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A longueur de journées, alors que les congolais étaient déterminés à aller jusqu’au bout de leurs propres choix, lors des joutes électorales du 30 décembre 2018, que n’a-t-on pas entendu dire ? Des discours dithyrambiques, des déclarations mielleuses, des prises de bec et sorties tapageuses.


Aujourd’hui, ces mêmes hommes politiques à la verve oratoire facile, ceux-là qui sont, du reste, à compter parmi les plus célèbres sont rattrapés. Les pieds et mains liés, ils séjournent à Makala au même titre que les autres prisonniers ayant commis des infractions de droit commun. Ni les titres, ni les fonctions, ni encore moins, les influences politiques n’ont plus résistance contre la cruauté et à la gravité de la situation. Tout a basculé en un clin d’œil.
Tenez ! En une année de gestion, que des cadavres découverts dans les placards !
Bien derrière eux, l’idée de rebâtir le pays, celui dont les aïeux rêvaient depuis 1960 d’une grandeur suprême au cœur de l’Afrique, s’est étiolée. Ils se sont, par contre, rués sur d’autres pistes, en explorant, apparemment, celles dont les raccourcis leur garantiraient des postures idéales dans le giron politique, pour faire main basse sur le Trésor public, pourtant, déficitaire.
Donc, sur le dos du même peuple qu’ils ont feigné de servir, il se cachait bien des dents longues et prêtes à tout croquer pour soi, pour son cercle restreint tant qu’on y est…
Doit-on considérer que Kamerhe ainsi que tous les interpellés par la justice congolaise en sont vite arrivés là ? Sinon, quelles peuvent être des motivations qui les y pousseraient alors que les fonctions ainsi que les avantages qui sont liés n’en offrent le moindre intérêt visible.
A l’inverse, puisqu’on y est, qu’est-ce qui peut, en si peu de temps, faire courir un tel homme derrière la tête alors que dans la perspective des échéances 2023, il avait encore plus à miser pour monter en puissance, si Félix Tshisekedi, au nom de l’Accord de Nairobi, lui concédait un peu d’espace pour sa candidature à la présidentielle ?
Autant sont des questions. Autant sont des équations. Au fait, même s’il bénéficie jusqu’ici de la présomption d’innocence, l’affaire Kamerhe fera tomber des légendes. Car, tous les dossiers sales seront ou exhumés ou excavés. Et la justice s’y mettra. ‘’Alea jacta est’’, disent les latinistes.
Déjà, Fulgence Lobota Bamaros, Benjamin Wenga ont été pris dans la même nasse. Ils arrondissent les rangs et donnent du travail à la justice, à l’instar de tous les autres qui y étaient interpellés auparavant. David Blattner, Jammal Samih, Herman Mutima ont fini par le happer dans cette histoire ténébreuse aux allures d’un véritable tourbillon qui met, paradoxalement, le leader l’Unc aux antipodes des valeurs républicaines pour lesquelles il s’est toujours battu, depuis sa tendre enfance. Qui l’eût cru ? Puisqu’apparemment, à partir de cette série noire d’arrestations au haut sommet, l’histoire de l’Etat de droit au Congo est en train de commencer ses belles pages. Kapiamba Georges, œuvrant sous la bannière de l’ACAJ, n’en a-t-il pas été l’un des premiers à saluer cette nouvelle tournure des choses?

LPM

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