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Plus rien ne va. Plus rien alors ne permet d’afficher, avec optimisme, l’embellie d’hier au sein de la coalition FCC-CACH. La tension est vive.

La méfiance aussi. Les uns tirent sur les autres. Alors que les autres, aussi renâclant que les uns, reprennent la ligne des masses. De façade, certes, la coalition ne tient plus qu’à un fil. Car, à tout instant, tout peut bouger.
Il y a quelques jours, au moment l’on pensait que la concertation Kabila-Tshisekedi remettrait les clepsydres à l’heure afin que les membres du comité restreint de l’accompagnement de l’accord du 29 juillet 2019 puissent vider les divergences, voici que des appels à la rupture se multiplient.
L’Uds de Crispin Kabasele parle, lui, du sabordage du CACH. Tshimbombo Mukuna, quant à lui, serait, plutôt, pour la métamorphose des termes de référence sous-tendant la coalition FCC-CACH. Plus durs que tous les autres, à l’Udps, chez les combattants aguerris, l’heure est, décidément, aux préparatifs des pressions de la base pour le divorce.
Samedi 3 octobre dernier, Yesu Kitenge, l’un des vieux lions de la scène politique congolaise, devenu, après l’accession aux affaires de Félix Antoine Tshisekedi, son Envoyé Spécial et Haut Représentant, a également évoqué cette histoire de mariage ‘’difficile’’ entre les deux plateformes. Il disait, sans se sourciller, que les choses n’étaient au beau fixe et en appelait à la tempérance, s’il faut sauver les meubles.
Comme quoi, les quelques avancées attendues sont sacrifiées sur l’autel de ces tiraillements basés sur les enjeux des élections 2023.
D’ailleurs, le même Yesu, plaçant la barre au-dessus de la mesure de ces discours ambitieux, est allé plus loin, jusqu’à insinuer que constitutionnellement parlant, l’actuel Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, aurait encore la possibilité de rempiler à la tête du pays jusqu’en 2028. Allusion faite ainsi à cette affaire, devenue monnaie courante en Afrique, de deux mandats.
Mais, de l’autre côté du Boulevard, la montée en puissance d’un tel discours est perçue comme un véritable ballon d’essai. ‘’C’est discours aux antipodes du deal’’, a-t-on entendu râler, dans les milieux proches du ‘’fermier’’ de Kingakati.
Si souvent, l’on a entendu parler d’un tour de passe-passe qui verrait ainsi, par un jeu de chaise musicale, l’ancien Président, Joseph Kabila, quoique Sénateur à vie, récupérer son strapontin pour gérer encore le pays, comme ce fut le cas, plusieurs fois, en Russie de Poutine ou au Congo-Brazzaville de Denis Sassou Nguesso.
Dans cette optique, les caciques du FCC qui croient, dur comme fer en la lettre ainsi qu’à l’esprit de l’accord de coalition, ne rêvent pas mieux que le respect des engagements politiques.
Voilà, entre les deux courants, le climat politique est alimenté par le débat sur les Ordonnances présidentielles appelées à être rapportées, les réformes électorales, le choix des animateurs de la CENI, les enquêtes de l’IGF et les interventions intempestives de la justice pour se régler, apparemment, les derniers comptes.
Pourtant, les deux forces sont condamnées à vivre ensemble. Casser Félix Tshisekedi, c’est aussi rendre impossible la gouvernance d’aujourd’hui et de demain. Etouffer Kabila, c’est aussi provoquer la colère de sa Majorité qui, elle, est censée légiférer et assurer le contrôle de l’Exécutif. Ces deux forces-là, quoique s’arc-boutant, sont intimement liées par l’histoire.

LPM

 

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