Tenus au cours d’un forum à Houston, les propos de Jules Alingete disant qu’il n’y a pas de guerre en RDC alimentent la polémique. Ayant trouvé cette déclaration fallacieuse et injuste, le Député national Jackson Ausse a déposé, jeudi 28 avril dernier, une interpellation au bureau de l’Assemblée nationale contre l’Inspecteur général Chef des services de l’IGF. Selon l’élu d’Irumu, en Ituri, les propos que Jules Alingete a tenus à Houston, au Texas (USA), devant les investisseurs américains sont de nature à jeter en pâture les efforts jusque-là fournis par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo pour la restauration de la paix dans la partie Est du pays.

«Ce tableau tel que peint par le Chef des services des finances publiques nous met en porte à faux avec la population. Et nous, en tant que représentation nationale, on ne peut pas rester silencieux devant les affirmations qui veulent voiler la situation de la violence qu'il y a dans le pays. Au moment où je vous parle, il y a des corps qui jonchent la terre et on ne les a pas encore enterrés. Nous perdons nos vaillants militaires sur les lignes des fronts. Et l'inspecteur des finances se permet de dire qu'il n'y a pas de guerre en République démocratique du Congo. C'est de l'injure envers la population du Congo. C'est du sabotage et du crachat sur la mémoire des milliers des victimes qui tombent chaque jour. (…), nous sommes touché au fond de nous- même. C'est comme ça que nous avons interpellé l'inspecteur général pour qu'il puisse venir dire à la population ce qu'il a dit aux États-Unis. Il faut qu'il puisse l'expliquer à la population, peut-être que nous voyons mal les choses, peut-être que l'inspecteur voit d'une manière miraculeuse ce qui se passe. Nous avons besoin d'explications miraculeuses. Nous l'attendons à l'Assemblée nationale », a-t-il insisté lors du dépôt de son initiative. Aussi, souhaite-t-il que le Bureau de la Chambre basse du parlement accélère les formalités pour que les populations de provinces situées dans la partie Est du pays soient éclairées sur cette situation.

«Nous étions tout de suite choqué et même emmerdé des propos du chef des services de l'inspection générale des Finances. Et cela, pas au pays mais à l'étranger. L'inspecteur Jules Alingete se permet d'affirmer avec facilité qu'il n'y a pas de guerre en République démocratique du Congo et s'il y a de guerre, cela n'est vu qu'à la télévision ou dans des milieux isolés. C'est qui n'a rien à voir avec le fonctionnement des grandes villes. C'est extrêmement grave», a-t-il déploré, tout en précisant que ‘’nous sommes aujourd'hui à plus 30 ans de guerre. Les éléments qui expliquent cette histoire, c'est la présence même d'une mission des Nations Unies en République démocratique du Congo’’. « S'il n'y a pas guerre en RDC, qu'est-ce que la MONUSCO fait en RDC jusqu'à présent ? S'il n'y a pas guerre en RDC, pourquoi les provinces de Nord-Kivu et de l'Ituri sont dirigées par les autorités militaires ? S'il n'y a pas guerre en RDC, qui a tué des milliers de Congolais à l'Est de la République ? Le décompte va au-delà de 1 million de personnes tuées depuis les années 60. S'il n'y a pas de guerre, qui a fait déplacer plus de 4 millions de Congolais ? », s’est-il interrogé. Au forum sur les investissements à Houston, Jules Alingete avait déclaré aux investisseurs : «Je réaffirme que la RDC est un pays safe. Il n’y a pas de guerre au Congo en dépit de quelques poches d’insécurité créées à l’Est du pays par des groupes armés pilleurs de nos ressources». Après les réactions des uns et des autres, l’Inspection Générale des Finances, puisque Jules Alingete séjourne encore aux USA, a fait une mise au point, mercredi dernier, pour éclairer l’opinion. « Le Chef de Service regrette vivement l'exploitation malencontreuse de ses propos par certaines personnes instrumentalisées par les prédateurs qui agissent dans l'ombre, espérant toujours un jour, mettre fin à la traque dont ils sont victimes et affirme qu'il a toujours, comme tout Congolais., compati à la douleur de nos frères et sœurs de la partie Est de notre pays, victimes de la barbarie terroriste des groupes armés, contre laquelle le PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, le GOUVERNEMENT et les FARDC ne ménagent aucun effort pour l'éradiquer», avait réagi la cellule de communication de l’IGF.

Gloire Mfemfere