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Plus de trois heures ensemble, plusieurs sujets débattus. Même si le mystère reste total sur le menu de ces échanges, il n’en demeure moins évident qu’à cette occasion, Félix Tshisekedi, profitant de la présence de Katumbi et Bemba, puisse se souvenir ne serait-ce qu’un instant de sa trajectoire, de son parcours, depuis les frasques politiques de Genève.


Ce week-end, en effet, ç’aura été un temps nouveau pour la cogitation des stratégies devant conduire à la matérialisation de l’Union Sacrée. Si, dès le départ, il a tracé le cadre, en décidant, illico presto, la rupture de la coalition FCC-CACH, il n’en a pour autant indiqué toutes les strates et séquences qui donneraient à la RD. Congo, la nouvelle physionomie en termes de nouveau corpus institutionnel qu’il n’a cessé de déclamer notamment, dans ses trois derniers discours du 23 octobre 2020, du 6 et 14 décembre 2020.
Ce qui pousse de nombreux analystes à penser que c’est peut-être maintenant que son idée, longtemps caressée, doit passer à la phase de sa réalisation.
Il lui faut, à la fois, les acteurs politiques majeurs – comme il ne peut, d’un coup, les créer pour ne pas tomber dans le piège de la génération spontanée -, les moyens et, surtout, les objectifs communs.
Est-ce dans contexte-là que l’on peut situer la trame cachée de la rencontre ‘’à trois’’ de ce week-end avec les ex-leaders de Lamuka ?
Tout porte à croire qu’il miserait sur eux, pour la suite de son feuilleton notamment, pour la nomination de l’Informateur, l’identification de la nouvelle majorité parlementaire, la nomination, dans une brève échéance, d’un nouveau Premier Ministre en remplacement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba.
Et, comme si cela ne suffisait pas, l’enjeu du perchoir de l’Assemblée Nationale est aussi important. Comment remplacer Mabunda et l’ensemble de son Bureau si, au préalable, l’on n’a pas bien cerné les méandres des couloirs et autres réalités parlementaires ? D’où, il se pose un problème du bic, de l’intelligence et des capacités réelles. Ici, il ne suffit pas d’avoir le biceps, le verbe facile ou d’être habitué à bivouaquer dans les masses comme un poisson dans l’eau mais bien, du management des questions des politiques publiques, de la gestion des problèmes macro-politiques et des aptitudes pour faire asseoir les réformes politiques et institutionnelles tant préconisées et dont la concrétisation nécessite des lois, règlements et autres décisions issues du Parlement.
Tout compte fait, il lui faut à ce niveau-là, gérer les ambitions et redistribuer les cartes de telle sorte que son ambitieux projet de refondation du pays à l’aune de l’Union Sacrée ne puisse pas tourner en dérision, ni au vinaigre.
Bien plus, dans son dernier discours à la nation, il évoquait, par ailleurs, l’épineuse question de la nouvelle feuille de route que devrait porter à bras-le-corps le tout imminent gouvernement qu’il s’apprêter à instituer.
C’est sur ce dossier-là, point n’est besoin de rappeler qu’un tel gouvernement de mission ou de salut public aurait, logiquement, besoin du temps pour se constituer, préparer son discours-programme en vue de l’investiture, s’installer et commencer à gérer. Ceci ne prendrait pas moins de six mois, soit d’ici fin juin 2021, selon des spécialistes. Donc, même en dehors du FCC dont les rangs resteront difficiles à vider jusqu’au bout, selon que Kabila, son Autorité Morale, n’a encore pipé mot, ni renâclé face à tout ce qui lui est arrivé avec la chute de Mabunda, l’Union Sacrée aura, néanmoins, du pain sur la planche.
Normalement, jusqu’à l’horizon de fin décembre 2023, elle doit jouer pleinement le rôle de substitut à la coalition FCC-CACH ainsi défaite ou renvoyée à l’encart.
Pour y arriver, elle a intérêt à établir la symétrie entre les buts visés, les moyens et du temps. Agir autrement, c’est aller à l’assaut de l’Everest à pied.

LPM

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