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Décédé à Paris et inhumé à Kinshasa, l’artiste musicien Jean MUBIALA EMENEYA KING KESTER totalise, cette année, six ans dans l’au-delà. A l’occasion de la commémoration de sa triste disparition, le quotidien Kinois ‘‘La Prospérité’’ est allé à la rencontre de Florence BANDU EMENEYA, la veuve du chanteur congolais pendant son séjour au pays.

Vie, héritage, relation avec la belle-famille et publication de son livre. Tels sont les sujets abordés au cours de notre entretien avec celle que le patron –Fondateur du groupe Victoria Eleison appelait affectueusement la ‘‘Reine des fleurs’’.
A suivre :
La Prospérité : Que devient Florence Bandu Emeneya alias la ‘‘Reine des fleurs’’, six ans après la mort de son défunt mari King Kester Emeneya ?
Florence BANDU : Je suis toujours la même personne. Mère de quatre garçons, Présidente de mon ONG «La Famille du Cœur» et Auteur du livre : « une Vie, un Destin». J’évolue maintenant dans le secteur de l’entreprenariat avec beaucoup d’autres projets importants que vous allez découvrir au moment important.
La Pros. : Comment faites-vous pour vivre et subvenir surtout aux besoins quotidiens de vos enfants ?
FB: Notre premier fils avec Emeneya totalise 19 ans d’âge. Je suis une femme moderne et indépendante qui essaie de se battre pour subvenir aux besoins de ses enfants. En Europe, je travaille aussi en tant qu’animatrice dans une école en France. Au-delà de mon job, je me débrouille avec mes petits business qui me permettent de gagner un petit rien afin d’être à la hauteur de prendre soin de mes enfants. Par rapport à l’Afrique où les choses sont très difficiles, la vie est un peu fluide en Europe sur le plan scolaire et sanitaire. L’Etat a fait en sorte que les besoins primaires tels que l’accès à la santé et à l’éducation (école) soient faciles pour les enfants.
La Pros. : Quelle leçon tirez-vous de la disparition d’une star comme Emeneya ?
FB : La déception par rapport à mon entourage est la pire des choses vécues et retenues après la mort d’Emeneya. La manière dont je suis traitée par ma belle-famille et certains de ses proches. J’ai compris que dans la vie, il ne faut jamais compter sur l’autre. Car, une amie d’aujourd’hui peut devenir une ennemie demain. Mon regret est de voir certaines personnes dans le staff d’Emeneya que je considérais comme mes frères, mes sœurs, ma famille ou encore mes beaux enfants m’ont humilié et rejeté. Alors qu’ils me faisaient des éloges et me respectaient beaucoup de son vivant. Perdre une personne de la dimension de Kester n’était pas quelque chose de facile à supporter. Mais, ce qui m’a surtout consolé est la manière dont le peuple congolais a réagi. Le comportement de ses fans nous a donné de la joie. Ils ont surtout rendu un hommage vibrant à Emeneya. J’ai compris qu’il n’était pas un simple musicien mais un monument de la musique congolaise.
La Pros. : Est-ce que la Reine des fleurs et ses enfants profitent-ils réellement de l’héritage laissé par Emeneya ?
FB : Non ! Les biens d’Emeneya profitent surtout à sa famille qui s’enrichit. Ses frères et sœurs biologiques se sont accaparés de l’héritage. Certains habitent dans ses maisons et prennent les loyers dans différentes parcelles. Moi et mes enfants nous ne bénéficions de rien. Nous ne profitons pas de l’héritage laissé par Emeneya.

La Pros. : Quel degré de relation avez-vous actuellement avec votre belle famille (Famille MUBIALA) ?
FB : Aucune relation ! On ne s’appelle pas non plus et ne se croise même pas sur nos chemins.
La Pros. : Est-ce que vous pouvez vous remarier si l’occasion se présente dans la vie et surtout que vous êtes encore belle et jeune ?
FB: Oui ! Pourquoi pas ? Rien n’empêche jusque-là. Je prends encore mon temps de réfléchir. Il faut savoir que je me suis engagée un peu jeune avec Emeneya, à 18 ans. Et, on a eu quatre enfants et il est parti. Je n’ai pas encore eu mes 40 ans. Dès que je serai prête à officialiser une relation amoureuse, je le ferai sans problème. Car, rien n’empêche. J’attends juste le bon moment.
La Pros. : Après la mort d’Emeneya, son groupe Victoria Eleison est devenu pratiquement un monstre à plusieurs têtes. Les uns et les autres s’entretuent et se réclament être de vrais descendants d’Emeneya. Laquelle des fractions soutenez-vous ?
FB : Vu l’humiliation subie à cause du dossier concernant la succession, je me suis décidée de me retirer de tout ce qui porte la signature d’Emeneya. Sincèrement, j’ai pris la décision de ne plus mettre mes pieds ni à gauche, ni à droite afin de ne pas donner l’opportunité aux uns et aux autres de m’insulter. Parce que l’injure est devenue très facile pour les Congolais et surtout dans notre communauté en Europe. Donc, je préfère rester observatrice. Voir de loin tout ce qui se passe. Par contre, je soutiens toutes les personnes qui utilisent le nom d’Emeneya dans le bon sens.
La Pros. : Vous venez de publier un livre intitulé «Une Vie, un Destin», qui est déjà disponible chez Amazon.fr. Que peut-on retenir de cet ouvrage littéraire ?
FB : «Une vie, un destin» est l’expression de l’histoire de ma vie et mon destin. C’est ma biographie. C’est une œuvre autobiographique dans laquelle je parle de ma vie avec des projets tels que rêver. Hélas ! Tout ce que j’ai voulu dans ma vie, n’a pas été réalisé. Mais, le destin a pris ma place. Le destin doit être compris comme tout ce que Dieu veut, propose et a déjà tracé pour nous. Tandis que la vie est comprise comme ce que nous nous essayons de tracer durant notre pèlerinage sur la terre. Dans ma vie, je n’avais jamais pensé un jour devenir veuve avec 4 enfants orphelins à cet âge. Mais, la volonté de Dieu a fait que cela m’arrive. Cet ouvrage a été inspiré par rapport à mon expérience, mon vécu et mon histoire. Donc, je partage ce que je voulais dans ma vie et de mon destin, ce que Dieu a voulu pour moi.
La Pros. : Quand est-ce-que ce livre sera disponible sur le marché à Kinshasa ?
FB : Le livre est déjà disponible sur Amazon.fr. J’ai organisé l’année dernière deux grandes soirées de présentation de mon livre «Une Vie, un Destin» à Ohio et à Chicago aux Etats-Unis et quelques dédicaces en France. Pour Kinshasa, nous organisons une soirée intitulée «Crois à tes rêves» qui aura lieu le 1er mai 2020, en la salle Roméo Golf où nous allons procéder à son lancement et à la dédicace du livre. Après cette soirée, nous allons fixer également aux lecteurs les différents endroits pour acheter mon ouvrage. Parce qu’on est en train de chercher de bons distributeurs ou librairies pour s’en occuper à notre absence.
La Pros. : A travers votre Fondation «la Famille du Cœur», vous distribuez des vivres aux orphelins à Kinshasa. Comment justifiez-vous des tels gestes de générosité d’une veuve qui a aussi besoin de l’aide pour nourrir ses propres enfants ?
FB : Lorsque j’ai perdu le père de mes enfants, une idée m’est venue de créer ma fondation ‘‘Famille du Cœur’’ dont le but est de soutenir, assister, aider et orienter les veuves et orphelins. Alors, j’avais organisé des soirées caritatives au cours desquelles mes livres ont été bien vendus. Ce que j’ai gagné, m’a permis d’acheter quelque chose pour partager aux orphelins et autres vulnérables qui n’ont personne pour leur protéger. A travers mes enfants, j’imagine comment la vie est pénible sans les parents ou une personne à tes côtés. Ce genre de situation me tient vraiment à cœur par rapport à mon expérience et surtout à mes enfants. Voilà pourquoi je n’hésite pas à faire un geste à Kinshasa à chaque fois que j’ai un petit rien. Donc, je soutiens les orphelins ce que je suis devenue.

Propos recueillis par Jordache Diala

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