pertes subies de l'agression allemande de  1914-1918.
  2. Comme qui dirait : Washington, qui a la prétention d'avoir fait le Congo à son image, croit  détenir la puissance de le défaire en tant qu'Etat au premier claquement des doigts.
  3. Devant cette terrible et dure évidence, que faire de raisonnable?

Sa survie en tant qu'Etat en dépend 

Le M23 auto-exclu, le  Rat  étant le  Rwanda, il faut que les Congolais se résolvent à « neutraliser » le  serpent  que sont les "Etats-Unis". 

Comment,  cependant,  s'y prendre sans voir  l'aventure tourner au  suicide collectif ?

Il n'est autre alternative raisonnable qu'une  diplomatie  économique!

Voilà pourquoi la solution, autant pour le M23 que pour le Rwanda,  est Washington. 

Du reste, depuis la fondation de l’AIA en 1876 à ce jour – le dernier voyage d’Anthony Blinken en témoigne – Washington ne voit Kinshasa (autrefois Léopoldville) qu’au travers du potentiel  économique.

Partant, la RDC est interdite de se tromper de stratégie. 

Elle doit utiliser dans sa  diplomatie  ses atouts  économiques. 

Sa survie en tant qu'Etat en dépend.

Omer Nsongo die Lema/CP

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