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«Unis par le sort, unis dans l’effort pour l’indépendance » (Hymne national de la RDC) « Réconciliez-vous, réconcilions-nous, maintenant » (John Littleton) Introduction « L’union fait la force » dit un adage ancien. Un peuple uni est un peuple fort. Un peuple divisé est un peuple faible. Depuis les temps reculés de l’histoire, ceux qui se considèrent comme les « maîtres » du monde ont toujours utilisé la même stratégie que les Romains ont exprimée en ces termes : « divide ut impera » (« divisez pour mieux régner »).

Et, lorsque nous regardons l’histoire de notre pays, force nous est de constater que nous vivons dans la division. Cette division est voulue par les « maîtres » du monde, les colonisateurs d’hier et néo colonisateurs d’aujourd’hui. Elle est entretenue par nous-mêmes pour multiples raisons. Dans les rapports de force avec les « maîtres » du monde, cette division nous rend faibles et permet aux autres de nous maintenir sous leur domination, de commanditer des guerres fratricides entre nous. Et pendant que nous nous battons entre nous, eux exploitent nos richesses du sol et du sous-sol allègrement sans contrepartie pour nous.

A notre accession à l’indépendance, les compositeurs de notre premier hymne national, ayant compris l’adage selon lequel, « l’union fait la force », ont introduit cette notion d’unité, d’union dans le texte de l’hymne en ces termes : « Unis par le sort, unis dans l’effort pour l’indépendance » (Hymne national de la RDC). Lorsque Mobutu décidera de débaptiser le pays et le faire passer de la République du Congo en République du Zaïre, le pays aura un autre hymne national dans lequel il sera fait mention de l’unité du peuple zaïrois : « Peuple uni, nous sommes zaïrois » (Hymne national du Zaïre).

Depuis l’avènement de l’AFDL, nous avons repris l’appellation République Démocratique du Congo avec son ancien hymne national. Bien que nous chantions tous cet hymne national à différentes occasions, il n’empêche que nous restons un peuple très divisé, vivant dans une situation permanente de conflits entre nous.

Nous allons examiner la réalité de la division dans notre pays, en relever les causes, en montrer les conséquences et ouvrir les chemins de réconciliation dans la justice et la vérité. 

  1. Analyse de la réalité de la division dans notre pays

1.1. Description

1.1.1. Division et conflit au sein de la classe politique congolaise Les dirigeants politiques vivent dans le conflit et dans la mésentente entre eux. A peine devenu indépendant, notre pays a connu cette division au sommet de l’Etat entre le premier Président de la République, Monsieur Joseph Kasa-Vubu, et le premier Premier Ministre, Monsieur Patrice Emery Lumumba. En effet, le Président Kasa-Vubu va annoncer à la nation toute entière la destitution du Premier Ministre. Ce dernier, à son tour, va démettre le Président. Depuis lors, nous n’avons pas quitté cette politique de l’exclusion qui caractérise notre pays et qui témoigne du conflit permanent dans lequel vivent nos dirigeants politiques. Ils sont incapables de travailler une équipe, d’exercer un leadership d’équipe. Incapables de se mettre ensemble autour d’un idéal commun que devrait être le Congo, notre Mère Patrie, ils se réunissent uniquement pour se partager le pouvoir présenté et conçu comme un « gâteau ». Depuis la Table ronde de Bruxelles en 1960 jusqu’aujourd’hui, la plupart des rencontres pour ne pas dire toutes les rencontres de nos politiciens se terminent toujours par le partage du pouvoir.

A un moment donné, ils ont même créé une expression pour désigner cette pratique : « partage équitable et équilibré » du pouvoir. Un pouvoir qu’ils ne cherchent pas à exercer comme un service, mais un pouvoir qui constitue une source d’avoir, d’enrichissement personnel. Comme pour dire que dans notre pays, le seul emploi qui paye bien et qui permet de s’enrichir sans cause, sans effort, c’est la politique. La division entre les dirigeants politiques et le conflit permanent dans lequel ils vivent sont alimentés par la soif immodérée de l’avoir, la cupidité qui engendre la prédation.  L’appartenance tribale qui, en soi, est normale, est devenue dans notre pays un ingrédient qui alimente les divisions entre les dirigeants politiques. C’est ainsi que, par exemple, les partis qui foisonnent dans notre pays, sont, pour la plupart, des associations ethno-tribales. Toutefois, il convient de signaler que, même s’ils utilisent l’ethnie ou la tribu pour accéder au pouvoir, l’ego surdimensionné de nos politiciens fait que, une fois au pouvoir, les membres de la tribu, hormis quelques privilégiés, ne bénéficient pas toujours des avantages de ce pouvoir. Bref, nos dirigeants politiques ou ceux qui se considèrent comme des dirigeants politiques dans notre pays n’entretiennent pas des relations de fraternité qui devraient caractériser les enfants d’une même famille qu’est le Congo. Bien au contraire, ils se considèrent non pas comme des adversaires politiques mais comme des ennemis qu’il faut éliminer à tout prix. Cette inimitié entre nos dirigeants politiques est utilisée par les « maîtres du monde » dont ils sont tous les produits ou les sujets pour exploiter nos ressources du sol et du sous-sol pendant que nos dirigeants politiques sont occupés à s’entretuer.

1.1.2. Division et conflit entre la classe politique et la population

La même division que nous constatons et déplorons au niveau de la classe politique dirigeante, s’observe aussi entre ces derniers et la population. En effet, la plupart de nos dirigeants politiques n’ont pas une base sociale. Souvent, ils ont une bande d’applaudisseurs, thuriféraires qu’ils achètent à coup d’argent pour s’assurer le culte de leur personnalité, devenue « autorité morale ». En réalité, ils sont coupés de la population. Nous pouvons ici prendre l’image d’un train dont la locomotive (les dirigeants) est coupée des wagons (le peuple).

La locomotive va de son côté et les wagons de leur côté. Et certains vont même jusqu’à dire qu’ils ne sont même pas sur le même rail. Le peuple marche à pied, eux roulent dans des véhicules de luxe, grosses cylindrées aux vitres teintées pour ne pas être vu par la population. Le peuple croupit dans la misère ayant du mal à nouer les deux bouts du mois et eux font des dépenses exorbitantes avec l’argent du trésor public. Un des indices de cette séparation, de cette rupture, c’est dans la localisation des uns et des autres. Les dirigeants politiques, pour la plupart, habitent la commune de la Gombe (qu’on appelle aussi la République de la Gombe) ou de Ngaliema (particulièrement les quartiers de Binza Pigeon et Ma Campagne) ou encore de Limete (quartier résidentiel). Tandis que le peuple habite dans ce 6 qu’on appelle la Cité composée des communes dites populaires. Lorsqu’ils habitent dans les quartiers populaires, ils sont dans de grandes villas clôturées avec, au portail, l’inscription : « Attention ! Chien méchant ». On peut se demander qui est le chien méchant en question ? Et cela va plus loin. Les dirigeants politiques des provinces, la plupart ont une ou plusieurs résidences à Kinshasa où ils passent le gros de leur temps en dehors de leurs lieux de travail en province.

C’est comme s’ils étaient en vacances permanentes. Cette situation de conflit et de rupture entre le peuple et ses dirigeants s’est manifestée de manière très claire lors des pillages qu’a connus notre pays à deux reprises (en 1991 et en 1993) vers la fin du règne de Mobutu. La population s’en est prise aux habitations et aux biens des dirigeants politiques, considérés comme les nantis, affameurs du peuple. Autant la population est prête à chanter leur louange pour recevoir quelques miettes qui tombent de la table de ces dirigeants prédateurs et égoïstes ; autant, elle n’hésite pas à en découdre avec eux lorsque les circonstances le permettent. C’est le cas des pillages.

1.1.3. Division et conflit au sein de la population

Cette même réalité de la division ne s’arrête pas au niveau des dirigeants entre eux et des dirigeants avec le peuple, elle se vit aussi au sein de la population. Les appartenances socio-culturelles nourrissent ces divisions que nous observons au sein de la population. Ainsi, les bakongo s’entendent entre eux ; les balubas s’entendent entre eux ; les bangalas de même ; les baswahili en font autant. Notons toutefois que ces ententes entre personnes de la même ethnie restent souvent éphémères et précaires. En effet, au sein d’une même ethnie, les divisions existent aussi entre les tribus qui la composent. Ces clivages ne s’observent pas seulement sur la base ethno-tribale mais aussi sur base d’appartenance religieuse (les catholiques et les protestants, les églises du réveil et les églises anciennes, etc.) et sur la base de la situation socioéconomique (les riches et les pauvres).

Ainsi,  les adeptes des religions chrétiennes ne s’entendent pas toujours avec ceux des religions dites traditionnelles ou ancestrales. Au sein des églises chrétiennes, des conflits s’observent aussi entre les adeptes des différentes confessions chrétiennes. Ces divisions ne sont pas absentes au sein d’une même confession religieuse. 

Divisions et conflits au sein de la population sont aussi le résultat de l’appartenance à des familles politiques et particulièrement au soutien accordé à un leader politique. En effet, plutôt que d’avoir des congolais unis par le sort, nous avons des congolais se réclamant de tel ou de tel leader politique. Ainsi, nous en sommes arrivés à avoir les Congolais de Mobutu, les Congolais de Kabila, les Congolais de Tshisekedi, les Congolais de Fayulu, les Congolais de Katumbi, les Congolais de Bemba, les Congolais de Muzito, les Congolais de Kamerhe, etc.

Ces divisions que nous venons de décrire sont un terrain favorable à toutes les guerres de prédation, de guerres économiques commanditées par les « maîtres du monde », ou par ceux que j’ai l’habitude d’appeler « la maffia politico-financière internationale ». Nous faisons des guerres par procuration avec les armes qui nous sont vendues par les commanditaires qui profitent de ces guerres pour procéder au pillage de nos ressources naturelles. Ils créent des milices armées, les multiplient à volonté, les arment et les incitent à commettre des crimes contre l’humanité sous le commandement de leurs « nègres de service » que sont la plupart des dirigeants de nos pays africains. Cette réalité de division que nous venons de décrire, constitue notre grande faiblesse dans les rapports de force qui caractérisent le monde d’hier et d’aujourd’hui entre les peuples.

Plus nous sommes divisés, plus nous sommes faibles et à la merci des « maîtres du monde ». Plus nous sommes unis, plus nous augmentons nos chances de changer les rapports de force et de quitter les rapports de domination pour créer des rapports de coopération et de vrai partenariat. Bien que ces « maîtres du monde » aient une lourde responsabilité dans l’existence de ces divisions voulues et entretenues par eux, nous-mêmes les congolais nous ne sommes pas seulement des victimes innocentes. En effet, nous avons aussi notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive, dans ce que nous vivons. Sans tomber dans l’autoflagellation, nous ne pouvons pas nier notre complicité, notre collaboration à différents niveaux avec les « maîtres du monde ».

C’est important de le reconnaître. Bien plus, comme leurs « maîtres », nos dirigeants politiques utilisent la même stratégie celle qui consiste à « diviser pour mieux régner ». Ils créent et entretiennent les divisions au sein du peuple pour que celui-ci soit toujours faible et ne puisse pas constituer un contrepouvoir et revendiquer leurs droits. 

1.4. Division et conflit du congolais avec lui-même : crise anthropologique Notre analyse de cette réalité de division serait totalement incomplète si nous ne mentionnons pas cette autre division qui n’est plus entre les congolais mais qui se passe dans le congolais lui-même. En effet, le congolais est divisé en lui-même dans la mesure où il a perdu le contact avec son être humain profond, pour ne pas dire qu’il a perdu sa dignité humaine. Il est coupé des valeurs qui font de lui un être humain digne parmi les autres êtres humains. Lorsqu’un homme est capable de violer, de tuer sans état d’âme, et voire avec une certaine délectation, c’est qu’il est coupé de ce qu’il a en lui d’humain. Il est devenu comme une bête, voire une bête sauvage. Cette perte de notre humanité qui est le fruit de l’œuvre coloniale et néocoloniale fondée sur l’idéologie capitaliste libérale qui met l’avoir au-dessus de l’être, nous a amené à vivre comme des bêtes de somme, des outils de production.

Nous avons été déshumanisés et nous nous déshumanisons nous-mêmes  en nous soumettant bon gré mal gré au diktat des « maîtres du monde » et de leurs agents locaux que sont nos dirigeants politiques. Des millions de congolais meurent chaque jour, que dis-je, on tue des millions de congolais chaque jour, personne ne s’en émeut outre mesure. Mais, il suffit qu’un homme blanc soit tué pour que le monde entier, en commençant par nos dirigeants politiques, « nègres de service », se mette en branle et s’agite. Messages de condoléances par-ci, messes de suffrage par-là ce qu’on ne voit pas pour les congolais qu’on tue chaque jour par centaines, par milliers. Lorsqu’on parle du Congo, notre pays, l’on ne parle pas des habitants du Congo, des Congolais, mais on parle de son coltan, de son cuivre, de ses diamants, de son or, de son cobalt, de son uranium, de son gaz, de son pétrole, de ses forêts, aujourd’hui de ses eaux, bref de ses nombreuses et variées ressources naturelles, de ses richesses du sol et du sous-sol.

Lorsqu’on entend parler de certaines associations, généralement nées en Europe ou aux USA, qui portent le nom de « Amis du Congo », il y a de quoi se demander de qui ils sont amis. N’est-ce pas qu’ils sont amis des ressources du Congo ? Sont-ils réellement les amis des Congolais ? Ceci pour dire que le Congo n’est pas considéré comme une terre des hommes mais comme une terre de choses à exploiter. Et cela autant par les grandes puissances prédatrices que par les congolais nous-mêmes. 

Et d’ailleurs, les « maîtres du monde », réunis en conférence à Berlin, en 1885, n’ont-ils pas fait du bassin du Congo une terre sans maître, un « no man’s land », où chacun pouvait venir puiser ses richesses sans contrepartie pour les populations qui devaient servir d’outils de travail ? Et pour mieux exploiter ce territoire congolais qui est trop vaste, ne faut-il pas le morceler pour en faire de petits Etats facilement exploitables ? D’où,  le projet de balkanisation que le Premier Ministre, Patrice Emery Lumumba, a dénoncé lors de son discours du 30 juin 1960 ; ce qui lui a coûté la vie !

Cette division du congolais d’avec lui-même qui ne vit plus en harmonie avec son humanité profonde nous a fait perdre le sens de la solidarité, de la fraternité et du respect de l’autre comme être humain. La culture de l’avoir, fondement du système capitaliste libéral, devenu ultralibéral et même sauvage, a supplanté la culture de l’être, de l’amour, de l’humanité. Cette culture de l’avoir qui se propage à travers les médias du mensonge au service des « maîtres du monde », qui se transmet à travers nos institutions sociales (familles, écoles, églises, et autres associations) nous impose un mode de vie de plus en plus inhumain. Nous avons intériorisé cette culture de l’avoir à travers notre formation et éducation.

1.2. Causes de ces divisions

1.2.1. Causes externes Comme je le dis souvent, la stratégie séculaire de ceux qui se considèrent comme les « maîtres du monde » est celle de diviser pour mieux régner. Les romains ont appelé cela « divide ut impera ». Aujourd’hui comme hier, les impérialistes provoquent des divisions entre les peuples et au sein des peuples pour garder leur puissance de domination. Pour cela, ils utilisent la corruption et la violence. S’ils ne créent pas ces divisions eux-mêmes, ils instrumentalisent les divisions internes sur base d’appartenance ethnique ou tribale. Les « maîtres du monde » découragent toute velléité de réconciliation et de cohésion réelle du peuple. 

1.2.2. Causes internes

Quoique puissent faire les « maîtres du monde », si les congolais ne collaborent pas, ne participent pas, ne sont pas complices, rien ne peut arriver. C’est pourquoi, il nous faut accorder toute son importance aux causes internes, celles qui relèvent des congolais eux-mêmes. Il s’agit principalement de la cupidité, la soif immodérée de l’argent et du pouvoir comme source d’avoir qui rongent le cœur et les esprits des congolais. Et cela à tous les niveaux. La course au pouvoir, à l’avoir et à la gloire est un des facteurs très puissants de division entre les congolais. A la cupidité et l’avidité, s’ajoutent l’orgueil et l’égoïsme qui sont les facteurs de division entre les hommes. Copiant leurs « maîtres », les dirigeants de notre pays sont souvent les plus communs diviseurs du peuple. Ils distillent le venin de la division pour leur accession et leur maintien au pouvoir. En effet, avec un peuple divisé, on ne peut pas avoir ni une opposition ni une société civile efficace et susceptibles de jouer au contre-pouvoir efficace.

1.3. Conséquences

La conséquence ultime de toutes ces divisions,  c’est le fait que nous sommes devenus un peuple faible. Tous les prédateurs et ennemis de la RDC profitent de ces divisions pour nous exploiter et nous commander. En définitive, ces divisions signent la mort de la nation, la mort de l’Etat qui n’existe que de nom. La RD Congo, notre pays, est devenue un Etat raté

  1. Exigences de la réconciliation nationale dans la justice et la vérité

Pour remédier à tout cela, pour reconquérir notre humanité perdue, pour retrouver notre terre confisquée et pillée par les autres et par nous-mêmes, il nous faut une thérapeutique de choc qui passe par la réconciliation. Celle-ci se définit comme le rétablissement de l’entente entre deux ou plusieurs personnes qui ne vivent pas en bons termes et qui se sont éloignées les unes des autres s’enfermant dans un isolement mortifère. Elle se définit aussi comme le rétablissement de l’entente avec soi-même. Il s’agit finalement d’être en accord avec soi-même et en accord avec autrui.

2.1. Eléments constitutifs de la véritable réconciliation

La réconciliation qui doit se faire sur la base de la justice et de la vérité, suppose : - la reconnaissance de l’existence d’une mésentente ou d’un conflit ; - l’établissement des causes de la mésentente ou du conflit ; - la reconnaissance de la responsabilité de chaque partie en conflit ; - le pardon mutuel demandé et donné ; - la réparation des dommages subis et infligés; - la reprise de la relation sur des bases nouvelles de respect mutuel avec la ferme résolution de ne plus reprendre ce qui a mené à la mésentente ou au conflit.

2.2. Quatre niveaux de la réconciliation

C’est pourquoi, je n'arrête pas de le dire : nous devons travailler à la réconciliation nationale dans la justice et la vérité en vue d'une cohésion nationale qui nous permettra de changer les rapports de force et nous rendra capable de bâtir ensemble un Autre Congo. Cette réconciliation devrait se passer aux quatre niveaux suivants : se réconcilier avec soi-même, se réconcilier avec Dieu, se réconcilier avec les autres, se réconcilier avec la nature.

 Il faut se réconcilier d’abord avec soi-même, avec son humanité perdue, son être profond et les valeurs de l'humanité que sont la solidarité et le partage, la liberté et la vérité, la justice et la paix, l’amour et le pardon, la fraternité sans frontière. Il faut se réconcilier ensuite avec Dieu. Mais,  pas n'importe quel Dieu ! Pas le Dieu gendarme, juge-président, bouche-trou de nos ignorances et incapacités, mais plutôt un Dieu Amour et Père Miséricordieux qui aime tous ses enfants et ne veut en perdre aucun. Il ne s’agit pas d’un Dieu des catholiques ou des protestants, des musulmans ou des orthodoxes, des kimbanguistes ou autres croyants indépendants. Il ne s’agit donc pas d’un Dieu des confessions religieuses avec leur cortège de guerres de religion. Il s’agit de cet Etre Suprême qui nous a créés tous à son image pour être sa ressemblance et nous a donné une commune humanité. Il faut se réconcilier avec les autres, nos frères et sœurs, avec qui nous partageons cette commune humanité et la même Mère Patrie. Il faut rétablir l’entente et la concorde entre nous les congolais à tous les niveaux, du sommet à la base de la société. Il faut refaire les liens de fraternité brisés par la cupidité, la course au pouvoir, à l’avoir,  et à la gloire. Il faut refaire les liens de fraternité en changeant son regard sur soi-même et sur les autres. Un adversaire politique n’est pas un ennemi à abattre, à éliminer par tous les moyens. Un adversaire politique est un frère avec qui nous devons construire ensemble notre pays dans le respect des différences. Enfin, il faut se réconcilier avec la nature que nous avons tant détruite par cupidité et esprit de prédation.... Il faut recréer cette harmonie avec la nature dont les ressources sont limitées. Il nous faut sauvegarder et protéger cette nature qui nous procure un bien-être, un bien-vivre ensemble.

2.3. Se réconcilier dans la justice et dans la vérité

Pour que cette réconciliation puisse porter des fruits d’un mieux-vivre en RD Congo, elle doit se faire dans la justice et dans la vérité. La justice dont il sera question ici devra être une justice-miséricorde. Je définis la justice-miséricorde comme celle qui combat et détruit le mal et sauve le malfaiteur en lui donnant des chances de se convertir, de changer et de faire  le bien. Elle ne méconnait pas le mal ; bien au contraire, elle l’identifie correctement en le nommant. La justice-miséricorde fait la distinction entre le mal et celui qui commet ce mal. Elle est dite justice-miséricorde parce qu’elle se fonde sur le pardon des offenses et l’amour de l’ennemi. Elle offre au malfaiteur la possibilité de réparer le mal commis et de renoncer à le faire de nouveau. La justice-miséricorde sauve à la fois l’accusé et l’accusateur qui se reconnaissent comme des malfaiteurs, chacun à sa manière. La vérité dont il est question ici c’est la vérité qui libère en l’homme la force d’aimer et de faire le bien. Il s’agit de la vérité sur l’homme qui n’est pas une chose mais un ETRE humain. Créé à l’image pour être la ressemblance de Dieu, l’homme est une créature sacrée. Il s’agit de la vérité sur les biens matériels qui sont mis à la disposition de tous les hommes pour contribuer au bien-être de tous. Ce sont des moyens pour vivre et non des fins. Il s’agit de la vérité sur le pouvoir qui n’est pas un moyen pour dominer et exploiter les autres mais pour servir au bien-être de tous. Le pouvoir est service et non domination et exploitation. Il s’agit de la vérité sur la gloire, les honneurs. La vraie gloire réside dans l’abaissement, dans l’humilité. Celui qui s’abaisse sera élevé ; celui qui s’élève sera abaissé. La réconciliation n’est possible que dans la vérité : vérité sur soi-même, vérité sur autrui. L’homme vrai est celui qui accepte de se sacrifier pour la vérité plutôt que de sacrifier la vérité au profit de ses intérêts et ambitions personnelles. Dire la vérité avec amour et non pour humilier, entendre la vérité dans l’humilité sans chercher à tout prix à se donner raison, telles sont les conditions pour une véritable réconciliation. Durant ce travail de réconciliation, nous nous laisserons guider par cette belle chanson de John Littleton qui porte le titre significatif : « Laissez-vous réconcilier » et dont voici le texte : Laissez-vous réconcilier (John Littleton) Laissez-vous réconcilier avec Dieu votre père Laissez-vous réconcilier avec le Christ votre frère Acceptez-vous de prendre la main qu'il vous tend?

Et de vous déclarer comme témoin en suivant son chemin 

Réconciliez-vous, réconcilions-nous maintenant Laissez-vous réconcilier avec Dieu qui est lumière Laissez-vous réconcilier avec la vie toute entière Dans notre monde ingrat et plein d'agitation Ouvrons nos cœurs et vivons dans la réconciliation Réconciliez-vous, réconcilions-nous maintenant Que chaque jour soit la fête du jubilé Que chaque jour soit la fête pour aimer La réconciliation entre les nations entre les familles Entre frères et sœurs du même sang Réconciliez-vous, réconcilions-nous maintenant Réconciliez-vous dirigeants de nos pays Réconciliez-vous pour dissiper tous vos conflits Soyez les guides luttant pour plus de justice Envers les opprimés abusés oubliés repoussés Réconcilions-nous avec tout l'univers Que notre monde soit achevé dans l'unité Réconciliez-vous, réconcilions-nous maintenant

III. Rencontre sous l’arbre à palabre

Une fois que nous avons opéré cette réconciliation dans la justice et dans la vérité, nous pouvons alors nous mettre tous ensemble sous l'arbre à palabre, nous inspirant de nos traditions ancestrales, pour parler Congo entre nous congolais sans interférence extérieure. Il appartient au Chef de l'État, en tant que détenteur du pouvoir et garant de l’unité nationale, de convoquer une telle rencontre des congolais et congolaises selon des modalités qui doivent être fixées de commun accord avec toutes les forces vives de la nation. Vers la fin de son règne, Mobutu était contraint de convoquer la « Conférence Nationale Souveraine », CNS en sigle, qui avait pour objectifs : faire une relecture de notre histoire, baliser le chemin d’un nouveau Congo et procéder à la réconciliation nationale.

Malheureusement, la CNS n’avait pas atteint l’objectif de la réconciliation nationale qu’elle s’était fixée. Laurent Désiré Kabila avait organisé le « Débat National » dont on n’a pas vu les résultats dans le sens de la réconciliation nationale. Joseph Kabila avait convoqué les « Concertations Nationales » qui devaient donner naissance à un gouvernement de « cohésion nationale » qui n’a jamais vu le jour. C’est l’occasion ici de se poser la question de savoir pourquoi toutes ces rencontres n’ont pas réussi à unir les Congolais, à produire la cohésion nationale fruit d’une véritable réconciliation entre les fils et les filles de notre chère patrie. Pour ma part, en analysant ce qui s’est passé dans les différentes rencontres, la cause principale de l’échec de la réconciliation nationale c’est la course au pouvoir qui caractérise la classe politique congolaise. Le pouvoir considéré comme un gâteau à se partager, a été au centre de toutes ces rencontres et a marqué l’aboutissement de chacune de ces rencontres.

En réalité, le Congo et son développement n’était pas toujours au rendez-vous de ces différents fora. 16 Aujourd’hui, ne pourrait-on pas envisager et suggérer au Président en poste de convoquer, comme le fit le Pape Saint Jean XXIII pour l’Eglise catholique, une sorte de concile qu’on pourrait nommer Concile Kivu I, eu égard aux souffrances que cette région de notre pays a connues pendant près de deux décennies, pour mettre la Nation Congolaise toute entière dans un état d’aggiornamento, de remise en question et de réflexion en vue de jeter les bases d’un Autre Congo ? La création d’une structure qui aura pour mission de conduire cette œuvre de réconciliation et de reconstruction du Congo peut être utile. On pourra la dénommer : « Commission Vérité et Réconciliation pour la Construction d’un Autre Congo ». Au cours de cette rencontre sous l’arbre à palabre, qui devra se tenir dans tous les quatre coins du territoire national, nous pourrions nous poser trois questions fondamentales.

3.1. Evaluation critique et responsable

La première question devrait être la suivante : qu'ai-je fait de cette terre que les ancêtres nous ont léguée ? C'est la dimension de la responsabilité personnelle, individuelle car chacun de nous est responsable  de la débâcle que nous vivons depuis des décennies. Et puis, toujours dans la première question, nous devons nous demander : qu'avons-nous fait ensemble de cet héritage de nos ancêtres ? C'est la dimension collective de notre responsabilité. Il faudrait à ce stade-ci que nous arrêtions avec la recherche des boucs émissaires, la chasse aux sorcières, la condamnation des autres que l'on désigne comme les seuls coupables, les seuls responsables de nos misères. Si le Congo ne marche pas, ne progresse pas, ne se développe pas, n’allons pas chercher les premiers responsables ailleurs. En effet, la responsabilité des déboires du Congo n’incombe pas aux Belges, aux Français, aux Américains, aux Rwandais, aux Ougandais, aux Anglo-saxons, etc.

Mais,  d’abord et avant tout, à nous-mêmes les Congolais. Il ne s’agit nullement de nier ou de méconnaître la responsabilité des puissances étrangères, mais plutôt de mettre l’accent sur le fait que les autres-là ne font rien sans notre collaboration, notre complicité. Chacun devrait parler à la première personne du singulier (je) et non à la deuxième personne (tu) ou à la troisième personne (il ou elle) pour montrer qu’il assume sa responsabilité individuelle. Il est évident que cette responsabilité individuelle n’est pas la même pour tous. Ceux et celles qui ont eu à exercer des fonctions de gouvernement ont plus de responsabilité que ceux qui n’ont été que de simples exécutants. Nous devons parler ensemble à la première personne du pluriel pour montrer que nous sommes conscients de notre responsabilité collective.

A cette première étape de notre démarche commune vers la construction d'un Autre Congo, un Nouveau Congo, chacun prendra la décision de reconnaître et de réparer le mal qu'il a commis et prendra l'engagement de ne plus y revenir et de se mettre résolument au travail pour bâtir un Congo Nouveau.

3.2. Vision commune : le Congo de nos rêves La deuxième question est la suivante : quel est le Congo dont je rêve ? Ou quel est le rêve que j'ai du Congo ? Comme pour la première question, il s’agira d’abord d’exprimer chacun de nous le rêve que nous avons du Congo, le Congo de mon rêve personnel. Suivra alors la question de savoir quel est le Congo dont nous rêvons tous, notre rêve commun. Ici, il s'agit de développer une vision commune du Congo que nous voulons bâtir collégialement, ensemble. Il nous faudrait quitter la vision des autres, celle des colonialistes et des néocolonialistes, qui fait de notre pays, une terre sans maître où chacun peut venir puiser les richesses sans contrepartie pour les populations locales.

Moi,  personnellement, je rêve d'un Congo qui sera une terre d'égalité où il n’y aura pas de domination des uns par les autres. Cette égalité sera fondée sur notre nature humaine commune. Une égalité qui ne doit pas être confondue avec l’unanimité. Une égalité qui ne fait pas disparaître les différences. Il s’agit d’une égalité dans la diversité, unité dans la diversité. Cette terre d’égalité sera celle où tout congolais sera respecté dans l’absolu comme un être humain digne de ce nom. Je rêve d’un Congo qui sera une terre de participation où chacun et chacune de ses fils et filles prendront part à sa construction ; où chacun et chacune auront à répondre de ce qu’il a fait ou de ce qu’il n’a pas fait ou ce qu’il a omis de faire ; où il n’y aura pas d’acteurs d’un côté et de spectateurs de l’autre. Il s’agit d’un Congo où chacun assumera la responsabilité de ses actes. 

Je rêve d’un Congo qui sera une terre de liberté où chaque fils et fille sera libéré de l’esclavage de l’avoir, du pouvoir et de la gloire pour se mettre résolument su service du bien commun, au service de l’amour fraternel. Une liberté qui sera la fille de la vérité qui régnera dans nos cœurs. Une liberté qui se conquiert en menant une guerre contre soi-même, contre sa cupidité, son avarice, son égoïsme, son égotisme et tant d’autres maux qui nous avilissent. Je rêve d’un Congo qui sera une terre de justice, une justice qui sauve l’homme malfaiteur et combat le mal, détruit le mal et redonne au malfaiteur la chance de faire le bien, une justice qui engendre la paix véritable et durable. Bref, je rêve d’un Congo bâti et fonctionnant dans un système où l’Etre prime sur l’Avoir et où l’avoir retrouvera sa vraie place de moyen au service de l’Etre et non le contraire.

En d’autres termes, je rêve d’un Congo qui a quitté le système capitaliste libéral déshumanisant pour marcher vers et entrer dans un système convivialiste humaniste où l’homme retrouve sa place de créature sacrée et à qui la gestion de toute la création est confiée. Ce Congo va marcher vers cette « terre promise » conduit par un leadership d’équipe à la manière de Moïse et Aaron qui ne sont pas entrés dans la terre promise. Ils se sont effacés pour laisser à d’autres le soin de diriger le peuple élu dans la nouvelle terre, terre de liberté. Et comme les enfants d’Israël ont eu le décalogue comme charte de vie ou constitution pour le vivre ensemble, le peuple congolais devra se doter de sa charte de vie, de sa constitution pour vivre dans cette nouvelle terre, dans ce nouveau Congo.

Cette charte-constitution sera l’expression de notre volonté de vivre ensemble en nous inspirant de nos valeurs africaines de solidarité et de partage. Et toi quel est le Congo de tes rêves ? Chacun doit rêver d'un Autre Congo et partager son rêve avec les autres compatriotes. Nous devons rêver ensemble d'un Autre Congo. Le monde appartient à ceux qui savent rêver comme Martin Luther King et sont prêts à mourir pour la mise en œuvre de leur rêve. 19 C'est un peu comme lorsqu'on veut construire une maison, on commence par imaginer comment on veut qu'elle soit. On rêve de sa future maison avant de confier à l'architecte le travail d'en faire le plan sur papier. Unis par le sort, nous devons donc nous dire comment voulons-nous que notre maison commune qu'est le Congo soit ! C’est à cette étape de notre démarche qu’il sera indiqué d’écrire ensemble la charte qui régira la vie commune de tous les habitants de la maison et qu’on appelle LA CONSTITUTION et qui sera respectée par tous, sous peine de sanctions sévères.

3.3. Mise en œuvre de ce Congo de nos rêves

Enfin, la troisième et dernière question sera la suivante : comment passer du rêve à la réalité ? Ou que suis-je prêt à faire et que dois-je faire pour que ce rêve devienne une réalité ? Que nous pouvons-nous et que devons-nous faire ensemble pour que notre rêve devienne réalité ? Ici, c'est le moment d'élaborer des stratégies d'action et de planifier le travail de construction. C'est aussi à cette troisième étape qu'on va choisir les « conducteurs » (leaders) de travaux à qui nous allons confier la charge de nous diriger dans la construction de notre maison commune. C'est ici le moment de se poser les questions suivantes : qui fait quoi ? Avec quoi ? Avec qui ? Comment ? Quand ? Où ? Le mode de désignation de nos dirigeants ou conducteurs des travaux sera celui que nous aurons décidé nous-mêmes sans nécessairement faire du copier-coller des modes venant d’ailleurs et nous imposés par les autres. Il nous faudra donc faire preuve de créativité, d’inventivité en privilégiant toujours le choix sur base d’un profil impersonnel et non sur des bases d’intérêts personnels égoïstes, des bases ethno-tribales.

3.4. Profil des leaders

Ce profil pourrait être celui que le politologue camerounais Samuel Eboua nous suggère dans son livre, Interrogations sur l’Afrique noire, et que nous paraphrasons en ces termes : « Le nouveau Congo a besoin d’hommes et de femmes d’action pénétrés de l’intérêt supérieur de l’Etat, des hommes et des femmes intègres, compétents,  travailleurs, meneurs d’hommes, des hommes et des femmes tolérants, rassembleurs, mais intraitables lorsqu’il s’agit de défendre l’intérêt général, des hommes et des femmes capables de réaliser beaucoup avec peu de moyens. Il s’agit d’hommes et de femmes qui n’aiment pas le pouvoir pour le pouvoir, mais pour qui ce dernier ne constitue qu’un instrument leur permettant de réaliser leur idéal au profit de la communauté nationale, et qui sont capables de s’en dessaisir dès lors que, pour une raison ou une autre, ils estiment ne pas être en mesure de réaliser cet idéal…

Ces hommes et ces femmes, bien que rares, ne sont pas complètement absents du Congo actuel. Il suffit de les dépister et de les responsabiliser » (EBOUA S., Interrogations sur l’Afrique noire, Editions L’Harmattan, Paris 1999, p. 177) Une fois que les stratégies d'action efficaces sont élaborées et adoptées par tous et que les tâches sont reparties, on passe alors à l'étape de l'exécution sous la conduite des "conducteurs" des travaux compétents et dévoués, complétement au service de la mère patrie dont ils privilégieront les intérêts avant les leurs propres. Il sera prévu aussi des moments d'évaluation en cours d'exécution pour voir si nous sommes dans la bonne voie et si nous avançons vers la réalisation de nos objectifs. Unis dans l’effort, nous pourrons alors bâtir un Congo plus beau qu’avant.

3.5. Notre motivation

Dans tout cela, ce qui doit nous motiver, c'est la recherche du bonheur de vivre ensemble en frères et sœurs du même sang, le sang congolais qui coule dans nos veines. Notre leitmotiv dans cette démarche serait donc : solidarité, fraternité et partage. L'homme congolais retrouvera sa place d'acteur de son propre développement intégral et en même temps bénéficiaire de ce développement de tout l'homme, de tous les hommes et de tout homme. Voilà ma réflexion et ma proposition pour que notre pays sorte de cette crise anthropologique dans laquelle il est plongé depuis des siècles. Le mot-clé dans cette démarche sera SYNERGIE. En conjuguant nos efforts, nous allons réfléchir et analyser notre situation sans complaisance en relevant la responsabilité individuelle et collective.

En unissant nos cœurs, nous allons décider de ce que nous voulons pour notre pays. Unis dans l’effort, nous allons agir pour bâtir notre pays selon notre propre vision et non celle des autres. Collégialement, nous allons évaluer notre action en vue de corriger éventuellement les erreurs avant d'aller loin dans le mal. 

En guise de conclusion

Le CONVIVIALISME HUMANISTE sera notre force comme le dit notre hymne national : « UNIS PAR LE SORT ! UNIS DANS L'EFFORT POUR L'INDEPENDANCE ! DRESSONS NOS FRONTS LONGTEMPS COURBES ! ET POUR DE BON PRENONS LE PLUS BEL ELAN DANS LA PAIX ! ».

Après la lecture de ce texte, certains pourront se poser la question de savoir : combien de temps cela nous prendra-t-il pour arriver à ce nouveau Congo ? Eh bien ! Ma réponse est simple : ça prendra le temps que ça prendra. C’est un projet à long terme. Dix, vingt, trente, quarante ans ? De toutes les façons, ce qui importe pour le moment, c’est de se mettre en route, d’engager le processus. Mais,  au préalable, il faudra procéder à la formation et à la conscientisation du peuple, au réarmement moral de toutes les couches de la population congolaise, de la base au sommet. Il s’agira d’une éducation à la culture démocratique qui portera sur les sept points suivants :

  • · l’analyse sociale,
  • · la culture démocratique qui doit être la nôtre et non celle d’emprunt,
  • · le leadership démocratique,
  • · la non-violence active,
  • · la communication bienveillante ou non-violente
  • · les partis politiques,
  • · les élections. Il faut donc se mettre, dès à présent, à créer un vaste mouvement populaire d’insurrection de consciences qui conduira à une véritable révolution culturelle, mentale. Une révolution de l’amour, de la réconciliation pour une société plus humaine et plus fraternelle. Une révolution des cœurs et des esprits.

Un changement de paradigme est obligatoire pour mener à bien ce projet et gagner le pari d’un AUTRE CONGO.

Un Congo réellement souverain et indépendant. Un Congo où règnent la vraie paix et la vraie fraternité.

(Editions du « Groupe Amos »,   Kinshasa, le 24 avril 2022)

 

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