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L’attente aura été tellement longue que la lassitude mêlée au laxisme dans la gestion de la Res Publica ont fini, carrément, par tétaniser l’ensemble du corpus institutionnel congolais.


Entre un gouvernement sortant resté, des mois durant, sur une pente raide et l’avènement d’un tout nouveau dont le jour de sa concrétisation est, lui aussi, demeuré tributaire des réglages, des rajustements ainsi que de toutes sortes de conciliabules, de l’eau aura coulé abondamment sous le pont.
Si bien que l’histoire de la formation de cette équipe de l’ère Félix Tshisekedi, comme ce fut autrefois celle du glissement, du dialogue, de discussions directes, de l’insécurisation de l’espace Kasaïen, de l’interminable débat sur la machine à voter et, surtout, du fichier électoral et du boycott raté de la participation de l’Opposition aux élections, fait penser à un éternel recommencement.
Rien, rien alors ne semble donner des signaux clairs d’un nouveau déclic, d’un nouvel élan, d’une nouvelle dynamique devant permettre aux esprits censés de se faire une nouvelle religion de ce qu’est réellement l’alternance démocratique et pacifique tant que celle-ci n’aurait pas été porteuse d’un changement profond dans la gouvernance du pays.
D’ailleurs, les Evêques, dans leur toute récente lecture des faits, l’ont dit lorsqu’ils réaffirmaient, dans leur dernière déclaration, qu’ils avaient l’impression d’assister à une parodie de changement ou, dans une certaine mesure, à un changement de pacotille. Katumbi, à la tête d’Ensemble pour le changement, a émis les mêmes inquiétudes.
Car, au demeurant, les Evêques et tous les observateurs avertis se sont rendus à l’évidence qu’autant de mois après l’arrivée aux affaires du fils Tshisekedi sur les hauteurs de Mont-Ngaliema, le vieux système constitué essentiellement d’une vision axée sur le souverainisme, l’indépendance éclectique, le non-recours au monde extérieur ainsi que sur toute une kyrielle de postures opposées à l’ouverture sur des questions des politiques publiques, refait surface.
Loin de s’en défaire, ni de s’en démarquer, Félix Tshisekedi, tel un chauffeur conduisant le même véhicule, le tire lentement mais sûrement vers une destinée beaucoup bas qu’avant.
Il ne pouvait en être autrement, dès lors qu’au décompte, il n’aurait, lui, qu’une fraction congrue du pouvoir d’Etat alors que le gros des affaires serait sous les dépendances de l’Autorité Morale du FCC, tirant, visiblement, toutes les ficelles, depuis sa ferme de Kingakati.
De l’exécutif national dont il aurait plus de soixante à soixante-dix pourcent, au Parlement, à l’armée et à la diplomatique, y compris, au niveau de la petite et grande territoriale, sans oublier, évidemment, le pouvoir coutumier, lui aussi, inféodé aux institutions par la cooptation, le ‘’fermier’’ contrôle tout à tel point que son successeur ne serait bon que pour inaugurer des chrysanthèmes. C’est dans un tel contexte-là marqué d’opacité où la météo politique de CACH aurait du mal à imposer ses marques, que l’on parle, presque abusivement, d’un changement sous forme d’un crédo, d’un futur fait de la gratuité de l’enseignement, de la lutte contre l’impunité et la corruption endémiques, de la transformation qualitative de la société congolaise.
Alors qu’on est conscient qu’en gardant du nouveau vin dans des vieilles outres, le goût s’en trouverait, naturellement, désaltéré, les alchimistes et autres vendeurs d’illusions s’escriment à démontrer le contraire tout en sachant pertinemment bien que d’ici cinq ans, à l’horizon 2023, ils se mordront, certainement, les doigts.
Au bout des comptes, ils perdront leurs plumes, ils seront démasqués, après toutes les simagrées cachées derrière ce marché de dupes.
Doit-on donner raison aux sceptiques qui, tapis dans l’ombre, parlent, eux, de la marche à reculons, au regard des équilibres fragiles entre CACH – FCC sur la voie de la coalition ou de la cohabitation ?

LPM

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