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*La rentrée scolaire pointe à l’horizon. C’est déjà le 2 septembre prochain que les bleus blancs retrouveront le chemin de l’école.

Pourtant, le spectre de la grève guette toujours cette reprise tout aussi timide du point de vue des préparatifs. Sur tous les marchés de vente d’objets classiques, l’on note moins d’engouement de la part des parents, faute des moyens. Du côté des enseignants, il faut dire que les engagements pris par le gouvernement consistant à prendre en charge les études primaires et de payer les instituteurs traînent les pas. Déjà, la note circulaire signée par le Gouverneur Gentiny Ngobila, octroyant à ces derniers la possibilité de fixer le montant des frais est disponible. Et ce, sans prendre en compte la difficulté qu’ont les parents, pour ne fût-ce que payer les acomptes. Par ailleurs, la flambée des prix sur le marché ne dit pas son nom, alors que le pouvoir d’achat demeure très faible. Dans cette cacophonie, parents et enseignants ne savent plus à quel saint se vouer. Aussi, l’absence du gouvernement est-elle l’élément majeur qui risque d’amplifier davantage ce chaos, pensent-on çà et là. Plusieurs voix s’élèvent et appellent Félix Tshisekedi, le Chef de l’Etat, à la rescousse.

Selon plusieurs sons de cloches, quasiment tous les parents se plaignent du coût que leur inflige cette rentrée scolaire 2019-2020. « C’est une charge supplémentaire », entend-on. Outre les frais qu’ils doivent payer pour les acomptes, il y a d’autres charges connexes, comme celles consécutives aux fournitures scolaires obligatoirement achetables à l’école.
«Nous sommes consternés nous, parents au demeurant pauvres… nous avons un salaire réduit et on nous taxe de grosses sommes d’argent à payer avant que nos enfants ne mettent leurs pieds à l’école. Moi, j’ai 5 enfants que je dois envoyer à l’école, mais je dois avant tout débourser 150 dollars seulement pour les uniformes, un petit cahier de communication et un journal de classe. Sans compter l’acompte de 200 dollars par enfant. C’est trop», a lâché une mère de famille, visiblement, très ulcérée.

Où sont passés les accords et les promesses ?
Dans son discours d’investiture, le 24 janvier 2019, Félix Tshisekedi, le Président de la République, avait promis la gratuité des études primaires dès son accession aux arcanes du pouvoir. Sûrement qu’il pensait que le gouvernement ne prendrait pas si longtemps à sortir pour commencer le travail. Fort malheureusement, les choses ont tourné en sa défaveur. Chose promise, chose pas due !

Face à cette situation, les enseignants attendront encore la bourse des parents cette année, en dépit de tous les problèmes financiers que vivent la plupart. Jean-Bosco Kiayima, le délégué des enseignants du Synecat du Lycée Tobongisa rappelle que l’Accord de Mbudi, tel conclu sous l’ère Kabila, alors qu’il coiffait encore l’empire 1+4, «prévoyait un salaire plus commode pour les enseignants. Mais, cet accord s’est noyé dans le précipice de l’oubli…Aujourd’hui, nous sommes obligés de vivre grâce à la participation des parents, même si cela contraste avec tous les efforts engagés. Néanmoins, nous ne parlerons de grève que si les parents refusent de payer ».
Et, à lui, d’ajouter : «un enseignant touche aujourd’hui pas plus de 200.000 FC, payé par l’Etat. Alors que les parents prennent à 75%, la charge allouée au gouvernement. Ceci relève de la mauvaise foi de ce dernier, qui profite bien de la situation. C’est une minorité qui se retrouve avec l’argent du contribuable ».

Les parents crient au secours du Chef de l’Etat
Au regard de cet imbroglio, ils crient au secours. Les parents meurtris par cette situation n’ont plus que leurs yeux rivés vers Dieu, du moins pour ceux qui gardent encore la foi, pour que les choses bougent.
Mais, les plus sceptiques lancent un appel fort au Président en ces termes : « le Chef de l’Etat doit s’impliquer, jusqu’à quand allons-nous souffrir de la sorte ? Le manger coûte déjà cher. Ajouter à cela l’alimentation et la scolarisation, avec des salaires de misère, c’est nous pousser à bout », rouspète un fonctionnaire de l’Etat. Entretemps, aux marchés, les prix ne font que monter, même si les acheteurs se font rares.

Les vendeurs promènent des regards inquiets, sans rien trouver d’intéressant : « nous ne comprenons pas. Est-ce parce que le gouvernement traîne les pas ? La vente est trop faible. Le Président Félix doit vraiment faire diligence pour palier cette situation qui risque de dégénérer », prévient, enfin, une vendeuse d’uniforme au marché Gambela, dans la commune de Kasa-Vubu.

Grâce Kabedi

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