La commémoration de 38 ans de la création du Parti pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) restera dans les annales non pas seulement en raison de sa longévité, mais surtout, comme le premier anniversaire de l’arrivée au pouvoir du parti fondé en 1982 par un groupe de 13 parlementaires.

Ngalula Pandajila, Etienne Tshisekedi, Kyungu wa Kumwanza, Kibassa Maliba, Marcel Lihau et leurs collègues avaient eu le courage de défier les dérives du tout-puissant parti-Etat, pilier du régime absolutiste du Maréchal Mobutu, qu’ils accusaient de fouler aux pieds les idéaux contenus dans le Manifeste de la N’sele, document fondateur du MPR, pourtant censé jeter les bases d’une démocratie véritable et d’un développement partagé.
Les observateurs ont surtout remarqué l’absence de Félix Tshisekedi au stade de Martyrs. Avec lui, aucun proche de la famille de Feu Etienne Tshisekedi n’a honoré la grand-messe officiée par le duo Kabund-Kabuya. Mais, le feu de la passion est vite éteint quand on comprend que dans sa dimension de Chef d’Etat, il eût été pour le moins dichotomique que Félix Tshisekedi préside une rencontre d’un parti politique, alors même qu’il n’a de cesse de proclamer qu’il est le président de tous les Congolais. Le Chef de l’Etat a certainement tiré des leçons des séismes soulevés par ses déclarations à l’étranger devant des « combattants » chauffés à blanc non seulement contre son prédécesseur Joseph Kabila, mais aussi contre son propre directeur de cabinet, Vital Kamerhe.
Néanmoins, des milliers de « combattants » qui ont fait le déplacement du stade de Martyrs ont eu droit aux discours incendiaires devenus coutumiers à chaque sortie du tandem de choc de l’UDPS. D’abord, la profession de foi commune à tout parti politique arrivé au sommet de l’Etat, une ambition légitime clairement affichée : exercer, conserver le pouvoir jusqu’à l’infini ; œuvrer pour un Etat de droit fondé sur la justice qui fasse table rase de la justice des riches face à celle des pauvres ; des nationaux contre celle des étrangers ou des puissants contre celle des faibles. Pour ce faire, l’UDPS au pouvoir entend favoriser la bonne gouvernance par l’éradication nette de l’impunité en vertu de principes selon lesquels ‘’nul n’est au-dessus de la loi’’ et surtout ‘’force doit rester à la loi’’.
Cependant, au-delà de ce discours conciliant aux airs du déjà entendu, le duo dirigeant de l’UDPS donne l’impression de n’avoir pas encore réalisé qu’il tient les rênes du pouvoir. Jean-Marc Kabund et son alter ego Augustin Kabuya éprouvent des plus grandes difficultés à se dépouiller des oripeaux d’opposants, allant jusqu’à contredire les opinions de leur président de parti (en congé). A titre d’illustration, quand Félix Tshisekedi estime qu’en rapport avec les travaux de construction des sauts-de-mouton « le constat est globalement satisfaisant », le Président a.i. prend le contrepied et déclare que les travaux piétinent. Avec à la clé, la menace de traduire en justice les pseudo-saboteurs de la vision du tout nouveau Chef de l’Etat.
La direction politique de l’UDPS accumule des contradictions, des prises de position régulièrement en porte-à-faux avec des initiatives de leur champion. A moins que cela ne découle d’une stratégie bien pensée de souffler le chaud et le froid en direction des alliés des FCC.

La Pros.