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C'est faire montre de naïveté que de prétendre que personne ne s'attendait à ce que le Coronavirus (rebaptisé COVID-19) ne fasse un jour irruption sur le territoire congolais.

Les âmes bien pensantes savaient que tôt ou tard, l'épidémie mondiale finirait par s'inviter dans ce pays de tous les superlatifs. Aussi bien les autorités sanitaires nationales que les résidents de l'OMS étaient convaincus que le coronavirus déjà signalé au Nigeria ne mettrait que quelques jours avant de s'insinuer à Kinshasa. Mais, il fallait à tout prix éviter la panique dans une mégalopole qui, hormis quelques éruptions périodiques de choléra et de rougeole, a jusqu'à présent été épargnée de grandes crises sanitaires de type Ebola, comme elle a été préservée du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), lors de l'épidémie de 2013.
Et voilà que le premier cas confirmé ne vient pas du pays d'Olusegun Obasanjo, mais bien de la France. Or, il est bien connu qu'à l'occasion de l'accueil d'un compatriote arrivant du vieux continent, la famille proche, le clan, la tribu, les ressortissants de son territoire et jusqu'à ceux de sa province se ''mobilisent'' pour lui présenter leurs civilités intéressées - ô combien! - le tout dans une débauche d'accolades, de bises et de ripailles fortement arrosées. Amis d'enfance, camarades de classe, ses enseignants du primaire et des anciens camarades du secondaire et d'université, tous sont au rendez-vous. La maison familiale ne désemplit pas de la journée et jusque tard dans la soirée. Peu importe que l'homme ou la femme soit descendu(e) dans un hôtel, le scénario reste le même. Les fauteuils de la réception sont pris d'assaut dès l'heure du petit déjeuner... On peut imaginer, dans ces conditions-là, combien de personnes sont entrées en contact direct avec le malade présumé au cours de quarante-huit heures qui ont précédé sa mise à l'isolement, et la difficulté cardinale à retracer leurs parcours respectifs à travers la ville.
Parmi les armes préventives utilisées contre le coronavirus dans les pays les plus atteints figurent l'interdiction de grands attroupements et le confinement. Le monde gardera longtemps les images des villes chinoises ou italiennes désertées, des écoles et usines fermées.
Dans le cas (non souhaité) où l'état d'épidémie serait déclaré à Kinshasa, il n'est pas certain que la même situation de prudence dans la discipline soit observée à Kimbanseke ou à Kingabwa, entre autres, où les populations vivent au jour le jour, forcées de sortir tous les matins à la recherche dukwanga quotidien. Touchons du bois qu'on n'en arrive pas là. Dieu aime tellement la RDC, pays de la résilience par excellence!

La Pros.

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