Les trois jours du débat au sein de la Chambre basse du parlement de la RDC, concernant la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°06/006 du 09 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales telle que modifiée et complétée à ce jour, ont permis aux élus du peuple de s’exprimer ouvertement autour d’un débat républicain. Ils ont dévoilé leurs désidératas sur cette proposition qui fixe les règles des jeux pour la bonne tenue des joutes électorales. Le mardi 26 avril 2022, à l’issue du débat général sur la proposition de loi électorale, le Président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, a fait le décompte de 90 intervenants. Les co-auteurs de la proposition de loi, soit le G13, ont sollicité 72 heures pour rencontrer les préoccupations soulevées par leurs collègues députés autour de ce texte majeur qui organise les scrutins à venir.

En marge de la plénière du lundi, présidée par Christophe Mboso, ce dernier a rappelé les étapes ayant conduit à plusieurs jours de débat sur cette matière. La plupart d’élus nationaux ont beaucoup évoqué le maintien ou pas de la proportionnelle. Pour la suppléance, la majorité de députés soutient le libre choix pour un député national de se choisir qui il veut pour être son suppléant. D'autres ont plaidé pour la représentativité de la femme, c’est le cas de la Député de l’AFDC, Solange Masumboko qui, avec courage, a insisté sur la représentativité des femmes sur les listes de partis politiques pour concourir aux élections. D’autres ont, de plus, évoqué la représentativité des personnes vivant avec handicap et celle des peuples autochtones pygmées à 5%. Pour le candidat Président de la République, d'autres ont voulu intégrer dans le texte, la dimension d’être Congolais de père et de mère pour concourir à la magistrature suprême.

Le Député de l’UNC, Crispin Mbindule a été émerveillé par le débat démocratique au sein de l'hémicycle. Il n’a pu s’empêcher de congratuler Christophe Mboso pour la police du débat. «Sincèrement, l'honorable Mboso me surprend. Pour moi, quelqu'un qui est passé par le deuxième régime, je ne pensais pas qu'il pouvait nous laisser parler. Je vois qu'il est en train de construire une démocratie, d'instaurer un débat démocratique au sein de l'hémicycle. Pour cette raison, j'encourage les collègues du FCC à revenir dans la salle pour débattre en toute liberté dans le temple», a déclaré cet élu du peuple. "Je vais vous avouer que c'est la première fois qu'on discute sur une proposition de loi et qu'on fasse trois jours de débat général. Je crois que c'est une innovation et je peux confirmer qu’au jour d'aujourd'hui, il y a démocratie au sein de l'Assemblée nationale. Je vois la manière dont le débat s'organise, on laisse à chaque député le temps de s'exprimer librement, de fois même au-delà du temps imparti, soit 5 minutes. C'est une innovation et je ne peux que féliciter le bureau de l'Assemblée nationale et je demande à ce que les membres du bureau continuent ainsi dans l'organisation du débat, parce que les députés sont là pour débattre au nom du peuple, en tant qu'élus et envoyés du peuple congolais. Nous venons ici à l'hémicycle pour faire passer les idées du peuple, que le bureau nous accorde du temps de nous exprimer et d'en débattre librement au sein de l'Assemblée parlementaire. Car, on ne peut pas être appelé parlementaire sans débat", a-t-il renchéri.

La plénière d’hier avait une saveur très particulière. Car non seulement la plupart d’élus ont mis un point d’honneur sur l’élection des gouverneurs et sénateurs laissant entendre que le candidat gouverneur et sénateur doivent être élus par les députés provinciaux et le candidat gouverneur doit être avant tout un député provincial, mais aussi, la participation de quelques députés du FCC a été saluée par l’auguste assemblé.

MB