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L’Université de Kinshasa d’hier et celle d’aujourd’hui, demeure égale à elle-même. L’histoire vient encore de se répéter. Attendez ! Comme c’est fut le cas dans les années 90, la colline inspirée de Mont-amba a été de nouveau scellée par le pouvoir exécutif de la RDC. D’aucuns s’inquiètent de cette mesure conservatoire qui met en péril beaucoup d’étudiants innocents.

D’ailleurs, ces derniers voient en cette fermeture le danger de vivre pour une énième fois une année élastique. Aujourd’hui plus que jamais, la fermeture de ce lieu et le déguerpissement des étudiants des homes, sont des sujets qui continuent d’alimenter l’actualité. Le flou qui persiste sur la date de sa réouverture ne laisse personne indifférente : Ni les étudiants qui fréquentent l’Unikin, encore moins les parents qui ont consenti des sacrifices énormes pour envoyer leurs enfants à l’université.
Au regard de ce tableau peint en noir, quoi de plus normal de s’interroger sur cette situation qui touche particulièrement les élites de cette grande nation.

La sanction collective infligée par le ministère de l’ESU avec la bénédiction du Gouvernement de la République, punit à la fois les étudiants innocents et les fauteurs de troubles dont le statut d’étudiant reste à prouver. Que faire lorsque la décision provient d’en haut ? Lors du conseil des ministres présidé vendredi dernier par le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi lui-même, il a été décidé que la réouverture de l’Unikin allait intervenir incessamment. Mais bien avant, les homes doivent tout d’abord être réhabilités, avant que ‘’les vrais étudiants’’ soient réinstallés après la vérification bien évidemment des dossiers.

Tout compte fait, ces travaux de réhabilitation des homes devraient se faire le plus rapidement possible, dans la mesure où les étudiants venant de l’étranger et même ceux qui viennent de l’intérieur du pays sont les plus touchés par ce déguerpissement. Un signal fort de la part du Gouvernement pour l’hébergement ferait l’affaire.

Des voix s’élèvent
En ce qui concerne le flou qui persiste sur la date de la réouverture de l’Unikin, Pierre Lumbi Okongo, Sénateur congolais de son état, est monté au créneau pour interpeller le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi quant à ce. Dans sa correspondance lui adressée, cet ancien conseiller en matière de sécurité de Joseph Kabila quoiqu’il ait condamné la violence avec mort d’homme qui s’en était suivie lors de manifestation des étudiants contre la hausse des frais académiques, a demandé néanmoins à Félix Tshisekedi, en tant que garant du bon fonctionnement des institutions de la République, de pouvoir veiller à ce que cette fermeture ne puisse pas se prolonger au-delà du ‘’temps strictement nécessaire pour le rétablissement de l’ordre public’’. Auteur d’une proposition, le Sénateur Lumbi a suggéré au Ministre de l’Esu de fixer une date précise de la réouverture de l’Université de Kinshasa et la reprise du dialogue avec les étudiants pour éviter de perturber, si pas de perdre l’année académique en cours. A tout dire, il n’est pas le seul à penser ainsi. Journalistes, politiciens, parents, membres de la société civile et Cie, tous plaident pour que la réouverture de l’Unikin soit effective dans un bref délai. Ces derniers redoutent de ce qui s’était passé entre 1985 et 2000. Dans le passé, des fermetures intempestives des établissements de l’enseignement survenues en ce temps-là ont causé des dommages dont les effets collatéraux visiblement négatifs se font sentir jusqu’à ce jour.

Merdi Bosengele

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