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Fermée puis vidée de ses pensionnaires, le 7 janvier après deux jours de violentes manifestations d’étudiants (un policier lynché à mort, des dizaines de blessés), l’Université de Kinshasa rouvre ses auditoires le 24 février prochain, selon un communiqué officiel du gouvernement. Et ses auditoires seulement.

Pour une bonne nouvelle, c’en est une mais que l’on s’empresse de nuancer. L’opinion se rappelle que le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire avait conditionné le retour des étudiants sur le campus à leur identification préalableet à la réhabilitation des résidences universitaires qui étaient - et sont toujours - dans un état d’insalubrité insoutenable. Ils resteront encore inaccessibles à leurs pensionnaires.
Le communiqué ne mentionne nulle part la date de la première couche de peinture, ni encore moins, de la réfection des infrastructures saccagées naguère. Pas plus qu’il n’envisage d’assurer le transport de quelques trois dizaines de milliers d’étudiants éparpillés à travers la ville.
Mais, dans un élan d’improvisation bien de chez nous, le ministère de l’ESU chausse des œillères et se refuse de regarder en face, l’impact hautement explosif posé par un retour des étudiants sur un campus à moitié fermé, sur lequel planent encore les spectres des contentieux non réglés.
Et, à ce stade, nul ne peut garantir que les camarades accepteront de leur plein gré, d’évacuer la Colline inspirée à la fin de la première journée de la reprise des cours.
La question des frais académiques à la base des sanglantes échauffourées n’a pas encore été définitivement évacuée. Le corps académique dont certains membres ont perdu des biens de valeur est officiellement en grève ; un arrêt de travail décidé le jour-même de la fermeture de l’université, dont la levée ne semble pas à l’ordre du jour.
Thomas Luhaka agirait pour la consommation extérieure qu’il ne s’y serait pas pris autrement. L’important est de montrer aux partenaires extérieurs qu’il n’y a pas de raison de proclamer une année blanche à l’UNIKIN. Tout va bien, merci Mme la Marquise.
Et pourtant, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la non-préparation de la rentrée déclarée risque de constituer les prémices d’un cercle vicieux, un nouveau départ d’incendie qui, cette fois-ci, sera malaisé à éteindre. Sans présager de la qualité des enseignements d’un personnel enseignant démotivé, et de surcroît, méfiant à l’égard de la communauté estudiantine.Il reste aux bonnes volontés, la ressource de croiser les doigts.
Mais, en toute objectivité, force est de relever qu’autant la décision de fermer l’UNIKIN avait été prise dans la précipitation, autant la solution que propose le gouvernement est, elle-même, porteuse de germes d’un nouveau bras-de-fer somme toute prévisible.

La Pros.

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