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 C'est de l'union entre elle et Albéric Gbemani (cuisinier pour un magistrat colonial de Lisala) qu'est né, en oct. 1930, Joseph Désiré Mobutu, Pdt du Zaïre pdt 32 ans.

Gbemani est le deuxième époux de Marie Madeleine Yemo (du village Kawele). Gbemani et Yemo appartenaient tous deux au clan Lite-Nyama, séparé d’un autre groupe du même clan dit Lite-Bala installé dans la région de Yakoma, plus au nord-est de l'ex-Equateur.

Yemo appartenait à la lignée "togbana". Elle était la fille de Giala (son père) et de Gombo (sa mère) C’était une famille sans ressources, encore aggravée par une instabilité conjugale. C’était la situation économique et même sociale de l’ensemble des familles de la région

 En 1937, le couple Delcourt pour lequel son époux (Alberic Gbemani) travaille retourne en Belgique. Albéric est engagé par les sœurs de l’hôpital général des Congolais. Le 11 août 1938, il meurt, laissant trois orphelins – 2 frères – et une veuve sur le point d’accoucher.

Le cadet de la fratrie, Albéric Gbemani, naît quelques jours après l’enterrement de son père. Madeleine Yemo, sans ressources, prend le bateau qui remonte le fleuve et se réfugie à Kawele, son village natal, à quelques kilomètres de Gbadolite dont était originaire son mari

Mobutu est pris en charge par son grand-père et son grand-oncle qui lui apprennent à chasser, pêcher et cultiver la terre. La petite famille vit des années d’errance dans la région. Mobutu retrouve le chemin de l’école, grâce au football; il est gardien de but.

Les pères capucins l’envoient à Molegbe, où son beau-père avait travaillé. Il n’y reste pas. Il se rend à Bwamanda, où il est hébergé chez une tante maternelle. Grosse déception : les missionnaires enseignent en dialecte local.

Lui qui maîtrise le français grâce à Mme Delcourt, lui qui avait sauté deux classes à Léo dès l’école primaire, lui qui se sait intelligent, énergique, déterminé et curieux de tout, ne veut pas régresser. Alors, il s’enfuit de nouveau.

En février  1950, Mobutu est convoqué au commissariat de police de Coquilhatville. On l’affecte au peloton spécial du bataillon, réservé aux recrues instruites, comme comptable adjoint. Commence alors ce qu’il jugea plus tard avoir été "la période la plus heureuse" de sa vie

Ce sera à cette "Mama Yemo" que, toute sa vie, le futur maréchal-Président vouera un culte sans égal et qui repose, depuis, au cimetière de Gbadolite (ancienne province de l'Equateur). Il en donnera le nom, plus tard, au grand hôpital de Kinshasa, la capitale.

BB/CP

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