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Cher Editeur bien aimé, Polydor Fortunat Muboyayi Mubanga, alias Polyfo, je vous adresse ce petit message au nom de l’ensemble du personnel du quotidien Le Phare. Permettez-moi de vous appeler Papa, Grand-frère, Grand Baobab, Maitre d’école…tout simplement parce que vous aviez horreur du titre de patron. Et, pourtant, vous l’étiez. Mais, à la différence de nombre de vos collègues chefs d’entreprises de presse, vous avez gardé, jusqu’à votre dernier souffle, l’âme du reporter, mieux connu sous le vocable de « quado» dans notre corporation. Travailleur infatigable, laboratoire à idées, chercheur invertébré de l’excellence, éternel esclave de l’éthique et de la déontologie, je n’ai jamais connu, depuis juillet 1977, année où vous m’aviez accueilli à Salongo comme jeune reporter sorti de l’ISTI, aujourd’hui IFASIC, un professionnel des medias de votre trempe.

Vous aviez une capacité de travail telle que je vous croyais immortel ou presque.

Aussi, je n’avais pas cru mes oreilles, lorsqu’en début de soirée du samedi 26 juin 2021, un de nos collaborateurs communs m’apprenait que vous n’étiez plus de ce monde. J’ai souhaité mille fois, que ce soit un fake news. Hélas, les sanglots qui s’échappaient des téléphones de vos frères que je venais de contacter pour espérer un démenti me confirmaient l’irréparable. Lorsque j’avais réuni l’équipe rédactionnelle, le lendemain de votre décès inopiné, le dimanche 27 juin, c’était un concert insoutenable de pleurs et lamentations. Je n’avais transmis qu’un message à tous et à chacun, c’est de ne pas nous laisser abattre. C’est vous pleurer en travaillant, et travailler en pleurant. C’est ce difficile exerce auquel nous nous livrons depuis trois semaines. Un seul credo nous anime : «ne pas laisser mourir Le Phare». Cette heureuse aventure de votre vie, comme venait l’écriture récemment votre jeune frère Hubert Kalonji Kabasele Muboyayi, doit survivre à votre mort physique. C’est aussi le message que ne cessent de nous répéter, depuis votre disparition, votre famille biologique, des membres de notre corporation, des animateurs des institutions de la République, des diplomates, des élus du peuple et même des «Shegués» de Gombe. L’équipe est heureusement composée d’anciens stagiaires et reporters, dont moi-même, formés dans votre école. Cher Editeur, nous acceptons le challenge de perpétuer votre mémoire à travers «Le Phare», ce flambeau de la liberté que vous aviez allumé en 1983.  Adieu !!!

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