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Il n’existe sans doute rien au monde qui fait grincer les dents à un politicien qu’un casier judiciaire aux lignes noircies. S’il n’est pas d’une virginité indéniable, ce bout de papier peut vous faire manquer une élection. Or, pour un homme politique, lui ravir une élection pour une incartade passée, c’est comme lui priver de l’air qu’il respire.

Un casier judiciaire taché, c’est la mère de l’opprobre. Quoiqu’il existe des pays où l’on se joue de ses anciennes condamnations, où les casiers judiciaires redeviennent miraculeusement plus vierges qu’avant, rendant leur détenteur plus blanc que neige.
Sauf que la justice, elle-même, qu’elle soit nationale ou internationale, peut se fourvoyer et vous coller des anathèmes du genre toile d’araignée. Prenez le cas de Jean-Pierre Bemba. Le leader du MLC séjourne pendant dix ans ininterrompus dans les geôles de la CPI, à la Haye, aux Pays-Bas. Il est, par la suite, acquitté des crimes de guerre et crimes contre l’humanité que ses troupes auraient commis en Centrafrique, avant de subir une seconde condamnation pour subornation de témoins, qui entraînera, cette fois-là, la mise à l’écart de sa candidature à la présidentielle du 30 décembre 2018. L’on se souvient encore de débats télévisés homériques sur l’essence-même de l’accusation de ‘’subornation de témoins’’. Dans une société où tout le monde est expert en tout, selon l’heureuse expression du professeur Mabi Mulumba, il en sortit plus de chaleur que de lumière.
Aujourd’hui, les avocats de l’ex-vice-président de la République format 1+4 se lancent dans une nouvelle croisade et engagent instamment la CPI à laver l’opprobre jeté sur leur client du fait d’une détention prolongée injustement d’abord, et d’une condamnation à une année d’une détention qu’il avait déjà purgée ensuite. Ils demandent qu’en toute équité, des démarches soient entreprises afin de remettre leur client dans ses droits. C’est-à-dire, en obtenant l’effacement des mentions infamantes portées, de manière indue, sur son casier judiciaire. Revoilà de la matière à débat, pour éviter qu’à la prochaine occasion, lors de la prochaine saison électorale, telle que prévue en 2023, qu’il soit libre de ses faits et gestes, qu’il recouvre totalement ses droits civils et politiques, pour rivaliser d’ardeur avec d’autres candidats au strapontin présidentiel qu’occupe aujourd’hui Félix Tshisekedi et que Kabila, loin de se contenter simplement de faire la réminiscence de ses 18 ans de règne, tient, le moment venu, à reconquérir encore.

La Pros.

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