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Des signes qui ne trompent pas, il en apparaît au jour le jour dans les contours faussement confidentiels du mariage FCC-CACH.

Si les têtes pensantes de deux plateformes clament aux quatre vents que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, il n’en est pas de même de leurs lieutenants respectifs qui affichent clairement des intentions d’un divorce dont le compte à rebours a déjà été lancé.

Les déboires des Kalev, Shadary, Chishambo, voire de la Députée Jaynet Kabila en personne à l’aéroport de N’djili sont prémonitoires d’un désamour dont le paroxysme sonnera le glas d’une coalition bancale, et qui repose sur les dispositions du mystérieux deal qu’auraient conclu Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, prélude à la parturition du FCC-CACH.

Ces salamalecs puérils autour de la possession ou de l’utilisation des passeports diplomatiques par des caciques du régime passé cachent mal le crépuscule d’un cheminement aléatoire d’alliés qui n’entendent pas se faire des cadeaux dans la perspective pas aussi éloignée des échéances électorales de 2023. Ici, les non-dits sont cousus de fil blanc.

Des non-dits, il n’en manque pas, non plus, dans le domaine diplomatique. Annoncé à Kinshasa pour la mi-février, il y a un mois, et avec force publicité, il y a un mois, le Secrétaire d’Etat américain n’aura finalement pas fait le déplacement. En revanche, le Président de la République a accueilli Michelle Bachelet, la Haute commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Dr Tedros, le numéro un de l’OMS et accessoirement, Sophie Wilmès, la Première ministre belge (en affaires courantes). Mais, en lieu et place de Mark Pompeo, c’est Peter Pham, l’Envoyé spécial de Washington pour la Région des Grands Lacs, qui a débarqué dans la capitale congolaise.

Au-delà de la langue de bois diplomatique de rigueur, des sources confidentielles s’accordent pour révéler que les mêmes préoccupations ont été portées à la connaissance du Président congolais. Notamment, le maintien de l’embargo sur les armes et la non-reprise de la coopération militaire avec la RDC. En cause : la présence dans les états-majors des FARDC d’officiers généraux frappés de sanctions américaines, et donnés pour être restés fidèles à l’ancien Président de la République. Washington exerçant à ce propos, de fortes pressions sur Félix Tshisekedi. L’administration Trump allant jusqu’à agiter le bâton de la menace de bloquer le programme en cours avec le Fonds monétaire international, et le décaissement début mai, d’une première tranche des quelque 380 millions de dollars.

L’on conçoit aisément que Félix Tshisekedi se trouve devant un choix cornélien. D’une part, il devra composer et calmer les ardeurs des faucons de son parti qui l’engagent à remettre en question l’accord de coalition FCC-CACH, ce qui équivaudrait, pour lui, à se faire hara-kiri, compte tenu du poids de son partenaire dans la quasi-totalité des organes délibérants ; mesure suicidaire qui ferait de lui, un président réduit à inaugurer des sauts-de moutons…

D’autre part, décapiter littéralement les FARDC pour répondre au diktat américain serait donner un fameux coup de pied dans la fourmilière. Il est déjà remarquable que depuis l’investiture de Félix Tshisekedi (dont la première sortie avait été pour une visite du camp Tshatshi), la Grande Muette est résolument restée à l’écart du tohu-bohu politique.

Le pousser à un chambardement précipité des hauts galonnés serait la meilleure façon, s’il faut l’appeler ainsi, de réaliser un véritable saut dans l’inconnu, sans compter tous les fatras et fracas que cela risque d’entraîner le fonctionnement du corpus institutionnel dont la remise en cause de l’embellie observée jusqu’ici, provoquerait, certainement, un séisme aux allures d’un tsunami.

La Pros.

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