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Une ambiance délétère prévaut au Palais du Peuple, siège du Parlement congolais. A quelques jours de la fin de la Session, prévue le 15 juin prochain, la production législative est visiblement faible. L’atmosphère a surtout été polluée par des affaires dont celles ayant opposé Jean-Jacques Mamba à Jean-Marc Kabund, d’un côté, et Bijou Goya à Alexis Thambwe Mwamba, de l’autre.


Le chef de la majorité au Parlement, Joseph Kabila, avait, lors de ses consultations à GLM, donné le mot d’ordre de soutenir le 1er Vice-président de l’Assemblée nationale menacé de déchéance. La Présidente de la Chambre basse du Parlement l’a notifié à ce dernier conformément aux prescrits du règlement intérieur de cette institution. Mais, la réponse de Kabund à Mabunda a été incendiaire. Le président ad intérim de l’UDPS s’est, en réalité, tiré une balle dans le pied.
Dans l’entre-temps, sur ordre du Procureur Général près la Cour de Cassation, le pétitionnaire Mamba a été arrêté manu militari, verbalisé et jugé en culotte de chambre. Cet épisode a choqué bon nombre de ses collègues Députés nationaux. Et l’Assemblée nationale s’est investie pour la relaxation et l’abandon des poursuites contre ce Député issu des rangs du MLC et de Lamuka. Au finish, Jean-Jacques Mamba est libéré mais pas acquitté. Il doit répondre de ses actes après le 15 juin 2020, date coïncidant avec la clôture de la Session en cours.
Pendant l’examen de la pétition comme deuxième point inscrit à l’ordre du jour, un groupe de Députés UDPS et Alliés ont, après le rejet de leur motion, provoqué des troubles ayant conduit à la suspension momentanée des travaux dans l’hémicycle du Palais du Peuple. Au regard de ce spectacle désolant et de l’humiliation subie par leur collègue Mamba, la majorité de Députés FCC a fait volte-face, en allant à l’encontre du mot d’ordre de leur Autorité morale. Cela s’appelle politique de la ritournelle. Par voie de conséquence, le 1er Vice-président de l’Assemblée nationale a été destitué à une écrasante majorité. Objectif politique atteint pour le lamukiste Mamba. Du coup, l’UDPS déclare qu’il ne proposera pas de remplaçant au poste laissé vacant par Kabund.
Par ailleurs, dans l’autre affaire qui a défrayé la chronique, cette fois au niveau de la Chambre haute du Parlement, la plénière a rejeté unanimement l’autorisation des poursuites contre Alexis Thambwe Mwamba. «La Cour de Cassation elle-même sait qu’elle ne peut pas venir sollicitée la levée des immunités dans d’état comme cela. Non seulement on a rejeté la demande introduite par le Procureur Général près la Cour de Cassation, mais nous avons aussi mis fin à toute poursuite», a soutenu le Rapporteur du Sénat.
Ainsi donc, il n’y a pas lieu de parler, dans ces deux affaires, de bonnet blanc, blanc bonnet. Expérimenté et humble, Alexis Thambwe Mwamba ne s’est pas tiré une balle dans le pied. Ce Président du Sénat avait même offert un bouquet de fleurs à la Sénatrice Goya en guise de réconciliation. Aussi, a-t-il bénéficié du soutien de tous ses collègues jusqu’au bout. Contrairement à Jean-Marc Kabund qui vient de tomber de son piédestal alors qu’il disposait de toutes les marges de manœuvres pour éviter ce piège, pour désamorcer cette bombe qui lui a explosé en pleine figure. A qui la faute ?

La Pros.

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