Oui ! Le discours était chaud le samedi 2 février à la place Sainte Thérèse de N’djili, lors du meeting de la coalition Lamuka animé personnellement par Martin Fayulu, le candidat malheureux, qui, malgré tout, ne cesse, mordicus, de sous-tendre être le véritable élu à la présidentielle du 30 décembre 2018.

Devant des milliers des partisans venus, de part en part, de la ville de Kinshasa, Fayulu Madidi, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de ‘’putsch ou coopération électorale’’ orchestrée, à son entendement, par Joseph Kabila au profit de Félix Tshisekedi, a appelé à la résistance pacifique jusqu’à ce que la vérité des urnes soit rétablie. Pour toute cette caste de Genève, rien ne sert de participer à un quelconque Gouvernement, il est question de se battre. Comme l’a d’ailleurs lancé Martin Fayulu, en ces termes : « Je n’abandonnerai pas le combat. Je suis le soldat du peuple».
Confrontations !
Ce meeting de la coalition Lamuka a sans nul doute coupé court aux débats du rapprochement entre le deux camps. L’appel à la cohésion lancé par l’ex-Président Joseph Kabila ainsi que la main tendue de Félix Tshisekedi ont, d’une manière officielle et ultime, été rejetée par ces figures de proue qui prennent l’actuel Chef de l’Etat comme un ‘’usurpateur du choix du peuple congolais, mieux un illégitime’’. Au-delà d’un dynamisme extrême de la politique, sinon d’une transhumance exponentielle, il faudrait croire qu’aucune tractation ou conciliabule ne pourrait se parfaire, à ces jours proches, entre les cadres de Lamuka et le pouvoir qui est maintenant dirigé par un ressortissant de l’Udps. Lequel parti politique, puisqu’il détient, via son leader Tshisekedi Tshilombo, la manette de gestion après ses trente-huit ans de lutte, devra maintenant faire face à son suppléant, qui, même si certains de ses membres pourraient s’immigrer dans le camp de Fatshi, demeurerait tout de même intact avec des caciques comme Bemba, Muzito, ‘’Katumbi’’, à l’instar de Fayulu, devenu le meneur. Une forte confrontation des discours, des agissements et donc des démarches, entre les deux ailes, se trament, d’ores et déjà, au sein de l’arène politique congolaise qui, à son goût, ne fait que procurer, depuis plusieurs années, des situations surprenantes, mieux ahurissantes.
Casse-tête chinois
A point nommé, cette coalition, dans la foulée de son nouveau mot d’ordre de la résistance pacifique, pourrait rendre insomniaque le Président Félix Tshisekedi. Celui-ci qui, loin du fait de se triturer les méninges pour améliorer particulièrement les conditions sociales du peuple congolais, devra, d’un autre côté, faire face aux différentes actions que mèneraient Martin Fayulu et ses pairs. Etant donné qu’ils ont déjà promis de descendre dans le Congo profond aux fins de propager leur message pro-manifestations pacifiques. Ainsi, si les avantages présidentiels, dûment les honneurs de chaque matin, régenteront les journées du nouveau Chef de l’Etat, il faille aussi penser que ses nuits seraient régies par les déclarations extrémistes de cette team jusqu’au-boutiste.
Leitmotiv
Mais alors, qu’on le veuille ou non, les dés ont été jetés depuis la nuit du 19 janvier 2019 quand les juges de la Cour Constitutionnelle, après des remue-méninges, ont confirmé Félix Tshisekedi au titre du cinquième Président du Congo-Kinshasa. De ce simple fait, s’opposer à cette élection tombe aujourd’hui dans le calendre d’une caducité et les probables réactions contraires de la Communauté internationale quant à ce, traduiraient indubitablement une volonté combien perfide de s’ingérer dans les affaires d’un Etat souverain. D’où, il appert que Lamuka, puisqu’il rejette la main tendue, doit vraisemblablement changer de leitmotiv. C’est-à-dire, ne pas mener une opposition dans le sens de réclamer une vérité des urnes, démarche qui s’avère désuète, mais plutôt, de veiller à ce que les principes démocratiques et les intérêts supérieurs de la population soient, in stricto sensu, respectés et ce, dans l’esprit de favoriser aussi une organisation, dans le délai, de prochaines élections qui, cette fois-là, se devraient d’être crédibles et ne pas porter de germes de tricherie électorale. Surtout que l’opposition, bien qu’elle ne gère pas en-soi, est toute autant responsable que les dirigeants, dans le développement ou la décadence d’un pays. Mais, pour l’heure, tout le monde est donc immobile à ce sujet. Lamuka demeurera dans l’opposition ? Changera-t-il des discours ? Se ralliera-t-il au régime ? A l’avenir de répondre.

Corneille Lubaki

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