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‘’Si Mahomet ne va pas à la montagne, la montagne ira à Mahomet’’, affirme l’adage qui pose la nécessité de pousser jusqu’à son aboutissement, une entreprise vitale entamée, en dépit des embûches qui parsèment le parcours.


Il est rarissime qu’un Premier ministre foule les pénates du temple national des Douanes. Ilunga Ilunkamba a franchi le pas, le jeudi 6 mars, en allant à la rencontre des cadres et agents de la Direction générale des douanes et accises (DGDA).
La démarche, peut-on la deviner aisément, consistait au rappel des troupes en vue de la mobilisation des recettes dont les assignations coulées dans la loi des finances 2020 s’élèvent à 4.567.868.327,74 FC.
Au-delà des discours et des courbettes, il y a lieu de rappeler que la maladie des douanes congolaises est archi-connue : elle ploie sous la charge des exonérations des marchandises à l’import-export. Ce n’est un secret pour personne que les importateurs dans la grande distribution ou des exportateurs des produits forestiers jouissent de protections à des niveaux élevés.
Ils peuvent compter sur leurs relations au sein de la classe politique dirigeante et obtenir l’entrée ou la sortie de dizaines de tonnes de marchandises, sans bourse déliée. C’est aussi un secret de polichinelle que la plupart des hommes politiques actifs et des officiers généraux sont doublés de la qualité d’hommes d’affaires. Profitant de leur position, ils passent outre les formalités douanières, usant quelquefois de menaces de révocation à l’encontre des douaniers trop zélés. Matadi, Boma, Muanda, Kasumbalesa, Kasindi etc., aucune porte d’entrée frontalière n’est épargnée. Et ce ne sont ni le suivi des cargaisons des marchandises par le scellé électronique, ni encore moins, le service de monitoring-contrôle des camions qui mettront un terme à l’hémorragie des recettes sans une volonté politique radicale et une moralisation coercitive des responsables pervers du coulage des recettes, du reste, connus de tous.
Hasard du calendrier ou coïncidence fortuite, le Directeur général du Fonds de promotion de l’Industrie (FPI) était reçu par le ministre de l’Industrie.
Double coup de poing sur la table : Justin Paluku et Patrice Kitebi somment tous les débiteurs plus qu’indélicats de s’acquitter de leurs dettes endéans 24 heures. Le coup de gueule se comprend bien, quand on apprend que le montant en déshérence se chiffre à environ 150 millions de dollars. Ici, comme à la DGDA, les détenteurs insolvables des fonds du FPI sont des dignitaires des différents régimes politiques.
Des dizaines de projets financés par le FPI n’ont jamais vu un début d’exécution. La difficulté réside dans le fait que la plupart d’entre eux se sont opportunément réfugiés dans les institutions qui confèrent les immunités, pensant échapper ainsi aux poursuites tout au long de leur mandat.
A défaut, il se trouve des débiteurs qui saisissent la Justice dans d’interminables manœuvres dilatoires malgré une évidence qui crève les yeux.

La Pros.

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