Flash

La musique congolaise est, aujourd’hui, sévèrement critiquée de l’extérieur comme de l’intérieur du pays à cause de la baisse de sa qualité artistique par manque de créativité, mais surtout à cause de son aspect thématique érotique avilissant, fort décrié par les mélomanes.

90% de musiciens de la génération actuelle ne font qu’exploiter des insanités pour orner leurs œuvres et des obscénités qui esquissent leurs vidéos et autres supports audiovisuels. Une véritable immoralité notoire s’est, donc, installée dans la musique congolaise moderne dont la côte a sensiblement baissée. O tempora, Ö mores !

Entre-temps, l’artiste au bout de l’inspiration savante, se meurt… D’après une étude, 1% de chanteurs congolais chantent pour la nature. 5% sont dans les faits de société. 1% sont dans la musique de réflexion (instrumentale). Tandis que 3% se consacrent à la musique de variété ou de recherche.
90% d’artistes de l’actuelle génération proposent un contenu des chansons insipides, impropres et pauvres en lyrisme qui inonde chaque jour le marché. Cette réalité renseigne que, depuis plus d’une décennie, les répertoires musicaux congolais ont sensiblement perdu de leur notoriété sur le continent.

Impact d’une chanson dans la société
Il y a lieu de retenir que l’impact psychologique de la chanson dans le vécu d’un peuple a indéniablement une forte influence agissante. D’où, le compositeur d’un texte musical doit savoir s’y prendre, faire preuve d’une méticuleuse magnificence dans l’utilisation des mots, phrases et expressions à exploiter

Jadis, les Wendo, Paul Pwanga, Bowane, Adou Elenga, Bosele, Yamba-Yamba, Kalle Jeef, Vicky Longomba, Luambo Franco, Ebengo Dewayon, Landot Rossignol, Nico Kasanda, Bokelo Isenge, Pascal Tabu Rochereau, le trio Madjesi, les frères Soki, Pépé Kallé, Nyboma Danos Canta jusqu’à la troisième génération exploitaient à bon escient les différents contours de l’amour. Ils s’efforçaient d’observer une rigoureuse autodiscipline d’autocensure morale qu’elle que soit la divagation de leurs pensées diverses inspirées afin de ne pas offusquer les mélomanes qu’ils respectaient.

Ces générations anciennes refusaient de se laisser prendre par une vague éphémère et illusoire pour écrire des textes dépouillés de toute pudeur. Ils offraient au public des poèmes réfléchis, limpides qui enseignent les vertus et stigmatisent les vices. Ils respectaient le code de bonne conduite. La chanson est, certes, une arme redoutable comme un couteau à double tranchants.

La femme, la beauté féminine et l’amour constituent, on le sait, la plus grande ressource où vont s’approvisionner nos artistes-musiciens et auteurs-compositeurs.
Hélas ! L’actuelle vague semble avoir carrément mis de côté les thèmes à fonds pédagogiques, éducatifs, instructifs, et tant d’autres… qui contribuent à la construction d’une société vertueuse en faveur d’un développement harmonieux. De Koffi, en passant par Werrason, JB Mpiana, Fally, Ferré, Fabrigas, Héritier, Deplick, Kabose, Ibrator, jusqu’à INoss-B, l’érotisme constitue leur thème de prédilection. S’il faut chanter la femme, ils s’attèlent à décortiquer biologiquement avec sensualité son physique mais ses valeurs anthropologiques.

Aux grands maux, de grands remèdes
Pour remettre nos jeunes musiciens sur le droit chemin et sauver la crédibilité de notre musique, il faut commencer à sanctionner. Sévèrement. Aux grands maux, de grands remèdes, dit-on. Ne pas s’occuper de ce fléau musical dont la gangrène a déjà atteint le niveau élevé de lubricité, se serait laisser libre champ à cette catégorie de citoyens, artistes-musiciens, de propulser la société congolaise au premier plan de la prostitution et de la débauche sexuelle dans le monde.

L’histoire de la musique congolaise moderne dans ce pays est jalonnée de tant d’exemples des sanctions prises par l’autorité judiciaire à l’endroit des musiciens fautifs. Grisé par son succès populaire, Feu Luambo Franco s’est, à son temps, permis de franchir le rubicond. Il a composé et injecté des bandes cassettes sur le marché des chansons attentatoires aux mœurs comme «François na Hélène », pour ne citer que cette œuvre abominable. La machine judiciaire n’a pas tergiversé pour l’arrêter avec ses musiciens et les envoyer à la grande prison de Makala.
Quelques années plus tard, Koffi Olomidé et Jossart Nyoka Longo sont allés, à leur tour, humer l’air nauséabond des geôles de Makala pour avoir utilisé dans leurs œuvres respectives sorties sur disque une expression salace vexant la bonne conscience de la masse.

Il faut battre le fer quand il est chaud, dit un adage sage. La société congolaise demande pourquoi l’autorité gouvernementale sombre-t-elle dans l’immobilisme face à ce désastre social et sociologique. La balle se trouverait dans le camp de la Commission Nationale de Censure des chansons et Spectacles qui, apparemment, accuse des rides de la vieillesse et semble devenir de plus en plus inefficace. Surtout qu’elle n’a plus sa place dans un Etat démocratique comme le Congo-Kinshasa où l’inversion des valeurs et de mœurs est parfois confondue à la liberté d’expression.

Jordache Diala

Pin It

Statistiques

7488388
Aujourd’hui
Hier
Cette semaine
La semaine passée
Ce mois
Le mois dernier
Au total
26923
32307
161629
7092551
298564
932920
7488388

Your IP: 34.204.191.145
2020-07-09 20:58

Les plus lus

  • Partenaires

  • Médias

  • Tout

Nos Partenaires

  • africatime.jpg
  • africa_n1.jpg
  • allafrica.jpg
  • logo-monusco.jpg
  • okapi.jpg