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*Son nom est Kapsy NDIA. Il est artiste chanteur, auteur-compositeur et virtuose guitariste. Mais pas comme les autres.  Kapsy NDIA est un congolais de père et de mère qui a choisi la Belgique comme sa seconde patrie pour bien conduire sa carrière internationale. Très engagé et discipliné, ce compatriote est un professionnel de musique au vrai sens du mot. Ouvert d’esprit, Kapsy apporte son expertise dans plusieurs projets artistiques dans le monde entier qui font de lui un maestro respectueux et respectable. Depuis la Belgique, l’artiste a accordé une interview au quotidien La Prospérité à Kinshasa au cours de laquelle il a défendu sa vision et en a aussi profité pour parler de quelques projets réalisés en Europe dans le cadre de la promotion de la culture congolaise.

Découvrez-le :

La Prospérité : Que peut-on retenir de votre identité artistique ?

Kapsy Ndia: Je suis un artiste musicien, compositeur, guitariste, chanteur qui a connu ses débuts à Kinshasa. Je suis passé dans les espaces comme Saint Anne chez Michel Ngongo avant de passer chez Sadi à Mont des Arts et au studio Meko à Limete avec Maïka Munan et Louis Onema. D’ailleurs, c’est là que j’ai eu la chance d’être sélectionné pour chanter à la chanson d'hommage à Madilu System, aux côtés des grands noms de la musique congolaise tels que Tabu Ley, Papa Wemba, Fally Ipupa... J’ai aussi enseigné à CiCaf, école de musique de Tabu Ley à Kinshasa. En 2013, ma carrière musicale s'est forgée une voie internationale, à travers la pièce «Une saison au Congo» de l’écrivain africain Aimé Césaire à Londres... Kaspy Ndia est aussi un chercheur, musicographe qui travaille sur la musique folk africaine en s'inspirant de ce qu'il voit, sent et entend. Comme le disait cette pensée africaine : «Voir c’est comprendre et entendre aussi ce comprendre».

La Pro. : Comment réagissez-vous lorsque certaines langues vous reprochent d’évoluer plus en Europe que dans votre pays, en qualifiant votre comportement d’une fuite des cerveaux?

KN : Le cerveau ne s'enfuit pas tant qu'il est bien situé dans la tête de celui qui le porte. Le problème à mon avis c'est la politique culturelle de notre pays qui doit être revue et réformée. Nous n'avons pas des théâtres, des salles des spectacles. Donc, pas d’infrastructures culturelles adéquates qui répondent aux normes internationales. En 2014, j'ai eu la chance de prester au théâtre national de Pékin avec mon collègue chinois Yabin Wang mais j’ai eu la honte de parler de la salle Mongita qui représente notre Théâtre National. Elle n'a rien avoir !!! Nous n’avons pas des studios d'enregistrement moderne, pas des structures qui accompagnent les jeunes artistes. Nous devons nous inspirer des autres pays tels que le Nigeria…Cela veut dire que l'Etat organise et accompagne le secteur artistique et culturelle et les artistes amènent les projets des spectacles et des créations. Je pense que le Congo-profond regorge beaucoup de talents et cerveaux qui restent malheureusement improductifs faute d’un manque d’organisation en interne. Il revient à notre Ministère de la culture, arts et patrimoines de bien organiser le secteur pour en tirer profit au pays. Des nations comme la France, la Belgique et d'autres états africains le font.

La Pro. : A quand remonte votre dernier spectacle à Kinshasa ?

KN : C’était en 2016 à la Halle de la Gombe de l'institut Français de Kinshasa.

La Pro. : En 2018, vous avez signé un album intitulé « Formule ». Quels en sont les retombées ?

KN : Après réflexion avec mes partenaires, nous avions voulu pour ce projet "Formule", lancer progressivement les titres sur le marché. C'est-à-dire un par un. La chanson comme "Volatile" a été retravaillée ou reformulée en collaboration avec Estelle Baldé, une chanteuse Belgo-guinéenne. Tandis que le titre "Remember " a été retravaillé en collaboration avec le chanteur Hollandais Bob van der leij...Ces chansons sont à découvrir dans toutes les plateformes légales de téléchargement digitale.

La Pro. : Que faites-vous concrètement en Europe ?

KN: Concrètement, je travaille à Eastman Sidi Larbi Cherkaoui au Conservatoire de musique, danse et architecture d'Anvers :" de singel". Je viens aussi d’enregistrer récemment une chanson en featuring avec un guitariste du Flamenco Madrilène appelé El Rubio Sauviller Pedro. Le titre est "Esperanza" que vous pouvez écouter partout via internet. J’évolue bien aussi avec mon orchestre Mélopée Group et mes collaborateurs : Sam wayt de Corée, Paola Pika de l'Italie... D’ailleurs, nous venons également de mettre à la disposition du public quelques titres, notamment : « Sabotage », Kwasa-Kwasa » et «Invocation». Actuellement, nous travaillons sur d’autres projets et idées.  Je fais beaucoup de prestations scéniques avec mon groupe et d’autres artistes du monde. Le samedi 22 mai dernier, j'étais invité par le compositeur et musicien anglais Paul Griffiths, à son concert Remix Xxl avec l'orchestre symphonique à Queen Elisabeth Hall à Anvers. Une très belle soirée !

La Pro. : Quelle analyse faites-vous en tant qu’artiste du monde sur l’inscription de la Rumba congolaise dans le patrimoine culturel immatériel de l’humanité ?

KN: C'est une fierté nationale et de tous les amoureux de la Rumba, à travers le monde. Nous devons maintenant capitaliser cette reconnaissance mondiale pour en tirer profit au maximum. L'Etat congolais doit maintenant ou jamais organiser le secteur de la culture, créer des grands Festivals de la Rumba dans nos grandes villes. Et, non pas laisser à la Belgique seule la responsabilité d'organiser les concerts Rumba congolaise dans leurs salles des spectacles comme ils les font depuis évidemment décembre 2021. Nous devons nous réveiller et agir.

La Pro. : Est-ce que la musique congolaise a toujours sa place sur la scène internationale, aujourd’hui ?

KN: Oui ! Il ne faut pas confondre la musique congolaise à la Rumba congolaise. La rumba est une partie de la musique congolaise. Il y a beaucoup d'artistes musiciens congolais qui évoluent dans la diaspora et qui font aussi la fierté du Congo-RDC et de sa musique. Le Congo compte plus ou moins 450 ethnies dont chacun porte sa propre musique. Cette diversité constitue une aubaine pour notre Pays. Je pense que d'une façon ou d'autre nous sommes présents.

La Pro. : Vous êtes congolais de père et de mère : que pensez-vous du concept CONGOLITE en 21ème siècle ?

KN: Ma réflexion part d'une raison différente que ceux qui font polémique autour du sujet. Je pense qu’avec la mondialisation intégrée et l'interdépendance que le monde vit, aujourd'hui, certaines idées n’ont plus leur place dans la compréhension collective. Simplement parce que nous avons besoin des autres et les autres ont besoin de nous. Sans entrer dans ce débat politique, je pense plutôt qu'il faut réformer l'enseignement primaire et secondaire, renforcer le secteur de l’éducation nationale au Congo pour le bien-être de nos enfants et de son histoire, de sa culture et de ses langues afin de promouvoir le patriotisme. C'est un processus à long terme qui va protéger et aider notre pays pour les générations futures.

La Pros. : Quelle lecture faites-vous de la gestion du Congo par le régime actuel au pouvoir ? 

KN: J’aimerais plutôt exhorter nos dirigeants à comprendre que le Congo est notre terre, mère-patrie à tous. Ils doivent tout faire pour l’intérêt général du pays et non pas pour l'intérêt personnel.

La Prospérité : Avez-vous un message particulier à adresser à vos fans qui sont disséminés à travers le monde ?

Kapsy Ndia: Je reste plutôt à l'écoute de mes fans à travers les réseaux sociaux, Instagram et mon site web : www.kaspyndiamelopeegroup.be. L’idéal est d’écouter leurs suggestions et attentes. Si Dieu nous garde, l'année prochaine nous comptons venir à Kinshasa en soutien aux enfants de la rue dans le cadre de l'ONG « Tunel ». Je reste ouvert aux propositions...

Propos recueillis par Jordache

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