4 janvier 1959- 4 janvier 2020, cela fait 61 ans exactement depuis que de nombreux congolais ont, pour la première fois, dans un élan spontané, collectif et populaire, marché pour revendiquer la bonne gestion de la Res Publica.

Nombreux d’entre eux ont tragiquement perdu la vie. Date historique choisie également par l’Organisation des Indépendantes et Inter-socio Professionnelles de la Société Civile (OIIPSC), conduit par Jean-Marie Ntantu-Mey, ci-devant promoteur du BAC pour faire un bilan en perspective, proposer des pistes de solutions et réfléchir en présence des chevaliers de la plume et des quelques intellectuels du pays, au Centre Culturel Congolais Kiese-Mey de Saint Moulin à Lemba. Dans son exposé, JM Ntantu-Mey appelle le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, à la prudence quant à la question et l’applicabilité de la gratuité de l’enseignement qui, jusqu’ici, est l’élément clef de son quinquennat.

La gratuité de l’enseignement de base étant constitutionnelle, Jean-Marie Ntantu-Mey estime que cette décision devrait se faire progressivement et par palier. «Il n’est pas question que les enseignants, comme les martyres de l’indépendance, subissent le même sort, en devenant également martyrs de l’éducation. Nous disons qu’il faudrait un réajustement des salaires par palier, accompagné d’une réduction de la contribution des parents par phase. C'est-à-dire, quand on ajoute 100 dollars, on supprime de la contribution des parents 100 dollars. Ce serait une justice distributive», a laissé attendre Ntantu-Mey.

A la question de savoir qu’en est-il du système éducatif du pays 60 ans après l’indépendance ?, le promoteur du BAC relève que ‘’cet article a été mal interprété, mal appliqué et politisé à souhait ‘’. Dans la foulée, JM Ntantu-Mey a proposé quelques justes solutions notamment, un réajustement du salaire des enseignants et la suppression de la contribution des parents palier par palier. Dans la même logique d’idée, l’orateur du jour a martelé plus sur le secteur éducatif, d’autant plus que cela fait 30 ans qu’il est dans le combat sociopolitique pour la promotion de la culture et de l’éducation ainsi que dans la défense des faibles et des causes justes. Pour ce dernier, l’éducation est une dominante pour la formation d’un nouveau citoyen et d’un nouveau dirigeant congolais.

4 janvier 1959
Dans une ambiance des questions-réponses, Jean-Marie Ntantu-Mey, en mode modérateur et intervenant, a expliqué à la presse et aux intellectuels présents que ‘’les martyrs tombés un certain 4 janvier 1959, ne sont pas morts en vain’’, la Société Civile de la RD. Congo doit se ressaisir et se réorganiser pour l’intérêt de la patrie. Que la chose publique ‘’Res Publica’’ soit gérée dans le respect des valeurs éthiques et républicaines.
Pour la petite histoire, les émeutes ont éclaté après que les autorités coloniales décident d’interdire aux membres du parti politique ‘’Alliance des Bakongo’’ (ABAKO), de manifester le 4 janvier 1959.

En effet, après la restitution des travaux de la conférence d’Accra par Lumumba, en décembre 1958, qui avait eu un écho dans toute la Capitale du Congo Belge, le pouvoir colonial redoutant le même effet avec Kasa-Vubu, a carrément interdit la manifestation sur l’actuelle place de l’YMCA. La répression fut très violente. Jusqu’ici, le nombre exact de victimes n’est pas connu. Qu’à ce la ne tienne, au moins 49 personnes auraient perdu la vie. C’est alors que l’ex Congo Belge obtient son indépendance près d’un an et demi, soit le 30 juin 1960, devenant ainsi la République du Congo-Léopoldville. Depuis, le 4 janvier de chaque année est scruté ainsi un jour férié en RDC, connu sous le nom de ’’ journée des Martyrs de l’indépendance’’.

Raphaël Mansangu & Ornella Muleka