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«L’espoir fait vivre, l’attente fait mourir».  Entre espoir et désespoir, l’on aura tout vu et tout connu en République démocratique du Congo. La passation ‘’pacifique’’ et ‘’civilisée’’ du pouvoir au sommet de l’Etat entre Kabila et Tshisekedi Félix, aura eu le mérite de révéler au grand jour quelques insuffisances criantes dans le chef de ceux-là même qui sont sortis de rang de l’Opposition après 37 années de lutte acharnée contre les différents régimes du passé. Le 24 janvier 2019-24 janvier 2022, il y a exactement trois ans jour pour jour Kabila passait la main, sans regret ni remords, à son successeur élu. Trois ans après, quels en sont devenus les acquis ? Quel regard porté sur la gestion du ‘’nouveau pouvoir’’ ? Quel bilan ? Que peut-on espérer de l’avenir du pays d’ici 2023  année électorale ? Et d’ailleurs, que va-t-il dire pour séduire les électeurs au cas où il se présentera pour un deuxième mandat ? D’aucuns s’interrogent et lui seul connait exactement les problèmes qui font en sorte que l’avion ne décolle pas et/ou le navire  n’accoste toujours pas. Désespoir, c’est le moins que l’on puisse dire.

Trois ans après, ayant les joutes électorales en point de mire, l’actuel Chef de l’Etat aura enregistré un bilan famélique, en dessous de la moyenne.  En tout cas, c’est ce que pensent de nombreux compatriotes. La vision du peuple d’abord semble être oubliée.  Lui, qui tentait de se démarquer de son prédécesseur, aura eu la tâche difficile.  Son divorce d’avec celui qui l’appelait affectueusement ‘’Frère’’ n’a rien apporté aux congolais lambda. Peu importe ce que les gens peuvent dire, trois années après l’alternance, une année après la Révolution menée par l’Union sacrée de la Nation ou ce que d’aucuns qualifient  du coup d’Etat institutionnel, c’est le statuquo.  Avec promesse d’améliorer sensiblement les conditions de vie des congolais, la réalité est tout autre. Le petit peuple a toujours du mal à lier les deux bouts du mois. La pauvreté monte d’un cran. Les promesses de la part des gouvernants  demeurent  irréalisables. La désillusion est généralisée, la justice à géométrie variable, la montée de l’impunité, l’Etat de droit abandonné dans l’autel de l’enrichissement  illicite. Le populisme et la démagogie. Entre espoir et désespoir, ce dernier commence sérieusement à prendre le dessus. Avant l’alternance égale après l’alternance ?

La Pros.

 

Dans la mythologie grecque, l'épisode du cheval de Troie est un événement décisif de la guerre de Troie. A l'initiative d'Ulysse, des guerriers grecs réussissent à pénétrer dans Troie, assiégée en vain depuis dix ans, en se cachant dans un grand cheval de bois, harnaché d'or, offert aux Troyens. Cette ruse de guerre entraîne la chute de la ville et permet le dénouement de la guerre. En partant de ce cas  de figure, nombreux, en tout cas ceux qui se sentent léser par le leadership du  1er Vice-président démissionnaire de l’Assemblée nationale, ils le considèrent en effet, comme un cheval de Troie dont la mission politique serait de fragiliser et désintégrer le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, l’empêchant ainsi de briguer un deuxième mandat. Si les uns parlent de la mésentente entre les deux hommes, les autres abordent la théorie des forces occultes, des lobbyings internationaux qui tireraient les ficelles pour tétaniser davantage le pouvoir de Tshisekedi dont la gestion aura été caractérisée par la paupérisation de la population, ‘‘le chapelet de promesses non tenues, pas des perspectives d’une renaissance réelle du Congo et l’absence de vision’’. 

Ces lobbyings estiment que l’homme est soit éclaboussé, soit instigateur de cette roublardise, de cette magouille autour des minerais, de ce vol et détournement des fonds qui font La Une d’actualité. Bref, dans le contexte d’aujourd’hui, l’on aura déshabillé Saint Pierre pour habiller Saint Paul tout en gardant la même carapace. Est-il mieux que Kabila ? D’aucuns s’interrogent. A présent, que faire de Kabund ? Le chasser du parti, il risquerait de devenir un peu plus dangereux. Le gardé,  il deviendra certainement comme un mouchard et cela sera vu comme une faiblesse dans le chef des autres membres du parti Udps. Maints analystes sont d’avis que le mieux serait de le faire partir. Aux dernières nouvelles, l’homme aura décidé de se rebiffer. Il joue maintenant aux caprices de ne plus déposer la démission. De ne rien formaliser. Même s’il ne démissionnait pas, le malaise qu’il aura créé peut le ronger, soit ronger les autres.

Il va sans dire que l’homme est en train d’être conjugué au passé.Après les présidents des groupes parlementaires et les députés de l’Udps, c’est le tour des élus provinciaux Udps de Kinshasa de désavouer leur Président a.i du parti. L’étau se resserre sur lui. Ces élus, à l'instar de députés nationaux membres de l'UDPS et alliés, réitèrent leur soutien au président Félix Tshisekedi et appellent, de ce fait, les élus nationaux membres de l'UDPS à engager la procédure de son remplacement. Ce groupe fait remarquer que le comportement manifesté par Kabund, après l'incident survenu entre la garde républicaine et la police commise à sa résidence, est " délibérément posé d'une part  dans le but de saper l'autorité du Chef de l'Etat dont il fait preuve d'aucun respect et, d'autre part, d'humilier le parti et ses millions de combattants". Le cheval de Troie semble subir une attaque éclaire de tous les côtés.

La Pros.

C'est avéré, c'est claire comme de l'eau de roche. C'est certain, on peut le lire noir sur blanc. L'on ne s'en cache plus, il faut à tout prix un bouc émissaire, et de toute urgence. Si l'on peut en trouver plusieurs, l'on ne pourra jamais rêver mieux. Entre d'une part, un bilan notoirement négatif, et d'autre part, des aspirations manifestes de briguer un second mandat, il faut trouver le juste milieu pour passer entre les mailles du filet en 2023. Dommage ! La carte de « l'intendant aigrefin » du projet « 100 jours » avait peut-être été joué trop tôt. Il a donc fallu attendre deux ans, pour sortir celui de « l'alliance factice » avec le partenaire vicieux. 2022, quatrième année au pouvoir et simultanément année pré-électorale. A ce peuple qui attend des résultats, à cette communauté internationale devant laquelle l'on voudrait garder un semblant de légitimité, à ses adversaires, auxquels l'on voudrait prouver que l'on a à nouveau mérité la confiance populaire... il faut une nouvelle carte de toute urgence. A défaut, de ne plus avoir une carte de la même catégorie que les deux précédentes, l'on fait du bluff. Et oui, il faut abattre toutes ses cartes. L'expérience a déjà démontré que « l'enfer c'est les autres » est une formule qui fonctionne très bien. Alors, l'on désavoue, l'on dénonce, l'on accuse tout le monde de déliquescence, d’insubordination, d’indifférence... Cependant, n'ayant plus que des alliés autour de soi, il faut réduire au silence de potentiels rivaux au sein de son propre camp, c'est au tour des gestionnaires des entreprises publiques de prêter le flanc au ridicule, ainsi que quelque autre poids plume du pouvoir présentant le bon profil, pourvu que le père de la Nation ne s'en sorte pas trop égratigné. Comme pour le projet « 100 jours », « Tshilejelu » a aussi ses victimes déjà toutes désignées : Jean-Claude Kalenga DG du FPI, Victor Tumba DG de l'OVD, Jeannette Longa Gouverneur ai du Kasaï Orientale, et la constitution de la liste se poursuit. La chasse aux sorcières est déclarée à nouveau ouverte. Qu'en sera-t-il pour le projet de construction du port en eau profonde de Banana ? Pour l'achat et l'opérationnalisation des bateaux de pêches en commandes ? Pour le projet « Kinshasa zéro trou » ? Pour l'organisation des IXème jeux de la francophonie ? Pour l'Etat de siège qui n'empêche ni violences, ni massacres ? Pire, ne parvient pas à prévenir la reparution des groupes armés mis aux oubliettes, cas du M23 ?... Tant de projets, tant de décisions sans aucune finalité, tant de souffrances, tant de misères, tant d'inquiétudes... Avant Fatshi serait-il égale à après Raïs ? Oui, mais à quelques détails près. « Qui avez-vous vu être inquiété par la justice ou aller en prison pour cause de détournement des deniers publics ? » Voilà le sésame, la phrase magique sur laquelle l’on mise pour hypnotiser le peuple, afin d'obtenir de lui une seconde chance. Désolé, messieurs les mandataires, désolés, les chargés de projets... Avec un peu de chance, vous vous en sortirez peut-être comme l'Ex DG du FONER, ou l'Ex DG du FPI, ou encore l'Ex Chef du Cabinet du Chef de l'Etat, lesquels, est-il nécessaire de le signaler, avaient tous été accusés de détournement des fonds alloués au projet 100 jours. A défaut de faire mieux que son prédécesseur, que l'on a pourtant combattu avec véhémence, l'on se contente de trouver des boucs émissaires.

La Pros.

Les pics de ses camarades du parti en off, ensuite révélés au grand jour par cette sortie médiatique taillée sur mesure, cachaient bel et bien ce climat maussade qui régnait depuis belle lurette au sein de l’Udps. Désormais, persona non grata, l’enfant terrible de Kamina semble n’avoir que ses yeux pour pleurer en versant toutes les larmes de son corps. Qui pourra le consoler ? Ne s’est-il pas tiré la balle dans la tête en ‘’refusant’’ ou en retardant délibérément  sa démission? Est-ce de la volte-face ? Que dire ? En n’allant pas au bout de son annonce ‘’sensationnelle’’ à travers les réseaux sociaux, il se peut qu’il soit défenestré de son strapontin dès le mois de mars  au lendemain de l’ouverture de la session ordinaire de mars 2022. Encore que, il aura été désavoué de partout. De la présidence de la République en passant par son propre parti politique y compris la famille biologique de son mentor le Lider Maximo d’heureuse mémoire, il sera pour lui difficile de s’en sortir de cet abime. Attention !  La politique est souvent imprévisible.

Avec un peu de recul, et en faisant un gros plan sur le prétendu assaut musclé des éléments de  la Garde Républicaine au domicile de Kabund, l'on remarque tout de suite des incohérences. Des dizaines des GR armées pénètrent un domaine, vandalisent, et ressortent sans qu'il y ait dommages collatéraux conséquents ou pertes en vies humaines,  n’était-il pas un simple message ? Une mise en garde contre celui que d’aucuns qualifiaient du Vice-président de la République ?  Qui sait ! De plus, alors que l'opinion attendait d'être fixée sur l'effectivité de sa démission, silence radio. Pourtant, il était prévu qu'il dépose sa lettre de démission à l'Assemblée nationale hier, mardi 18 janvier. De qui se moque-t-on ? D'une part, l'on a une opération commando improvisée qui s'est pourtant déroulée sans accrocs, et d'autre part, une décision de démission non assumée. La seule explication plausible de ces deux réalités est : le bluffe. L'on se montre les muscles, mais personne ne veut concrètement passer à l'action, car cela impliquerait beaucoup trop d'enjeux. L'un face à l'autre, les deux tendances ne veulent pas se montrer faibles. Pour l'heure, elles en restent là. Dans l'entre-temps, les medias s'emballent, les combattants s'entredéchirent, les députés se remuent dans tous les sens et une seule personne devenue Persona non grata ! Triste !

La Pros.

"Denys, qui était toujours inquiet,  se trouva des courtisans qui devraient le flatter et le rassurer. Parmi eux, Damoclès, roi des orfèvres, ne cessait de flatter son maître sur la chance qu'il avait d'être le tyran de Syracuse. Agacé, celui-ci lui proposa de prendre sa place,  le temps d'une journée. Au milieu du festin, Damoclès leva la tête et s'aperçut  qu'une épée était suspendue au-dessus de lui, et n'était retenue que par un crin du cheval de Denys.

"Cette allégorie morale que l'on attribue à l'historien grec Timée de Tauroménion, s'apparente à quelques détails près à la situation actuelle, lorsque de l'extérieur, l'on observe ce remous de plus en plus frénétique au sein de l'UDPS.

Alors que Fatshi,  le conquérant,  se fait entourer de toute espèce de fanatiques, ennemis d'hier devenus depuis peu,  les plus dociles des serviteurs, la tension et suspicion monte d'un cran. Les erreurs anodines font dès lors,  l'objet des attentions particulières, voire minutieuses. Il faut toujours prêter allégeance, encore et encore, pour demeurer dans les bonnes grâces du "divin maître", pour qui l'on est "sacré", et contre qui l'on est "écrasé".

Le maître-nageur,  pourtant,  perspicace de nature, puisqu'ayant déjoué plusieurs tentatives de séquestration de son Chef, d'abord à Genève et  ensuite,  à Kinshasa en donnant le coup de grâce à la chute précipitée et inopinée du FCC en tant que majorité parlementaire, n'avait certainement pas saisi les enjeux du pouvoir. L'anxiété  qui fait d'une simple plaisanterie,  un outrage digne du bannissement. Après que  ‘’Fatshi’’ ait conquit le pouvoir d'Etat, il proposa à son cher Kabund de prendre sa place au sein du Parti en tant  que Président a.i, le temps d'un mandat ou deux. Assis à la table du pouvoir, les voluptés lui sont à la tête, et maintenant,  il doit rendre des comptes. Déclaration non-assumée, disparition totale et complète de lui qui, il y a à peine une semaine, se tenait devant les foules, dans ses discours, faisait allusion au mesures qu'il prendrait, très  prochainement.

"Récolte la tempête, qui sème le vent", dit-on. A cause de sa position prestigieuse au sein du Parti présidentiel et de la majorité parlementaire acquise également au Président de la République, un tweet visiblement banal est devenu l'équivalent du test PCR  qui,  cette fois,  ne détermine pas si l'on est contaminé ou pas par le virus de Covid-19  mais,  détermine plutôt si l'on est encore soumis  ou atteint par l'insubordination.

A ce jour, tous les Députés de l'UDPS sont testés négatifs, et le test se poursuit. Isolé, délaissé, la distanciation politique s'observe strictement, sans complaisance. Seul,  dans son coin, tel un pestiféré, l'animal blessé se fait rare, replié dans sa tanière de Kingabwa.  Au mieux de sa forme, il n'avait le regard fixé que sur la table du festin. Maintenant qu'il peut enfin,  lever les yeux, et observer l'environnement qui l'entoure, il constate que sa tête est mise à prix. Et, juste au-dessus de lui, est suspendue l'épée de Damoclès.

La Pros.

«Le Ministre s’est senti blessé dans son amour propre. Qu’est-ce que le nom du bâtard de sa mère venait chercher dans cette histoire ? Il annonça sa démission à la télévision. Et la claironna sur tous les toits. Il alla ensuite voir le Chef de l’Etat qui refusa d’en prendre acte. Le ministre se retrouva dans l’embarras. Maintenant qu’il avait claironné sa démission, qu’allait-il faire pour sauver son image ? Le Chef de l’Etat lui suggéra de faire semblant d’avoir démissionné. Personne ne viendra vérifier de toute façon… ». Eh bien, dans son roman intitulé ‘’Koronatyty’’, le virtuose auteur Julio Badianzile, l’avait si bien dit, décrivant ainsi la politique politicienne à laquelle s’adonnent plusieurs assoiffés du pouvoir qui, parfois, se font hara-kiri, pourvu de se réincarner autrement et attirés la sympathie du peuple. La démission exclusivement numérique du ‘’Tout puissant’’ Kabund, l’homme de la ‘’décision finale’’,  en est l’illustration éloquente s’il faille en rester là.

Il n’en demeure pas moins réaliste des guerres fratricides qui fragilisent ni plus, ni moins le parti présidentiel vu comme une PME familiale.  Ses alliés se frottent les mains. Ils en sont conscients de ce énième tournant qui secoue sévèrement  le pouvoir ‘’fatshiste’’. La position des présidents du Groupes parlementaires de l’Union sacrée qui tournent le dos à Kabund et réitèrent leur soutien au seul Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, doit pousser à réflexion ceux-là même qui défendaient à cor et à cri le combat d’Etienne Tshisekedi.

C'est clair comme de l'eau de roche. C'est certain. On peut le lire noir sur blanc. L'on ne s'en cache plus. Il faut à tout prix un bouc émissaire, et de toute urgence. Si l'on peut en trouver plusieurs, l'on ne pourra jamais rêver mieux. Entre, d'une part, un bilan notoirement mitigé, et d'autre part, des aspirations manifestes de briguer un second mandat, il faut trouver le juste milieu pour passer entre les mailles du filet en 2023. Dommage ! La carte de ''l'intendant aigrefin'' du projet 100 jours avait peut-être été joué trop tôt. Il a donc fallu attendre deux ans, pour sortir celui de ''l'alliance factice'' avec le partenaire vicieux. 2022, quatrième année au pouvoir et simultanément année pré-électorale. A ce peuple qui attend des résultats, à cette communauté internationale devant laquelle l'on veut garder un semblant de légitimité, à ses adversaires, auxquels l'on voudrait prouver que l'on a à nouveau mérité la confiance populaire... il faut une nouvelle carte de toute urgence.

A défaut, de ne plus avoir une carte de la même trempe que les deux précédentes, l'on fait du bluffe. Et oui, il faut abattre toutes ses cartes. L'expérience a déjà démontré que "l'enfer c'est les autres'' est une formule qui fonctionne très bien. Alors, l'on désavoue, l'on dénonce, l'on accuse tout le monde de déliquescence. Cependant, n'ayant plus que des alliés autour de soi, ayant réduit au silence de potentiels rivaux au sein de son propre camp, il faudrait une nouvelle formule magique pour sortir de cette crise et donner du second souffle, avec un nouveau discours qui pourrait, sans aucun doute, persuader le petit peuple à faire confiance pour la seconde fois. Au cas contraire, le vin est tiré, il faudrait le boire.

La Pros.

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