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Jusqu’il y a peu, il était encore membre du gouvernement Tshibala. Aujourd’hui, quelques jours seulement après, l’homme a décidé de briser l’omerta. Jean-Pierre Lisanga dit n’avoir jamais quitté l’Opposition, même du temps fort où il fallait signer la charte de fondation du Front Commun pour le Congo.


Depuis de tous ces temps, il dit également avoir été tenu au devoir de réserve, en tant que Ministre d’Etat en charge des Relations avec le Parlement ou, encore, Ministre Intérimaire de sport.
Dans les explications livrées ce week-end par les milieux qui lui sont proches, il est fait état d’une série d’arguments qui militent en faveur de ses dernières prises de position et déclarations tonitruantes qui, dans les tous, ont donné du fil à retordre à ses anciens colistiers du gouvernement sortant.
Normalement, il se sent libre et croit encore en l’avenir de son pays. Puisqu’on est en démocratie qui, de Kabila ou Tshisekedi, pourrait l’en empêcher ?
A contrario, à Lamuka où il a voulu se jeter, les portes lui ont été, plutôt, fermées. Les leaders de cette coalition, se prenant au sérieux, ne se sont pas montrés tendres vis-à-vis de cet acteur politique dont la transhumance et l’errance frisent le vagabondage politique et de l’opportunisme.
Donc, ayant craché sur le FCC-CACH, il ne peut y rentrer. Puis, ayant tenté mais, en vain, d’aller à Lamuka, il ne peut y entrer. De deux côtés, Lisanga est, vraisemblablement, coincé. Il est obligé de faire cavalier seul ou de créer sa propre coalition.
Il en a, certes, les capacités. Mais, ce serait pour véhiculer quel idéal ? Et combien de congolais parmi ceux qui l’ont toujours soutenu et qu’il n’a cessé de fourvoyer, sont encore prêts à le suivre, dans sa fatuité ?
Tel, un funambule, d’aucuns sont nombreux à voir comment il va, cette fois-ci, marcher sur le fil du rasoir pour s’affirmer encore sur la scène politique et mériter, plus tard, une nouvelle place au soleil.
D’ailleurs, son cas ressemble fort bien à celui de tant d’autres politiciens congolais. Hier encore, alors qu’on en était au dialogue de la Cité de l’Union Africaine, à Mont-Ngaliema ou à de nouvelles discussions directes, les opposants, venus pêle-mêle, avaient vite fait de se partager le gâteau sous le règne de Samy Badibanga et de celle Tshibala Nzenzhe, tous deux anciens de l’Udps devenus Premiers Ministres par la magie de l’histoire.
Les mêmes politiciens encore et toujours rasent les murs, courent dans la basse-cour, serpentent les montagnes, bivouaquent dans les cuvettes, pour peu qu’ils y trouvent de quoi renforcer leurs escarcelles d’intérêts personnels, tout en faisant fi de tous les sacrifices endurés par le petit peuple. Faut-il en rire ou en pleurer ? A chacun d’y réfléchir…

LPM

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