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*Pour Claris MOTHO, la musique est sa passion ardente mais aussi et surtout sa profession vitale.  Raison pour laquelle la jeune  chanteuse congolaise adore la scène. Son dernier spectacle de l’année 2021 à l’Institut français de Lubumbashi a été magistral et très impressionnant pour les friands de la bonne musique. Avec sa belle voix angélique, MOTHO est parmi les jeunes cantatrices de la génération actuelle qui font la fierté de la Rumba congolaise. Très romantique et sensuelle, elle vient de surprendre le marché du disque à travers son nouveau tube intitulé « Silence brisé ».  Dans cette œuvre, subliminale MOTHO a révélé au public sa nouvelle casquette d’une chanteuse engagée qui élève sa voix pour dénoncer la situation désastreuse à l’Est de République Démocratique du Congo. Déjà disponible sur Youtube et autres plateformes numérique de téléchargement de musique, « Silence brisé » a fait l’objet d’une interview exclusive entre le journal ‘‘LA Prospérité’’ et la star Claris MOTHO. C’était une occasion fantastique pour la chanteuse,  de défendre son œuvre et surtout,  éclairer la lanterne de l’opinion  sur le message contenu dans cette chanson. Suivez-la :

La Prospérité : Dans quel état d'esprit avez enregistré cette chanson « Silence brisé » ?

Claris Motho : J'étais très choquée en regardant une image dans la ville de Beni où une mère tuée et jetée par terre et puis son enfant vivant se fait allaiter tout en ignorant que sa mère ne respire plus. Il y a beaucoup d’atrocités et autres massacres  dans cette partie Est de notre pays qui est déchiré par l’insécurité et  sans oublier surtout des cas de viols réguliers des femmes par les forces négatives. Ces gens ne connaissent pas la valeur de la femme. Ils font ce qu'ils veulent de nos mamans parce qu’ils savent que personne ne va lever un doigt pour agir.

La Pros : N’est-ce pas que les jeunes du groupe MPR vous a aussi inspiré dans la composition de cette chanson qui contient un message fort et interpellateur ?

CM : Je dirai non. C'est juste que ma chanson est sortie après «Nini tosali te » de mes frères du MPR. Mais, je l'ai écrit pendant mon confinement au Rwanda.

La Pros : Pourquoi avoir employé le terme "Règle douloureuse" dans ce genre de chanson publique ?

CM : Ça dépend de la manière dont les gens vont la trouver et l’interpréter. Je suis une femme alors je connais cette douleur de saigner chaque mois mais malgré cela ça se soigne. J'imagine maintenant mon pays qui saigne régulièrement sans être secouru. Sur le plan linguistique, je ne fais qu’utiliser la métaphore, une figure de style  qui sert à établir la comparaison.

La Pros : Croyez-vous vraiment qu’avec cette phrase, votre chanson sera facilement acceptée dans les salons de Kinshasa ? 

CM : Toutefois, pourquoi avoir honte de parler de règle ? Ce n'est pas un tabou comme on peut développer un thème sur la sexualité aujourd'hui dans une chanson. Le sujet n'est pas règles douloureuses dans ma chanson. C'est juste un exemple donné par une femme qui imagine la douleur que subissent ces frères et sœurs à l'Est de son pays.

La Pros : A qui vous vous adressez concrètement ?

CM : Aux congolais hypnotisés par la politique mensongère. A ceux-là qui détruisent le pays. Aux dirigeants du monde  qui font semblant d'ignorer la situation à l'Est. Pourtant ils ont le pouvoir d'y mettre fin. Après, ils viendront nous que ‘‘RDC eza kaka eloko ya makasi’’ (RDC, une notion forte) ??

La Pros : Vous êtes connu beaucoup plus comme chantre d’amour. Avec le titre "SILENCE BRISÉ", peut-on dire que vous êtes désormais dans la musique engagée ?

CM : Je l'ai toujours été. Donc, une artiste engagé à défendre les droits de la femme et surtout à lutter contre les toutes formes de violences faites aux femmes dans la société. J’écris beaucoup de chansons poignantes et moralisatrices. Seulement que certaines œuvres ne sont pas encore mises à la lumière.  Il y a  peu, j'ai sorti une chanson ''Athée'' qui dénonce la violence conjugale. C'est une chanson que je dois remixer pour bien relancer sa promotion sur le marché.

Pros : Quels sont les artistes qui vous a accompagné dans la réalisation de la chanson ‘‘Silence brisé’’ ?

                                                                     

CM : Johnny Kulu, artiste guitariste et auteur-compositeur de talent. C’est un ami de Goma. Nous avons enregistré tout à la maison. De la guitare en passant par la prise de voix jusqu’à l’arrangement, tout s’est fait en live pendant le confinement.

La Pros : Un moment, vous aviez élu domicile à Kigali puis aujourd'hui vous êtes à Lubumbashi. Qu’est-ce qui vous a motivé d’abandonner Kinshasa ?

CM : Kinshasa reste ma ville mère. Lubumbashi,  c'est pour des raisons personnelles. Comprenez que j'ai une autre vie derrière le podium. En plus, l'artiste peut être partout en même temps à travers le média. Il suffit d'être bien soutenu avec une bonne promo.

La Pros : L'année 2021 vient de s'achever. Comment se présente votre bilan sur le plan artistique ?

CM : L'année 2021 était remplie des prestations scéniques qui m'ont rendu heureuse car, 2020 était trop dure. Je crois que 2022, je serai plus présente au niveau des médias. J'adore la scène ! Mon  plus beau spectacle de l’année était sur le podium du Festival international des musiques urbaines (Lubum hip hop), à la Halle de l'Etoile à Lubumbashi (Institut Français de Lubumbashi).

Propos recueillis par Jordache Diala

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